LE REVERS DE LA MEDAILLE
La défaite du père L te dans te comté d ' Jfochetaga.
JNTous sommes eu 1867 ; aux élections politiques générales. Le parti conservateur, après avoir longtemps cherché un opposant à la candidature de l'Honorable A. A. Dorion, alors chef du parti libéral dans la province de Québec, et se portant candidat dans le comté d'Hocholaga, fixa enfin ses regards sur un brave, honnête et naïf cultivateur du comté. Cet homme, qui, jusques là, n'avait jamais songé qu'à bien cultiver ses terres et à faire le bonheur de sa famille, finit bientôt, par se laisser séduire par les promesses éblouissantes que lui firent les amis du ministère, lui assurant un triomphe éclatant. La lutte eut lieu ; et, à la louange de ce beau comté, l'intelligence et l'honnêteté défirent la politique qui avait suscité cette opposition déplacée.
L'Honorable Dorion fut proclamé député aux communes, et le père L te, la peine et le remords
dans le cœur, revint, le soir, au foyer domestique, jurant, mais un peu tard qu'on ne l'y prendrait plus.
C'est sous l'impression de ces idées, que je com-
posai alors les quelques vers suivants, comme marque de ma vive sympathie pour la défaite du candidat malheureux. ,«
(La scène se passe dans la chambre des époux, le soir même de la défaite)
le tère l te (soupirant)
C'est fini, j'ai perdu, Il a gagné la lutte, Et le pauvre vaincu T'entrai ne dans sa chute
l'épouse (émue)
Ah ! pourquoi me toucher, Ne suis-jo pas joyeuse ?
Cette chambre à coucher Me rend bien plus heureuse.
Eh ! que me fait à moi, Locale ou fédérale, Quand je possède en toi La douceur conjugale ?
— G5 — le père (irrité)
Cartier même assurait * Une grande victoire ; Et me voilà défait, Faut-il encor le croire ?
Le traître m'a trompé, Il m'a fait sa victime, Disant que le comté Se montrait unanime.
l'épouse.
Et tous ces bons amis
Qui t'offraient leurs services,
Du traître du pays
Sont-ils donc les complices ?