LE SEIGNEUR-AUTEUR
beaucoup. Puis d'Amécourt, Borcheau et Masson commencent un proverbe : le Seigneur-auteur. Mais les éclairs redoublent, la Reine monte sur le théâtre et entre dans l'appartement, où tout le monde la suit. Cela me donne le temps d'écrire et de faire passer aux acteurs les huit vers suivants, qui, à la reprise du proverbe, sont chantés sur l'air : Réveillez-vous, belle endormie :
Donissan, le ciel vous seconde, Tout favorise vos désirs ; En vain sur nous la foudre gronde, Rien ne troublera vos plaisirs :
Contemplez votre Souveraine, Français; laissez mugir les vents, Et dans le regard de la Reine Vous retrouverez le printemps.
Ce couplet se lia très naturellement à la pièce^ dans laquelle le seigneur croit composer tout ce qu'on lui suggère, et, quoique fort médiocre, il eut extrêmement de succès. On chanta ensuite toutes sortes de facéties très plaisantes; la Reine fut gaie, applaudit beaucoup, alla se promener pour visiter les portiques des salles, bien que la terre fût fort mouillée, et ne partit qu'à deux heures et demie. Je ne vis point la lanterne magique, qui devait clore la fête, et je revins à Ville-d'Avray à trois heures du matin.