‹ Mes souvenirs (volume 5)Chapitre 108 sur 285 · BONNE ORGANISATION · texte numérisé non relu

BONNE ORGANISATION

Pendant notre captivité, nous touchions tous, nous autres officiers, ou du moins ceux d'entre nous qui avaient voulu en profiter, une solde uniforme dite de captivité et que nous payait l'Administration allemande, quitte à se faire rembourser, après la paix, par 'e gouvernement français. Cette solde, que je n'avais jamMs réclamée, était, je crois, de deux francs cinquante ou trois francs par jour. Au retour, M. Thîers nous fit ordonnancer un rappel de la solde d'activité, à partir du jour où nous avions cessé de la toucher, La p'upart des officiers avaient donc le gousset garni, et t'ela suffit à des hommes habitués à vivre au jour le jour pour leur faire envisager la vie sous un aspect 'av-orable.

Enfin, depuis la première rencontre à Courbevoie, "■^ n'avait plus d'inquiétude sur les dispositions de la '*'c»upe. et on savait que jamais plus elle ne fraternise- •^^-it avec les insurgés. Je dirai tout de suite quelle fut ^organisation définitive de cette armée de Versailles T."*-*! passa de trois divisions à trois corps d'armée, puis *■ ^nq corps d'armée, avec un corps de réserve.

Le 1" corps d'armée fut donné au générai de Ladmi- ""^ult, dont le quartier générai était momentanément "Maintenu à Saint-Germain. Son champ d'opérations ^tait le front ouest de l'enceinte de Paris, et il devait déboucher par Courbevoie pour atteindre Ncuilly et la porte Maillot. Ce i" corps d'armée devait fournir les deux premiers généraux tués dans le second siège : le général Besson et le général Péchot, frappés mortellement par les éclats d'un obus, sur le pont de NeuLUy.

Vieil officier d'état-major, rompu au métier, solide comme un roc, toujours prêt à faire plus que son devoir, simple, modeste, Besson avait été l'un des quatre officiers accompagnant le colonel Canrobert à lassaut de Zaatcha, Deux d'entre eux avaient été tués

MES SOUVENrRS.

sur le coup. Les deux autres, dont Besson, avalent été grièvement blessés. Et, après avoir échappé, dans plus de cent rencontres meurtrières, aux projectiles de l'ennemi, ce héros était frappé par un obus français.

Péchot avait passé de l'École polytechnique dans l'arme du génie. Il était venu de bonne heure en Afrique et s'était fait une place à part dans le service des affaires indigènes. Nous avions été ensemble chefs de bureaux arabes, lui à Alger, moi à Blidah. et nous nous étions beaucoup connus. Il était à la fois un savant très érudit et un cavalier très galant, estimé des hommes et adoré des femmes. A sa mort, de beaux yeux ont pleuré.

Le 2' corps d'armée avait pour chef le général de Cissey, et pour objectif le front sud de l'enceinte de Paris. Il devait être chargé, après avoir nettoyé les localités environnantes, du siège du fort d'Issy et puis de celui du fort de Vanves.

Le 3* corps d'armée était composé de toute la cavalerie que M. Thiers avait voulu réunir sous une direction unique et pour une mission spéciale. Il comprenait donc trois divisions de cavalerie, six brigades. douze régiments et trois batteries d'artillerie. Il fut placé sous mon commandement.

Le général de brigade du Fretay me remplaça à la tête de la i" division et conserva mes deux brigadiers, les généraux de la Jaille et Charlemagne. Cette r" division était composée de hussards et de chasseurs.

La 2' division resta sous les ordres du général du Preuil. Elle comprenait deux régiments de gendarmes, formés parles brigades départementales et commandés par le général Dargentolle qui sortait lui-même de la gendarmerie, et deux régiments de dragons, les 4' et 7*, commandés par le général de Bernis. Bientôt, les 8' et

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