A MONSEIGNEUR FABRE
Monseigneur ! vous venez scruter mon être intime, Ouvrir mon cœur saignant, ainsi qu’une victime,
Y lire mon destin, en bien, en mal écrit,
Et laver tout le mal avec le sang du Christ ;
Vous ne m'en dites rien, mais je sais bien comprendre Ce qui me reste, après ce que vous venez prendre : La mort devient mon lot puisque l'âme est à vous. À vos pieds Bon Pasteur, je me mets à genoux
Pour que vous m'emportiez plié sur votre épaule. Monseigneur! C’esttrès-grand; vous jouez un seau rôle; Infatigable acteur, debout près de la croix
Vous nous appelez tous, de votre douce voix ;
En vain plane la mort au-dessus de l’abime,
Partout où vous passez il n'est plus de victime,
Il n’est que des élus qui sortent de vos mains,
La paix marche après vous, suit toujours vos chemins : Depuis votre venue il me semble être un autre
Que je n'étais avant: vous m'avez fait apôtre,
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mins :
Je prèche autour de moi la résignation,
J’appaise les chagrins, la désolation
Que provoque mon sort : Monseigneur ! c’est miracle! Je tenais à la vie, eh bien! c’est comme obstacle, Sacrifice, malheur, qu'aujourd'hui je la vois,
Si, de vie ou de mort, je devais faire choix,
Je n’hésiterais pas ; des lueurs purpurines,
Le sang du Christ jailli des piqures d’épines,
Goutte à goutte tombé sur les fleurs du chemin,
Me dirigent au ciel, que montre votre main.
LA