COMPIÈGNE, — CAMP DE CHALONS
La Cour à Compiègne. — Un compétiteur. — Encore l'affaire Doineau. — Trop jeune pour être colonel. — Un ordre du jour. — Grandes manœuvres. — Un dîner pénible. — La messe militaire. — A Fontainebleau. — Audiences impériales. — Le comte Vimercati.
Cette année, la Cour impériale vint à Compiègne plus tôt que d'habitude, dans les premiers jours d'octobre, et son arrivée donna à la petite ville, assez triste d'ordinaire, l'animation des grands jours. Les Souverains qui, pour la première fois depuis la guerre, recevaient dans leur colossal et historique rendez-vous de chasse, voulurent y fêter les héros de Crimée, et les officiers de la garnison, c'est-à-dire des chasseurs de la Garde et du bataillon de grenadiers venu pour le service du Château, profitèrent naturellement des attentions dont leurs frères d'armes étaient l'objet. Une fois par semaine, il y avait grand dîner ou spectacle à la Cour, et partout des places nous étaient réservées. Quant aux chasses, tout le monde pouvait les suivre, bien que ceux-là seuls fussent appelés à y jouer un rôle, qui avaient obtenu la faveur du bouton, c'est-à-dire le droit de porter l'uniforme adopté par l'Empereur et l'Impératrice : habit à la française vert, galonné d'or avec parements et collet de velours amarante, gilet