‹ Mes trois castelsChapitre 6 sur 12 · Acte ITT · texte numérisé non relu

Acte ITT

Personnages: Marcelle, Baronne de Savigny, marquis de B eawparlant , duchesse de la Pra(l(\ Ti))iotJtée, et les incites dr la haronnc

La scène représente ini salou — Les inviié.i sont un peu partout — au piano, une dame joue d'une main et cause avec un monsieur: r/roupc de deux ou trois ici et là.

(Marquis dr Bcaiiparla)\t . saranrant sur la scène, côté droit) — J'ai |>ourtant surveillé

toutes les j^ortes de sortie, mais, je ne l'ai i)a>s revue, la jolie cbntelière. . . Par où pcul-ello donc être passée? Mais demain, je la retrouverai : décidément cette enfant m'a charmé.

(La baronne de Savigny entre du côté gauche avec Marcelle. Marcelle porte la riche toi- /"//'' oitrf'riic dans Vacfc II).

( Baron ne de Savign y ) — Chère duch esse , comme je suis heureuse de vous connaître enfin ' Nous serons de grandes amies, vous verrez, malgré notre grande différence d'âge. Vous voulez bien, n'est-ce pas? que nous soyons de bonnes amies?

(Marcelle incline la tête en signe d'assenfinient. — Quelques invités viennent au devant de la baronne et de Marcelle)

{La baronne à Marcelh) — Je vous présente Mme de la Lande. La comtesse de la Guardicre et le baron de Villebois."

(Tous trois saluent et causent ensemble La baronne traverse le salon et touche le marquis de Beawparlant à l'épaule) Quittez cet air tragi- .que. mon cher marquis, et vanez que je vous présente à madame de la Prade, avec qui vous allez ouvrir le bal.

( Lr nianfuis) — C'est bien de l'honneur que vous me faites, madame la baronne. . .

{La baronne) — Allons venez; depuis quand faut-il courir après le marquis de Beauparlant pour lui présenter de jolies femmes. On ne vouo reconnaît plus vraiment.

La baronne et le marqnifi se rapprochent du groupe où se trouve Marcelle, qui, en ce moment, tourne le dos au nfiarquis.

{La baronne à Marcelle) — Ma chère duchesse, i)erniettcz-moi de vous présenter le marquis de l>eau]xu'Iant, dont le moindre défaut est d'être un bon danseur."

Marcelle n'ose pas tendre la main au marquis, et se contente de le saluer assez froidemeni .

(Le marquis, à part) — Ciel quelle ressemblance ! Les mêmes yeux, la même bouche ; est-ce une illusion? (à Marelle) J'aurai l'honneur d'ouvrir le bal avec vous, madame la duchesse!. . . si vous m'en trouvez digne. . .

(Marcelle) — Pourquoi pas, monsieur le marquis?

(Le marquis à part) — Même la voix est semblable à celle de la petite ouvrière de Castel- Joli.

(L'orchestre joue les premiers accords d'un menuet, et le marquis offre son bras à Marcelle. On danse le manuel.

(Une servante annonce) — Madame la duchesse de la Prade.

(La duchesse de la Prade entrant, à madame la baronne de Savigny, qui a l'air très étonnée).

Combien je regrette ce retard baronne I . . .

(Marcelle — chancelant — , je suis perdue!) Elle défaille, le marquis la soutient dans ses' bras.)

Tous les invités se tournent du côté de Marcelle et chuchottent.

(La baronne de Savigny à Içl duchesse de la Prade) Vous êtes la bienvenue, n'en doutez pas, ma chère. (Se tournant du côté de Marcelle) Qui m'expliquera cette comédie?

(Tiniothée entrant) — Moi, madame la baronne: celle que ce beau marquis tient si obligeamment dans ses bras, c'est Marcelle la dentellière, ma cousine.

(S' adressant à Marcelle) : Viens-t-en, Marcelle, c'est un jeu dangereux de personnifier des duchesses, et cela pourrait te conduire en prison.

Il s'approche de Marcelle et la saisit brutalement par le bras, com^me pour Venmcner. — Le marquis de Beauparlant le saisit au collet et le recule, puis il le tient à distance de la pointe de son épée. Timothée sort l'air effrayé.)

{Baronne de Savigny au Tnarquis) — Cependant, mon cher marquis, vous ne pouvez pas décemment prendre cette intrigante sous votre protection.

Marcelle — Pleurant — Vous avez raison, madame la baronne, je suis indigne de pitié et je dois subir le châtiment que mon inconséquence a méritée.

Le marquis — bas à Marcelle — Laissez-moi arranger cela, ma belle enfant. (Le marquis à la baronne) S'il y a un coupable ici, c'est moi, moi seul, madame la baronne, et je prends la responsabilité de cette plaisanterie !

{Plusieurs invités d'un ton scandalisé) Oh !

(Le marquis de Beauparlant) J'ai l'honneur de vous présenter ma cousine et ma fiancée. Marcelle. . . Il chante:

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Celle qui fut duchesse une heure, Deviendra marquise bientôt. . .

Pardonnez-lui, car elle pleure, Sincèrement notre complot.

Baronne, chantant:

Vous voulez que je me résigne A me laisser tromper ainsi.

Je réprouve un complot indigne;

(A Marcelle) Sortez, mais sortez donc d'ici ! (Le marquis tenant la main de Marcelle) :

Ensemble nous quittons, baronne.

Et pour toujours, Castel-Joli ; {A Marcelle) Partons, Marcelle, ma mignonne.

Pour mon château de Belabri.

{La duchesse de Jja Prade à la baronne de Savigny-, parlé) — C'est moi qui suis l'ofFenscc dans tout ceci, et c'est à moi d'imposer le châtiment. (^4 Marcelle) — Venez ici — {Marcelle les f/etix /misses s approche de la duchesse.) Je ne veux pas avoir, dans l'avenir, de meilleurs amis que. la marquise et le marquis de Beauparlant. {Le m^arquis, baisant la main de la duchesse.) Vous êtes un ange, duchesse,vous êtes un ange!

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Pour une lieure elle fut duchesse, Marquise elle sera toujours. . .

Tous nous lui souhaitons l'ivresse, Du plus sincère des amours.

Rideau.

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