II
de la Reine Timportante charge de gouvernante qu'elle exerça avec une latitude inconnue à celle qui Tavait précédée, prit sur elle de supprimer Tancien et immémorial usage mettant au nombre des devoirs journaliers des Enfants de France l'obligation d'entendre la messe. Cer* tainement, ce changement fut concerté avec cette infortunée si empressée de jouir la première delà liberté qu'elle promit et qu'elle permit à tout son entourage. Ce qui l'incommodait le plus était la religion, à laquelle cependant Dieu l'a ramenée par tous les malheurs qu'il a accumulés sur sa tête; mais on sait tout ce qu'elle avait tenté pour s'en affranchir; on connaît les preuves qu'elle avait données de son indifférence et même de son mépris pour les pratiques du christianisme. Voici encore un fait dont je puis, d'après les témoignages les plus sûrs, attester la vérité. La dernière année où, libre de ses actions, elle crut devoir satisfaire le public en approchant du sacrement de la Pâque, le confesseur qu'elle avait demandé, après l'avoir entendue, n'acheva point son ouvrage; elle ne le rappela point, et la princesse de Lamballe alla lui chercher à Paris ce Poupart (1), curé de Saint-Eustache, dont la mort violente, ainsi que celle de la favorite par laquelle il avait été choisi, ont été remarquées de tous ceux qui, dans les événements de cette époque, ont fait une attention particulière aux terribles décrets de la justice qui punissaient non les faiblesses de la Reine, mais les projets impies de son intime société.
Aussi Dieu fit tourner contre le trône lui-même les démarches par lesquelles on semblait appeler l'apostasie.
(i) Jean- Jacques Poupart, d'abord de l'Oratoire , puis curé de Saint-Martin en 1760, de Saint-Eustache en d771, confesseur de Louis XVI, fut un des dix curés de Paris qui, après avoir prêté serment à la Constitution civile du clergé, restèrent à la tête de leurs paroisses.