SERRES, CURE ER OREGON D SEL 0 SR ARE
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Ce n’est qu'une faible tactique
Afin de faire tout manquer.
Mais j'espère que la rebelle, Bientôt soumise à notre arrêt, Viendra sucer notre mamelle,
mes,
Pour se nourrir du même lait.
Morufort : —Monsieur, ne comptez pas sur elle, Car ce breuvage la tuerait.
armes,
Pierrichon :—C'est bien à votre fanatisme
Que nous devons tout ce tracas.
Morufort :—Votre fameux libéralisme Nous cause-t-il moins d’embarras ?
Tenez, quoique rouge en principe,
Je vous avouerai franchement,
Que je craindrais casser ma pipe
Contre votre rouvernement :
ns og mo …— na ni | , RP GET
Mais, si je le croyais honnèto Dans ses projets pour l'avenir, Je rAis: suivons la tête :
C'est lo moyen de parvenir.
Pierrichon :—Oubliez done votre défaite
Et travaillons pour l'avenir,
Morufort : —(à part) :—C'Pierrichon est pas si bète qu'i paraissait, mais, C'est pas solide; y'a du perroquet la d’dans; ct pourtant ces p'tites bêtes là répètent souvent d'bor choses. Si l’vicux père Howe nous avait tromp: (I réfléchit.)
Pierrichon : —Si j'pouvions l’convertir ; un homme qu’à fait deux cents lieues rien qu'exprès pour v’'nir nous troubler ;—c'en s’rait-i un fameux service rendu au pays; et pi qu'on dirait: C’est encore c'diable de Pierrichon qu'à fait ça! car, voyez-vous, j'avons déjà d'là réputation pour ces choses là, si ben qu'aux dernières élections, j'avons bon r’çu vingt belles piast’os, sans compter les dix qu'un p'tit Monsieur de la ville a fourrées dans la poche de Marichotte :—c’était pour payer note temps, comme on dit; si j'avions pensé qu’'é'aurait été pour faire de la corruption, j'aurions
: si bôto 1 perroà répè-
Howe
1ommo ir nous ndu au ble de s déjà x derast’os,
ville
pour pensé rions
jamais souffert ça, ni Marichotto non p'us! parc’quo,
c'est pas pour nous vanter, mais y'a d'la conscience
à d’duns.—Mais, donnons-y pas l'temps d'réfléchir.—
Dites donc, Monsieur Morufort, ç'a ben des caprices,
la politique, hein ?
Mrufort :—Eh ! mon queux ! ost-c’'que ça sait c'que
ça veut; et t’nez! voulez-vous que j'vous dise c'que
l'en pense, moé, de c'au’i z'appellent leur politique. , , 1 Ï
Pierrichon :— J's'rais ben curicux d'connait'e vot’e
opignon là-d’sus.
Morufort : — Xh! ben, j'erai qu’e’est uno vieille blague cousue d’fil rouge et bleu, là ousque l’plus fort
‘bourre tant qu'i peut.
Pierrichon :—J'avions ben à peu près la même idée,
mais j’avions toujours cru qu’c’était une blague rouge
racc'modée avec du bleu.
Morufort : — Bah! l’racc/modage vaut pas mieux
qu’la blague, allez!
Pierrichon : — Pourtant! quand l'fl bleu est Siré,
j'vous dis qu’ea tient bon.
Morufort :— Oui, mais tout c’eirage là en met pas plus dans not’e poche, et ça répare pas les malheurs
d'mon Pays.
PE y P |. ES
Pierrichon : —Tiens, vous v'là encore avec vos idées tristes; mais, dites done, vous croyez don qu’on vous veut ben du mal?
Morufort : —Dam, en a ben l'air.
Pierrichon (à part, :—Ça doit êt’e le moment d’employer l’grand moyen. (haut) T’'nez, monsieur Morufort, dans la politique, voyez-vous, i faut garder son sang fret, et maitriser ses passions, comme dit Mon-
sieur l’'Curé.
Morufort : — Oui, mais c'est qu'y a queuq'chose qu’on peut pas maitriser si facilement; c’est la faim, Mon-
sieur Pierrichon.
Pierriehon :—Mais, parbleu ! on s'adresse aux amis,
et quand y'en a pour un y'en a ben pour äeux; et nez, c'est pas pour me vanter, mais j'eré qu'y 4
moyen d’arranger ça entre nous deux.
Morufort :—Comment! vous crayez que...
Pierrichon : —Eh! oui; mais pour ça, i faut faire des p'tits sacrifices. — Pourquoi, par exemple, que vous laisseriez pas vote pays, et pi vous en v'nir
rester dans l’not’e ?
Morufort :: -Moé laisser mes morues pour vos cas-
08 idées
on vous
\t d’emr Moruder son it Mon-
e qu’on , Mon-
amis, iX ; et qu'y a
faire que
v'nir
Cas-
tors —mais, vous y pensez pas, monsieur Pierrichon ;
qu'est-c’'que dirait l’père Howe? lui qu'a tant crié!
Pierrichon :—Bah! on trouv'ra ben l'moyen d'y
couper l'sifet, * allez, à vot'e vieux père Howe.
Morufort :—Mais qu'est-c'que j'viendrais faire par
icite ?
Pierrichon :—Ki c'est quinqu'«a qui vous inquiète,
soyez pas en peine.—J'’avons justement parlé à not’e Député pour placer mon filleau dans les affaires du gouvernement, et i m'a dit, hier, qu'la place était sûre, malgré qui z'en aient pas besoin; mais, voyez-vous, ces gens-là aiment à encourager l’eommerce ; —ch | ben, mon filleau attendra une aut'e chance, et vous
prendrez la sienne.
Morufort :- Comment! moé une place!..... ......... mais ça s’peut pas, Monsieur Pierrichon ; moé qu'a
tant dit d'bôtises cont’e vot’e gouvernement.
Pierrichon : —Pas si bôte d'aller l'dire,
* Monsieur Ilowe est devenu un des membres du ministère, puis il a 616 nommé lieutenant-gouverneur de la Nouvelle- Ecosse, sous le régime de la Confédération tant décrié par lui. Qu'on vieune nous dire que l’on n’est pas prophète dans son
pays.
Morufort : —C'est vrai qu’e’était ontre nous aut’es, ct pi qu'la colère du moment m'a fuit dire des choses .…...... enfin; vous comprenez ? ....... on s'excite,...….. 1 on s’excite,..…….. ,on s’monte,......ct pi on finit par
d’v’nir injuste.
Pierrichon : — Oh! j'connais ça, j'eonnais ça. (4 part) J'erai qu'j'avons touché la corde sensible.
Morufort : —Dites done; comben qu'ça paiora-t-i!
Pierrichon :—Oh! Disons 400 piast’es et pi...
Morufort : —Et pi...
passe ; ] Pierrichon, (bas) : — Queuqu'un pourrait nous entende, parlons en pas; mais on sait c'que ça veutdire. Morufort : —Mais, dites done, pensez-vous que j'pou- | vons remplir la place comme i faut ?- Pierrichon : —Ça, c'est pas ben important dans les affaires du gouvernement, mais y'en a pas d’plus capable l
que vous, parc’que, voyez-vous, i s’agit d'nommer un Inspecteur de foies d'morue; et vous qu'on a déjà sur-
nommé Morufort ?
Morufort, (à part) : — J’connaissons plus la morue
qu'son huile de foie, mais n'importe, i parait qu’c’est
us aut’es, »s choses pas nécessaire, (Haut) Dites-done, c’est-i payable en Cite... papier, les quatre cents piast’es ?
finit par PES
Pi Pierrichon : —En or !
Morufort : —En or ?
Ça. (À
le. Pierrichon :—Allons un bon mouvement ! pensez à votre Anastasio. ‘
Pierrichon : —Vous vous rendez ; Morufort :—Dam, la somme me parait ben p'tite ; parc'que voyez-vous, lorsqu'on a des Capacités, ch! ous en- é ben, ça vaut son prix.
utdire.
Pierrichon : —C'est vrai » Mais VOUS savez, pale... e j'pou- hum.....hum....…..pardessus le marché..…....chut, on pourrait, nous entende..
les af. Morufort :-—Oui! Mais vous êtes ben sûr qu’la chose arable est sûre ?
ner un
jà sur- SOLO
morue Pierrichon : —Sur notre sol ami, sans défiance ; : a | M LC cest
Venez vanter notre S&ouvernement,
En ce pouvoir conservez confiance,
Et, sur l'honneur, vous en serez content.
Allons, Monsieur, c’en est assez, je gage, Pour vous prouver que ceux là sont plus
[fins,
Qui, comprenant les paroles du sage,
Font bonne mine à leurs puissants voisins.
Morufort : —Oui, je me rends, mais en cela je pense
Fierrichon :—Oui, s’il se rend, c’est que vraiment il
[pense Morufort :— Que nul ici, ne blâmera ce fait Pierrichon : —Que nul ici, ne blâmera ce fait, Morufcrt :—Car comme moi, grand nombre qu'on [encense Pierrichon :— Car comme lui, grand nombre encense Morufort : —Font volte face au seul mot d'intérêt.
Pierrichon :—Font volte face au seul mot d'intérêt,
——————2 ——.———. anne — SE RSR ape Eere see mme
A a A RP tn nce, à Morufort :—$Si parvenu dans ma pauvre province ; content, Pierrichon : —Si parvenu dans sa pauvre province, » Je gage, Morufort :—Je vois, un Jour, mon vieux républicain, sont plus cñ Pierrichon :—I1 voit un jour, son vieux républicain ns, Morufort : —Jelui dirai: vous parlez bien mon prince, sage, te Pierrichon :=-1]1 lui dira : vous parlez bien mon prince, s voisins, Morufort :-—Mais, avant tout, il faut avoir du pain. Pierrichon : —Mais, avant tout, il faut avoir du pain. | Pierrichon, (à part) : — Allons, c’est fait ! (haut) Ah! e pense É i ol: tenez, Monsieur Morufort, vous m'aviez l'air si honiment il
nête, que j’savais ben qu'on finirait par s'entendre sur [pense la vraie politique d'note pays. Deux montagnes srencontrent pas, qu'on dit, mais deux hommes d'esprit, c’est autre chose!
Morufort :—Merci du compliment, Monsieur Pier-
richon, l’av'nir nous dira si vous dites vrai. »
encense
Pierrichon : —Eh! ben, en attendant, mouillons
0 qu’on
ncense ue ; CT ARE notre nouvelle amitié, mais, cette fois, c’est à nos
Re santés !
érêt,.
Morufort : —Oui, à nos santés ! et répétons ensemble notre joyeux refrain,
Tous deux : —O liqueur ineffable Compagne des humains,
Liqueur inestimable Qui calme les chagrins.
C’est toi qui dans nos fêtes,
Rends si courtes les nuits, Et qui, montant les têtes
En chasses les ennuis.