UN ROI
Dites, qu'est-ce qu'un roi'?... Presque jamais un homme
Qui peut-être le fut alors qu'il n'était rien
Mais qui cesse de l'être à l'instant qu'on le nomme
Quand il a dépouillé la peau du citoyen ;
C'est un conspirateur en permanence, un maître
Qu'on se donne en aveugle et qui vous prend en traître
C'est le Castaing des lois et de la liberté.
Il verse le poison goutte à goutte en silence...
Et quand la liberté se meurt, l'ingrat s'élance,
Et la traîne à son char vers i'abime emporté!
Maintenant, voulez-vous le nom du sans-culotte, du montagnard, disons tout, du buveur de sang qui a tracé ces alexandrins au fulminate de mercure, il s'appelle... Non... je n'ose pas... je ne sais si je dois... Vous le voulez, cruel lecteur, eli bien ! il s'appelle :
BÉUIÛNï£T.
Vendredi 12 juin. — Le prince Gortschakoa, .a noui de sou doux maître, vient de demander au
gouvernement français que les balles explosibles fussent désormais supprimées, ce qui, du reste, lui a été immédiatement accordé.
Pendant qu'il y était, il aurait pu demander que, désormais, les fusils ne fussent plus chargés qu'à poudre.
Mais, voyez-vous le pas de géant que vient de faire l'humanité? On continuera à se tuer, mais ce sera sans explosion.
C'est l'histoire de ce roi magnanime qui avait condamné un hérétique à être brûlé à petit feu, et ses cendres à être jetées au vent. ■
L'hérétique, qui trouvait la chose dure, ne s'en cacha pas à son souverain, et, après quelques pourparlers, celui-ci convint qu'il s'était en effet montré un peu vif :
— J'ai été trop loin, lui dit-il, heureusement il y a encore moyen de réparer le mal. Tu seras brûlé à petit feu, mais, comme je tiens à t'être agréable, tes cendres ne seront pas jetées auvent. Là, j'espère que je suis gentil!