Mes souvenirs
Permcttez-moi d’écrire votre nom en tête de ce volume. Il y a une dizaine d’années vous avez bien voulu illustrer notre Vie de Rossini d’une préface qui a puissamment contribué au succès du livre. Ces pages écrites avec cette verve, ce noble sentiment de l'art, cette attrayante poésie qui caractérisent tout ce qui émane de votre plume, ces pages, dis-je, sont des modèles de goût et de style.
Le volume que je livre aujourd’hui au public est intitulé : Mes Souvenirs. Vous y trouverez esquissés, sinon avec talent, du moins avec sincérité et un profond amour de l’art, la vie, les travaux, la physionomie des compositeurs contemporains que vous avez tous connus et qui pour la plupart sont vos frères en poésie. Si, dans cette longue revue, j’ai fait une part assez large à la musique italienne, vous ne me blâmerez pas, je l’espère. L’Italie, vous l’avez dit vous-même, n’est-elle pas le Conservatoire de Dieu ?
, La musique française d’ailleurs est assez bien pai tagée. Elle est la sœur cadette, sinon la fdle de la musique italienne, ce qui ne vieillit pas celle-ci qui, de même que les muses est immortelle. Comme la mer d’azur et d’or qui baigne les deux pays, comme cette belle Méditerranée qui est une de vos adorations, la musique avait déjà réuni les deux nations avant que la communauté d’origine, que la sympathie des mœurs, que les souffrances de
l’une et que le généreux appui de l’autre eussent cimenté leur union.
Lorsque vous en aurez le loisir, lisez ces esquisses, mon cher Méry ; c’est la meilleure preuve d’amitié que je puisse recevoir de vous ; je tiens à votre jugement ; et, quel qu’il soit, il est une page que je considérerai toujours comme bonne, c’est celle-ci ; car j’ai pu y témoigner de l’estime toute particulière que je fais de vos qualités d’esprit et de cœur, et vous y exprimer mon inaltérable reconnaissance.
Léon Escudier.
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