I. Dans la Gazza ladra {la pie voleuse), de Kossini
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piinrcs «''taionl M'" Bcirycr et Paillct. Après que le substitut, M. Descoulures, eut (Iomik* lecture de ses conclusions, tendant à ce que le tribunal se déclarât incompétent. Paillet j)rit la parole.
De haute taille, il avait le visage long', les traits coupés à vives arêtes, les joues osseuses et imberbes. La médaille semblait d'abord un peu fruste, mais elle était d'un prix inestimable. On avait vite fait de reconnaître à Tampleur du front, à Téclat humide du regard, à la mélancolie et à la bienveillance du sourire, que Ton avait devant soi bien plus qu'un grand avocat, un caractère, un cœur, une àme — un grand lionnèle homme'.
Il s'attacha surtout à élucider le point de droit. Sa plaidoirie, lumineuse et forte, fut un modèle de clarté et de raison, de science et de logique. Sous la simpliciti" du langage, on sentait l'énergie de la conviction, l'élan d'un cœur épris de justice. Quand il se rassit, salué par les applaudissements, le sentiment qui nous dominait, c'était plus encore que l'admiration pour l'orateur, la reconnaissance pour le guide impeccable qui nous avait amenés, par des pentes insensibles, à une si claire et si vivante notion du Droit et de TEquité.
lîerryer, maintenant, pouvait parler : son auditoire était prêt.
Le lendemain de la révolution de Février, deux des conseillers du comte de Chambord étaient entrés dans le cabinet de Berryer, u Que faire P lui demandèrent-ils.»^
I. Voir le beau livre de M. Edmond Housse, Avocats et Magistrats. page 23.
— LA RÉCONCILIATION. Nous 116 devoiis plus Qvoir d'autre pensée. » Et depuis i8'i8, il n'en avait pas eu d'autres.
Il s'était donné tout entier à cette grande œuvre du rapprochement entre les deux branches de la maison de Bourbon qui, réalisée à cette époque, — et elle Teût été sans les agissements criminels de M. Thiers, — aurait été le salut. A la Constituante et à la Législative, il avait toujours défendu les intérêts des d'Orléans. Le choix que les princes' venaient de faire de lui comme avocat et comme conseil devait donc lui apparaître surtout comme un gage donné aux idées de Fusion, et c'est pourquoi, le r>o avril, il plaida pour le duc de Nemours et ses frères avec autant de chaleur que s'il eut parlé pour le comte de Chambord.
Dès le début, il invoqua les grands souvenirs de la monarchie en faveur des droits imprescriptibles du pouvoir judiciaire.
« Quoi! disait-il, il y a là quelque chose d'incertain! (( Quoi! l'autorité de la justice, on l'ignore dans ce (( pays qui a prévalu précisément par cette magnificence « avec laquelle la justice a été départie aux citoyens, (( dans ce pays dont les plus vieux rois, celui notam- « ment qui là-bas priait vis-à-vis de moi (et il désignait « du geste la Sainte-Chapelle) faisait du titre de grand « justicier son plus noble titre ! Quoi ! cette France ne « saurait pas ce que c'est que le pouvoir judiciaire! (( Elle n'en connaîtrait pas l'étendue, les limites, et des « avocats vieillis sous le harnais viendraient émettre des « doctrines qui ébranleraient l'autorité des pouvoirs (( publics, parce qu'ils revendiqueraient l'action des lois « et l'autorité qui vous appartient! IVon, messieurs.