LE PÈRE
Misérable serpent
Qui vous tente ct vous flatte,
ee
Et qui vole l'argent
Qu'on lui met sous la patte!
Chacun d’eux, sur l'honneur, Vous promet ct vous jure ; Hypocrite menteur
Qui toujours se parjure !
Ainsi, dans certain lieu, Une honnête jeunesse Avait juré son Dieu
De garder sa promesse :
Dans sa localité
Se disant populaire,
Une majorité
Devait suivre son maire; (1)
Mais, le peuple entrainé Par un noble caprice, Ne fut pas enchaïiné,
Il sut rendre justice,
J'avais mis, pour lutter,
(1) Un jeune maire d’un village du comté.
La plus vile influence :
L'autre, pour m'opposer, Avait l'intelligence.
J'ai dépensé mon bien, Me faisant malhonnôte :
Lui conserve le sien,
Qui de nous est plus bète ?
L'ÉPOUSE (avec intelligence),
Sur cette question, Permets que je me taise, Car la conclusion
Pour toi serait mauvaise, Renonce à tes projets, Aux choses politiques, Livre-toi, désormais, | Aux douceurs domestiques :
Sois l'élu de mon cœur,
C’est la plus noble place
Où puisse être vainqueur,
Un homme de ta race.
LE PÈRE (avec transport).
Pour toi, ma passion, M'avait donné l’envie
De cette élection
Qu'en ce moment j'oublie !
L'ÉPOUSE (émue) |
Tu vivras près de moi, Près de nos tourterelles, Et tu feras la loi
À nos brebis rebelles,
Tu verras lentement
Se succéder les lunes, Et tu mourras content,
Loin du bruit des Communes,
DÉNOUEMEN.
Mystères de l'amour !
Dans ce long tête à té
te,
| Le candidat du jour Oublia sa défaite :
Et pourtant, le matin, | Au lever de l'aurore,
Sur son cruel destin
Il Soupirait encore.