ÉVASION, 4SS
n Sur la proposition de M. le ministre de la Guerre, M. le Président de la République a commué la peine de mort prononcée contre le maréchal Bazaine en vingt années de détention, à partir de ce jour, avec dispense des formalités de la dégradation militaire, mais sous la réserve de tous ses effets, o
Il restait maintenant à déterminer l'endroit oii l'exmaréchal subirait sa peine. On décida qu'il serait interné à ri!e Sainte- Marguerite, où l'homme au masque de fer fut enfermé, avant d'être transporté à la Bastille. On prit en hâte les dispositions nécessaires pour le loger assez convenablement. On y envoya une compagnie d'infanterie, pour faire le service de surveillance, et, quand tout fut prêt, il y fut conduit, en compagnie de son fidèle aide de camp, le colonel Villette, par le capitaine adjudant-major Cance, du régiment de gendarmerie mobile. Il devait y rester huit mois.
Dans la soirée du 9 août 1874, un petit vapeur italien, // Barone Rkasoli, frété par Mme Bazaine et son cousin, M. Rull, croisait, par une mer démontée, à quelque distance de l'île Sain te- M argue rite et détachait un canot jusque près des rochers presque à pic, audessus desquels était bâtie ta maison du prisonnier. Ce dernier, après son dîner avec le colonel Villette, se retirait dans ses appartements, et le directeur de la prison allait se coucher. Un peu avant dix heures, c'est-à-dire un peu avant l'heure où la sentinelle de nuit prenait sa garde, sur la terrasse et sous les fenêtres, le colonel Villette laissait tomber le long des rochers une corde à nœuds, dont il maintenait l'extrémité, et par laquelle l'ex-maréchal descendait, faisant preuve d'un très grand courage physique, car, gros et replet comme il était , il courait mille fois le risque de se rompre les os. Bazaine arrivait ainsi jusqu'au canot, abordait le vapeur. Il était sauvé. Le lendemain matin, le colonel Villette, qui avait annoncé son départ, s'en
4SC MES SOrVEXIRS.
Aàt av«c Ms Millfr, d, i du Wsres sealcBait, « ■'apCTceTMt qae Bumbc D^ËtJÔt plsK fi. Oa a ncoilË q«e le Guuiqaciaeat s'haït p>Ù & cette évasioa, et qve k Areclesr de la pnsan avait famé les jeta. Jam» le narfchai de Mac Uahon n'amaîl tnnpi dans VDC parrillf ooméAe. Ua pncès s'ensoivît à fViT. dam leqod fnt iairBiiut notre ancîeiuic cooiiiMiinrr. le r"t"1""* DoiDeaa. Le tribanal acquitta le «fiiectear de la pnsoB, nais coodamca à six mois de dÉteptioo le colonel VElrite , le pOMyic m Padre i, comme oons l'appdoo» as Mexiqae, 4 canse de b loi^Be bartàcbe blaadie qm tcnnmait sa 6gure asc£- tiqoe. Il n'était pas cfaai^ de garder le prisonnier, el E J paya ainsi on acte dont toat galant faomme, dans tt*! poôtioD, 5C sciait rends coopaUe. m
H^^ L'ex -maréchal, devenu libre, avait l'intention de se
^^H réfugier auprès de l'impéralnce en .Angleterre, tuais
^^F on loi fit oompreodrc qu'il ferait mieax de renoncer à
cette démarche, et. après avoir paru en Suisse, en Itabe et en ADgleterre, il se fixa à Madrid. Il essaya de te ra^>prochei des officiers carlistes, fut repoussé, obtint ses entrées à la cour d'.MpfaoDse XII . en fat cacoie banni, stir la demande formelle de notre ambassadeur, l'amiral Jaurès, tenta de se jastifier par différentes publications dont le succès trompa son attente. Toat le monde le fuj-ait. Sa femme elle-même, qai, dans sa romanesque entreprise, avait fait preuve de tant de dévouement, finit par l'abandonner. Il dut s'abaissera solliciter des secours de la part de ses anciens compagnons d'armes, s'adresser au duc d'.\umale, au maréchal Canrobert, à d'autres, car il n'avait, comme res* M sources régulières, qu'une petite pension que lui fa»- 1 saient ses neveux. En 1887, il fut assailli par ni ^ voyageur de commerce de la Rochelle, nommé Hilla^ raud, une sorte de maniaque, qui était possédé de l'envie de venger sur lui nos désastres, et qui le blessa grièr^