‹ Mes rimes [microforme]Chapitre 23 sur 36 · RETOUR AU BARREAU · texte numérisé non relu

RETOUR AU BARREAU

Au Secrétaire du Barreau de Montréal. (4)

Cette lettre d'affaire, Monsieur le Secrétaire,

Est pour vous informer

Que je veux pratiquer.

Or, comme il est d'usâge

De payer l’arrérage A S"+)

Quand on veut de néuveau

Pratiquer au Barreau, Je t'écris, pour te dire, (Et je le dis sans rire,) Que je compte sur toi

Pour éluder la loi,

(1) L'auteur, après avoir abandonné sa pratique comme avocat, s'était fait journaliste, puis commerçant, puis imprimeur, Voulant après ces divers essais revenir au Barreau, il envoya

ces quelques vers improvisés au Secrétaire de ce corps

mme AVOnprimeur,

il envoya

te

DEPART D'OSCAR MARTEL, POUR L'EUROPE, CHANSON (chantée par M. Boucher).

Quelques jours avant son départ pour l'Europe, où il allait concourir au Conservatoire de Liège, Monsieur Oscar Martel, jeune violoniste canadien, donna, à Montréal, un concert auquel prirent part nos

principaux artistes et amateurs.

M. Joseph Boucher, notre premier comique, m'ayant prié de lui composer quelque chose en rapport avec la circonstance, dans le cas d’un rappel, je fus heureux de prcfter de l’occasion, pour souhaiter à notre jeune artiste, tont le succès auquel lui donnaient

droit son talent et son travail.

(M. Boucuer.)

(Air: Les poites de la France devant les Dieux de L'Olympe.) C’est incroyable, Epouvartable!

Vous voulez donc ici me voir mourir ?

O tyrannie !

C’est là ma vie:

On me tourmente à ne jamais finir.

Monsieur Boucher, chantez nous quelque chose, Un seul couplet qui nous puisse amuser, Pardon, vraiment, mon rhume m'indispose ; Bah | pour si peu, vous allez refuser ?

Si je refuse, Vite on m'accuse D'ingratitude envers mes auditeurs, En vain j'implore, On crie, encore |

Il faut céder à ces bravos flatteurs.

Ce bon public qui me trouve des charmes,

Et qui, souvent, applaudit ma chanson,

Croit que mon cœur est toujours sans alarmes,

Que, d’être triste il n’a jamais raison :

£rreur profonde !

Car, dans ce monde,

que chose, et,

“pose ;

armes,

Qui, parmi nous, n'a pas quelque chagrin ?

Sur cette boule Où chacun roule,

Rire et pleurer, c’est là notre destin,

Oui, moi si gai, toujours dispos à rire, Soudain J'éprouve un sentiment nouveau ; Et ce chagrin, oscrai-je le dire ?

Me rend rèveur et trouble mon cerveau.

Si je m'attriste, C'est que l'artiste Dont vous venez d'admirer le talent, Va pour la France, Plein d'espé ‘ance,

Quitter, demain, les bords du St Laurent,

Mais, si l'espoir ici-bas nous console, Je redeviens plus joyeux que jamais :

Ce jeune ami, couvert d'une auréole,

Viendra, bientôt, nous dire sos succés,

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