‹ Mes rimes [microforme]Chapitre 25 sur 36 · L'OUVRIERE · texte numérisé non relu

L'OUVRIERE

Va donc! va pauvre fille, Sois toujours bien gentille, Nargue ies yeux fripons Des gais viveurs, garçons Qui veulent, à toi femme, Te dérober ton âme.

A tous ceux qui suivront Ton agile talon

Qu'’aura surpris leur vue Sur le sol de la rue, Montre-toi sans pitié ;

Ce n’est pas l’amitié

Qui vers toi les entraîne.

Il faut une autre chaine À ton cœur généreux :

Pour toi, je rêve mieux, Je rève un ami tendre

Qui saura, sans surprendre

er

Ton amour, ta candeur, Te donner le bonheur, Qu'il doit à sa promise,

Devant la sainte Eglise.

Je Les vois sommeiller Sur leur doux oreiller, La brunette ot la blonde Qui font Courir, du monde, Les plus gais Cavaliers En papillons légers Autour de leurs prunelles :

Ces vives étincelles En ont grillé plus d’un ; L'oreiller de satin, Sur sa blancheur s'étoilo

De tous leurs débris d'aile.

Mais toi, c'est au grand jour

Que tu parles d’amour,

Tu n’entends pas qu'on raille

La fille qui travaille

Et se plie au devoir :

Devant le dévidoir,

Le moulin ou l'aiguille,

C’est toujours la famille

Qui te montre ses traits:

Si les bonheurs parfuits

Etaient de ce bas monde,

(Hélas ! qu’un ciel qui gronde,

Trop chargé de brouillards,

Couvre de toutes parts,)

Tu voudrais que ta mère

Put avec l’ouvrière

Tous les jours partager

Le pain de l’ouvrier.

Tu réponds au mot tendre

Que l’on te fait entendre

Ou qu'on dit franchement,

Mais s'il faut pour l'amant

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me,

Quitter 2 sonne mère, Le feu de ta Paupièro S'éteiut dans un long pleur

Qui des yeux roulo au cœur,

Veillez bien, demoiselles, Voillez sous vos dentelles, Veillez sous vos velours, Veillez, car vos beaux jours

Se comptent par vos veilles.

Toi pauvre, tu som meilles, Tout le le 1g de la nuit, Mais le bonheur te suit, Quand tu vas, avec l’aube, Sous une mince robe, (Quelque taffetas noir,)

Il te suit jusqu’au soir,

AU matin, l'oiseau chante,

Quand tu descends la perte

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Qui mène à l'atelier :

Le soir, c’est l’ouvrier

Qui t'attend sur sa porte,

Pour que ton cœur emporte,

Dans un simple “ bonjour ”

Chez toi tout son amour.

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