‹ Mes souvenirs (volume 2)Chapitre 207 sur 211 · PÉLISSIER ET MAC MAHON · texte numérisé non relu

PÉLISSIER ET MAC MAHON

encore jeunes, comme l'Empire lui-même. En ce tempslà, l'émulation qui régnait parmi nos chefs militaires ne détruisait pas leur solidarité. En ce temps-là, nul ne songeait à se tailler un succès dans l'échec d'un rival. Tout le monde avait assez de clairvoyance pour découvrir le mérite et assez de patriotisme pour s'effacer devant lui.

Me voilà bien loin de Blidah, de mon bureau arabe et de mes cavaliers, de mes enfants!

La montagne paraît grandir quand on s'en approche et diminuer quand on s'en éloigne. Pour les hommes, c'est le phénomène contraire qui se produit, et leurs proportions ne se développent que dans le recul de l'Histoire. Ceux dont je viens de parler commencent à nous apparaître ce qu'ils étaient réellement, aujourd'hui, quand, dans notre voyage à travers le temps, nous retournons vers eux la tête, c'est-à-dire de grands cœurs et de grands caractères. Le lecteur me pardonnera, je l'espère, de les lui avoir présentés tels que je les vois moi-même.

Et j'espère aussi, qu'indulgent pour ma longue conversation à bâtons rompus, ce lecteur, si ce premier volume de Mes Souvenirs ne l'a pas trop ennuyé, consentira bientôt à retourner, encore une fois, avec moi, jusque dans la fournaise du Sahara, où je vais aller dresser ma tente.

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