‹ Mes rimesChapitre 10 sur 29 · LE PÈRE · texte numérisé non relu

LE PÈRE

Misérable serpent

Qui vous tente, et vous flatte,

Et qui vole l'argent

Qu'on lui met sous la patte !

Chacun d'eux, sur l'honneur,

Vous promet et vous jure ;

Hypocrite menteur

Qui toujours se parjure !

Ainsi, dans certain lieu,

Une honnête jeunesse

Avait juré son Dieu

De garder sa promesse :

Dans sa localité

Se disant populaire,

Une majorité

Devait suivre son maire ; (1)

Mais, le peuple entraîné

Par un noble caprice,

Ne fut pas enchaîné,

Il sut rendre justice.

J'avais mis, pour lutter,

(.1) Un jeune maire d'un village du comté.

La plus vile influence ; L'autre, pour m 'opposer, Avait l'intelligence.

J'ai dépensé mon bien, Me faisant malhonnête :

Lui conserve le sien, Qui de nous est plus bête ?

l'épouse (avec intelligence).

Sur cette question, Permets que je me taise, Car la conclusion Pour toi serait mauvaise.

Renonce à tes projets, Aux choses politiques, Livre-toi, désormais, Aux douceurs domestiques :

Sois l'élu de mon cœur, C'est la plus noble place

Où puisse être vainqueur, Un homme de ta race.

le père (avec transport).

Pour toi, ma passion, M'avait donné l'envie De cette élection Qu'en ce moment j'oublie !

l'épouse (émue)

Tu vivras près de moi,

Près de nos tourterelles,

Et tu feras la loi

A nos brebis rebelles.

Tu verras lentement

Se succéder les lunes,

Et tu mourras content,

Loin du bruit des Communes.

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