II
arrêts du Conseil imprimés, qu'il avait entendu crier sur sa route , et par lesquels le Roi fixait le prix du blé à douze livres et le prix du pain à deux sols, en commandant que les fermiers porteraient au marché.
On arrêta et on conduisit à la Bastille différentes personnes, entre autres des maires et des lieutenants de police de villes, accusés de n'avoir pas fait leur devoir, notamment les lieutenants de police de Pontoise et de Sens. Il y eut à Versailles une alarme plaisante : le feu prit à un four à chaux, une forte explosion s'ensuivit; on crut que cet accident était l'ouvrage des ennemis des greniers.
Pour mettre fin à toutes ces exactions, il fallut un exemple sévère : une sentence prévôtale, rédigée avec soin, et que l'on me communiqua à l'hôtel de Laval, condamna deux misérables qui furent pendus en Grève le jeudi il mai. L'un des deux coupables avait été autrefois marqué et fouetté, l'autre était un voleur connu. Enfin, le Roi écrivit à tous les évoques et joignit à sa lettre une instruction sur les émeutes populaires, lettre et instruction que MM. les curés lurent au prône le dimanche 21 mai.
D'importants changements eurent lieu, à cette époque, dans les maisons de Mesdames. Ma respectable amie, Mme de Civrac, fut faite dame d'honneurde Madame Victoire, et sa fille aînée, Mme de Donissan, dame d'atour. On nomma la princesse de Chimay dame d'honneur de Madame Sophie : elle hésita à accepter. Mme de Montmorin devint dame d'atour de cette princesse, et l'évêque de Tréguier fut son premier aumônier. Enfin, on joignit aux seize dames de compagnie de Madame Victoire et de Madame Sophie deux nouvelles dames, Mme de Boursonne et Mme de Mérainville.