II
M. Moreau de Séchelles (1). Ce petit ministère de la police menait alors à tout, et, après la disgrâce de M. Orry (2), M. de Machault fut appelé au ministère des finances (6 décembre 1745). A ce moment, j'étais encore dans la maison de Mme de Ghastellux, mais j'avais été reçu avocat en 1741. Sa promotion au contrôle général m'inspira quelques velléités de devenir financier; MM. d'Aguesseau m'en détournèrent.
Le ministère confié à M. de Machault fut orageux, et ce n'est pas à lui qu'on doit en donner le tort. On se rappelle les lettres Ne repugnate, et l'on connaît les querelles qu'il se créa avec tout le clergé de France (3). Il l'aurait
et Hérault avait quitté la place de lieutenant de police de Paris en 4739. — René Hérault, né & Rouen en 1691, d'abord avocat du Roi au ChAtelet, ptiis intendant de Tours, lieutenant de police de Paris de 1725 à 1739, conseiller d'État et enfin intendant de la généralité de Paris, mort le 2 août 1740. Il avait épousé en secondes noces, en décembre 1732, Marie-Hélène Moreau de Séchelles, née en octobre
(1) Jean Moreau, seigneur de Séchelles, né en mai 1690, conseiller au Parlement de Metz et maître des requêtes en 1719, intendant de Valenciennes en 1727, intendant des armées en 1741, conseiller d'État en 1742, intendant de Lille en 1743, de nouveau intendant des armées de 1744 & 1747, contrôleur général en 1754. Il avait épousé, en octobre 1712, Marie-Ânne-Catherine d'Amorrézan, née le 25 novembre 1692.
(2) Philibert Orry, comte de Vignori, né à Troyes en 1689, directeur des béLtiments du Roi, rétablit, en 1734, les expositions de peinture au Louvre; contrôleur général des finances, se montra rude, mais économe et intégre, fut disgracié par Mme de Pompadour, et mourut en 1747, au château de la Chapelle, prés de Nogentsur-Seine.
(3) Machault fit rendre, en 1747, ïêdit de mainmorte qui interdisait au clergé de posséder aucun fonds sans autorisation juridique, et voulut, dans la suite, exiger sur les revenus ecclésiastiques le payement de l'impôt du vingtième, qui était auparavant remplacé par des dons gratuits. Pour essayer de faire accepter son système, il chargea Bargeton, célèbre avocat du Parlement de Paris, de dresser un mémoire; de là ces lettres connues sous le nom de Ne repugnate, parce qu'elles avaient pour épigraphe ce passage de Sénèque : Ne repugnate vestro bono. Elles furent supprimées par un