‹ Mes souvenirs (volume 3)Chapitre 118 sur 309 · LA COMMUNE · texte numérisé non relu

LA COMMUNE

La fièvre obsidionale. — Les canons et les fusils. — Départ de M. Thiers. — A travers Paris. — A la gare de Lyon. — Place Vendôme. — A Versailles. — Une division de cavalerie. — Un petit grand capitaine. — Chez M. Thiers. — Premier engagement. — Une méprise. — Le docteur Pasquier.

L'aube du 17 mars me trouva dans la rue, poussant pour mon propre compte une reconnaissance, à travers ce Paris qu'il me semblait avoir quitté depuis un siècle, tant il ressemblait peu à celui que j'avais connu jadis. Je commençai par acheter un journal, pour avoir des nouvelles.

— Donnez-moi la Patrie, dis-je à la marchande, voulant prendre une feuille qui reflétât tant bien que mal mes opinions, un bon journal, comme on dit.

Le premier article de la Patrie était intitulé : « La plaie des généraux. » C'était une diatribe furibonde contre M. Thiers, qui venait de nommer préfet de police le général Valentin, un très brave homme, très vigoureux, qui avait de très beaux états de service obtenus dans les zouaves, où je l'avais connu autrefois.

Dans les rues, les gens s'attroupaient pour lire les affiches nouvellement collées. Il y en avait une, signée par le Comité central de la garde nationale. C'était un

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