‹ Mes souvenirsChapitre 8 sur 23 · HALÉ V Y · texte numérisé non relu

HALÉ V Y

que la presse périodique a publiées ne laisseraient qu’une trop petite place à nos souvenirs personnels. Ces discours, ces éloges funèbres, sont encore dans la mémoire de tout le monde, comme y resteront ses charmantes et délicates mélodies. Ses œuvres resteront aux répertoires de nos théâtres. N’eût-il écrit que la Juive, que la France pourrdt à juste titre s’enorgueillir de l’avoir vu naître.

Et pourtant ceux qui vont applaudir aujourd’hui la Juive à l’Académie impériale de musique n’ont tous connu Halévy que comme un des compositeurs les plus honorables et les plus honorés de notre siècle. Ceux qui ont eu le bonheur de le connaître de plus près, plus intimement, de l’avoir pour ami, — et qu’on nous permette d’être fier de ce privilège — ceux-là ont pu apprécier les nombreuses qualités de l’écrivain, de l’artiste, du père de famille, de l'homme du monde, du membre de l’Institut, du secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts.

Sa maison était une véritable galerie d’artiste. Les parois de son salon étaient couvertes de toiles de maîtres, ou de souvenirs d’illustres amateurs. Une aquarelle de la princesse Mathilde s’appuyait à la plinthe d’une terre cuite de Clodion ; une marine de

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