LE GÉNÉRAL EN CHEF
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9' de dragons vinreot remplacer les gendarmes qui retournèrent dans leurs départements.
Enfin, la 3* division, dite de réserve, était exclusivement composée de cuirassiers, les 3', 4*, 8' et 9' de l'anne, plus un escadron du 6". Elle était commandée par le général Ressayre, qui avait pour brigadiers les généraux Bachelier et Cousin. Là. se trouvaient les restes de la fameuse brigade Michel, les légendaires Cuirassiers de Reichshofen, que les Parisiens devaient "lentôt acclamer sur la pelouse de Longchamps. Mon ^i^llerie était commandée par le chef d'escadron Pinel de Graodchamp, un très grand cœur dans un très petit '^Orps. Enfin, j'avais pour chef d'état-major le général ^a.lland. C'était un officier très froid, très réservé, que 1^ connaissais à peine, mais dont les qualités attachantes "^^ conquirent bien vite. Je lui donnai toute ma con- '*^.nce. Il devint mon amî, et sa mort prématurée m'a ^-issé de profonds regrets.
Un 4* corps, formé un peu plus tard, fut donné au
&€néral Félix Douay, et enfin, vers les derniers jours du
i^e, on jugea nécessaire la formation d'un 5* corps
*ïui fut donné au général Clînchant, successeur de
Bourbaki à la tête de l'armée de l'Est.
L'armée étant ainsi définitivement organisée, il s'agissait de lui donner un chef ; car le général Vinoy, sorti du cadre de réserve, après une assez longue retraite, n'avait plus l'activité physique nécessaire à une tâche aussi ardue que la conquête de Paris, tâche tellement ardue que de très bons esprits doutaient que nous pussions en venir à bout avec nos seules ressources. J'ai entendu des gens soutenir que nous serions obligés de faire appel au concours de l'armée allemande, intéressée comme nous, dtsaient-ils, à la répression de la Commune et à la victoire d'un gouvernement régulier, capable d'exécuter les conditions du traité de paix. Il faut savoir gré à M, Thiers de ne pas
les avoir écoutés et de nous avoir épargné cette humiliation suprême.
Le Président de la République hésitait beaucoup à faire son choix. Il avait la coutume de penser tout haut et d'essayer, pour ainsi parler, ses idées en les communiquant à ses auditeurs. Un jour, devant moi, il passait en revue les chefs militaires qui lui paraissaient les plus capables de commander l'armée, et il disait ceci : a Nous n'avons vraiment pas de chance. Le général Bourbaki est encore malade de sa tentative de suicide. Le maréchal Baraguey-d' Milliers est trop vieux ; il n'accepterait pas. Le maréchal Canrobert est un grand et illustre soldat y profondément dévoué à sa patrie; mais il passe pour l'âme damnée de la politique impériale. C'est une légende mensongère, mais respectable, comme toutes les légendes. Le maréchal Le Bœuf est disqualifié, parce qu'on voit en lui, à tort peut-être, un des principaux auteurs de la guerre. Ah! j'en connais bien un qui ferait parfaitement mon affaire. Malheureusement, il s'appelle Bazaine. »
J'avoue que ce nom accompagné de ce regret me confondit, car j'avais trop vu Bazaine à l'œuvre; et j'admirai la ténacité des rancunes et des amitiés politiques qui obscurcissaient ce puissant cerveau, au point de lui faire presque oublier les calculs à la fois stupides et criminels dont nous avions tellement souffert.
Il n'y avait qu'un seul nom que M. Thiers hésitait, pour ainsi dire, à prononcer : c'était celui du maréchal de Mac Mahon, dont le choix était pourtant une carte forcée. On aurait dit qu'instinctivement M. Thiers redoutait le Maréchal et qu'il appréhendait de lui fournir, en faisant appel à son dévouement et à son patriotisme, l'occasion de grandir encore devant l'opinion. Mais le héros de Malakoff et de Magenta était le seul d'entre nous qui pût exercer un pareil commandement, et M. Thiers, malgré ses répugnances, le lui offrit, le