HALÉ V Y
Gudin faisait pendant à une esquisse d’ Horace Vemet. Puis c’étaient sur les consoles et sur les étagères, des masques antiques, des statuettes, des bustes en marbre, des bronzes florentins, des coupes, des vases, des aiguières, tous les bijoux de la ciselure, des échantillons de tous les arts. M”* Halévy était la muse de cette petite pinacothèque. Ses filles y apparaissaient comme par intervalles et l’éclairaient de leur frais sourire. Lui, Halévy, assis devant un bureau, entouré de précieuses reliques, des chefsd’œuvre de l’imprimerie ou du burin, travaillait soit à de nouvelles partitions, soit à ses Lectures musicales^ qui demeureront l’une des œuvres les plus remarquables et les plus utiles à l’enseignement, soit à ses comptes-rendus de l’Académie, soit à des travaux littéraires dont les Revues devaient avoir la primeur ; enfin, et quand il était fatigué, il se délassait en donnant d’excellents et salutaires conseils aux jeunes compositeurs qui allaient le consulter, lui remettre leurs premiers ouvrages, et qui ne le quittaient jamais sans s’applaudir d’avoir eu l’heureuse idée de recourir à lui.
Supposez pour un moment qu’Halévy n’eût jamais écrit pour le théâtre, détruisez par la pensée tous