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L'ÉTAT-MAJOR DE LA GARDE

Pour les voltigeurs :

Le général Bataille, une de nos belles figures militaires, devenu commandant du 5e corps, et l'un des quatre commandants de corps d'armée que le maréchal de Mac Mahon a refusé de sacrifier aux rancunes républicaines ;

Enfin le général Roze, vieil officier d'Afrique, qui avait brillé en Crimée et que sa santé, perdue, a condamné à la retraite, avant la guerre de 1870.

Le commandant en chef de la Garde impériale, le maréchal Regnault de Saint-Jean d'Angely, avait pour chef d'état-major général le général Lebrun, qui avait remplacé, après la campagne d'Italie, le général Vaudrimey-Davout, et qui devait avoir pour successeur dès 1866, quand il passa général de division, le général d'Auvergne, mon compagnon d'armes au Mexique.

Artiste de talent, écrivain militaire de valeur, le général Lebrun, dont le mérite était encore rehaussé par une affabilité et une bienveillance extrêmes, avait servi longtemps sous les ordres du maréchal de Mac Mahon, dont il était presque le contemporain et dont il resta toujours le fidèle ami. Le fameux tableau de Y Assaut de MalakoffXç. représente debout, l'œil fixé sur sa montre, guettant la minute où le général de Mac Mahon devra donner le signal de l'attaque, en s'élançant le premier hors des tranchées où sont massées ses troupes.

En Italie, nous le retrouvons encore aux côtés du maréchal de Mac Mahon, comme chef d'état-major général de son corps d'armée. Quelques mois avant la guerre, il fut chargé d'une mission en Autriche-Hongrie, mission dont il nous a révélé toute l'importance et tout l'intérêt dans un livre qui éclaire lumineusement ce coin de notre histoire contemporaine.

Au début de la guerre, aide de camp de l'Empereur, aide-major général de l'armée, il fut appelé, lors de la réorganisation de nos troupes au camp de Châlons, au

commandement du 12e corps; et on connaît le rôle important qu'il joua à Sedan, en repoussant victorieusement, au commencement de la bataille, les attaques furieuses des Bavarois contre Bazeilles. Il a terminé sa belle carrière militaire comme commandant du 3e corps à Rouen, laissant dans l'armée la réputation d'un chef excellent, qui cachait l'âme d'un grand soldat sous les dehors tranquilles d'un philosophe.

La brigade d'artillerie de la Garde était commandée par mon excellent ami le général de Rochebouët, le plus charmant des hommes, l'esprit le plus ouvert, le cœur le plus généreux et le meilleur des chefs. C'est lui qui eut le courage d'accepter avec le ministère de la guerre la présidence du Conseil, aux jours troublés où l'avortement de la tentative du 16 mai mit en un péril irrémédiable le gouvernement du maréchal de Mac Mahon.

Quand j'aurai dit que nos services administratifs, dirigés par l'intendant Pages, ne pouvaient être en de meilleures mains, j'aurai, je crois, passé complètement en revue tout le haut personnel de la Garde impériale à cette époque.

Troupe magnifique, pleine d'entrain, de vigueur et de dévouement, elle matérialisait en quelque sorte les idées de force militaire inséparable d'un gouvernement impérial. Mais elle n'était, hélas! qu'un rideau brillant, cachant aux yeux, d'ailleurs, obstinément fermés, du public , les défectuosités d'une organisation militaire qui n'était plus à la hauteur des circonstances et des aventures où les calculs d'un génie profond et les illusions d'une génie rêveur allaient bientôt jeter notre pays.

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