CASTEL.JOLI
P: Fsonnages: Harcelle 5 (dentelitre AU dr:
mothée, (cousin de Marcelle. paysan lourdeau ) : Le marquis de Beauparlant, (jeune gentilhomme); La baronne de Savigny (châtelaine :
La duchesse de la Prade, (jeune veuve) : Florine, (servante à Castel-Joli).
Acte 1 Personnages: Marcelle, Timothée. le merquis de Beauparlant. (Le choeur doit chanter, dans les coulisses, 1 la L'iée du rideau).
C’est au milieu de fleurs et de feuillage
Aux plus châtoyants coloris,
Et dans le plus ravissant paysage,
Que sc dresse “Castel-Joli”. (his)
De l'aube au soir, dans le soleil qui brille,
On entend un doux gazouillis:
C'est l'oiseau qui, sous la verte charmille,
Chante autour de “Castel-Joli.” (bis)
La scène se passe dans une forêt.
Marcelle arrive sur la scène, portant un petit panier dans la mair. Elle est vêtue d'a robe courte à panier, recouverte d'un mant cr à cepuchon.
(Marcelle) —C’est un vrai labyrinthe, que cette forêt, et j'x ai complètement perdu mor chemin. Aussi, pourquoi me suis-je fiée aux indications de mon cousin!... Quel rustaud, que ce pauvre Timothée! .. et quelle persistance il met à me poursuivre de ses attentions! Mais, pour le moment, il ne s’agit pas de cela. Il'faut que je retrouve mon chemin, cette route qui conduit à Castel-Joli, Que ferait Mme I:
Baronne, si elle ne recevait pas ses précieuses dentelles à temps! Le soleil décline déjà à l’hoxizon, et j'a un peu peur. (Elle penche
tête et écoute). Quelqu'un vient de « et
lage Je vais me faire indiquer la route à suivre... ANPEE (Timothée crrive sur la scène) (Timothée, l'air gouailleur) —Quoi :
#7 Marcelle, tu n’es pas encore rendue à Castelbrille, WW Joli?... Te serais-tu égarée en route, per ssat' dl?
ille, L (Marcelle, frappant du pid)—Je crois \ NO Oque tu m'as donné de fausses indications, lâche!.
nt ur À (Éémothée) Ta vas me paver cher 6:
Pose À mot-là ma charmante cousine. . mais d'abord intra que je te prenne un baiser. — (Il saisit la ji, fille par la taille et veut l’embrasser; tandis que e, que À Marcelle se défend son manteau tombe à terre). 1 mor À (Le marquis de Beauparlant arrive sur la e aux scéne, et aperçoit Marcelle aux prises avec Tistaud, JS mothée. Il saisit le paysan par le collet et lui persis- fait faire deux ou trois tours sur lui-même). ns... (Le marquis) —Misérable lâche! si je ne , cela. craignais de souiller mon épée je te la passerais, route M ‘utravers du corps. (À Marcelle) —Ne pleurez me 1 Spas, ;entille enfant, vous n’avez plus rien à ieuses ÆS ‘raindre (ie ce rustre.
l'ho- (Timothée sort en menaçant le marquis
he lu du poing).
| et À (Marcelle)—Combien je vous remercie | pour le grand service que vous venez de me } .
rendre, monsieur...
(Le marquis) —Je suis le marquis de Beauparlant, je me rends à Castel-Joli, où je suis invité pour le bal de la baronne de Savigny.
| (Marcelle) —Castel-Joli!... Ah! moi ||: 1 aussi, je me rends chez la baronne.
(Le marquis) —Vous êtes invitée?...
(Marcelle) —Oh! je suis la dentelière de la baronne.
(Elle chante:)
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La Late lo la Le Les
| | Moi je fais des dentelles [| Pour parer | Les marquises si belles A leur gré.
Tra la la la, etc.
(Prenant un bout de denterre œans son panier, et le montrant au marquis elle chante) :
Regardez, je façonne,
Au fuseau,
Des fleurettes mignonnes,
Des oiseaux
Tra la la la, etc.
(Le marquis de Beauparlant faisant mine d'examiner les dentelles) —C’est merveilleux !
(Marcelle, souriant) —N’est-ce voyez ces épis; ne dirait-on pas qu'ils ploient sous la brise?
(Le marquis baisant une tresse des cheveux de Marcelle) —On dirait, en effet des épis de blé mûr.
(Marcelle toujours indiquant les dentelles) —Et voyez ces fleurettes.
(Le marquis baissant les y°ux de Marcelle) —On dirait des violettes encore humides re rosée.
(Marcelle timidement) —Et ces roses...
(Le marquis) —Toutes fraîches épanouies, faites pour les baisers— (7! se penche et baise les lèvres de Marcelle).
(Marcelle se reculant)—Oh, monsieur le marquis !...
(Chant—même air.)
Mon cœur d’humble ouvrière
Est surpris
Des galantes manières
D'un marquis...
(Riant)—Ha ha ha ha, etc.
(près le couplet qui précède, Marcelle remet son manteau. Le marquis saisit subitement la main de Marcelle, et désignant unc bague qu'elle porte au doigt).
(Le marquis) — Mais cet écusson est celui des Beauparlant!...
(Marcelle)—1 n'y a rien d'étonnant à cela; ma grand'mère était Olympe de Beauparlant !
(Le marquis) —Olympe de Beauparlant!
celle dont le portrait oceupe une place dans notre galerie de famille!... La belle Olympe de 3cauparlant, qui furtivement, une nuit, quitth le château de Belabri, pour épouser un pauvre artiste, qui avait peint son portrait: Mais. alors Marcelle vous êtes ma cousinc!...
(Marcelle souriant, l'air moqueur)—J'ai bien cet honneur, monsieur le marquis de Beauparant |
(Le marquis)—Ne vous moquez pas de moi, petite cousine.
(Marcelle) —Oh! cousine si éloignée!
(Le marquis) —Mais cousine, tout de même, et soyez assurée, Marcelle, que vous avez désormais en moi un cousin fort dévoué. prêt à tout pour vous être agréable,
(Marcelle) —Elles sont bien spontanées ces protestations de dévouement...
(Le marquis) —Elles n’en sont pas moins sincères pour cela, et je vous le prouverai à l’occasion.
(Marcelle) —T'heure passe, monsieur 12 marquis, et je dois me hâter, afin de ne pas désaippointer madame la baronne. qui attend ces dentelles pour le bal qu'elle donne à Castel-Joli, cette nuit.
(Le marquis) —Rien ne presse encore, la fête ne commencera qu'à l’arrivée de la duchesse de la Prade, avec qui j'aurai l'honneur d'ouvrir le bal.
(Marcelle soupirant) —Sans doute, ells est fort jolie, cette duchesse de La Prade!
(Le marquis avse indifférence) —On le dit, mais elle m'est inconnue. Même, notre sracieuse hôtesse, la baronne de Savigny ne la connaît pas.
(Marcelle) —Puisque vous voulez bien me conduire à Castel-Joli, monsieur le Marquis, j'aimerais à m’y rendre sans retard.
(Le marquis chante) :
Oudauli 2 3 . mÈ.
(marqua) tv pe EU mg Le 4e vous Couture
ee ets :
C rs La - quel But: Lex dau ÿ <= Lun. “Belle Sous, ma at a
DA de g'ar Cuk
MAL mn RME
Ma belle enfant, je vais vous conduire
[moi- -Mmême, Par un sentier menant droit à Castel-Joli… Et c'est,
n'en doutez pas, avec plaisir [extrême, pâlit.
Plaisir dev
ant le quel tout ici-bas (Marcelle chantant aussi) :
En vous J'ai confiance,
(Saluant )—Monscigneur le marquis. .
(Le marquis) :
Non sans raison, je pense, ...
Prenons par ce taillis.
(Le marquis chante) :
Enfant, vous Permettez qu'ici je vous [confesse Tout ce que votre charme à si bien [accompli :
Qu'importe maintenant, marquises et [duchesses :
La plus belle, c’est vous, même à Castel- [Joli.
(Marcelle chante) :
Ah! vraiment, ces louanges, (Saluant) — Monseigneur le marquis...
(Le marquis, vivement)
Vous paraissent étranges? ...
(Marcelle) Certes (à part) mais c’est [exquis!
Duo
(Le marquis) — (à part) Combien cette enfant est charmante, Comme j’admire sa candeur! ...
Que je la trouve ravissante ; Déjà je l’aime avec ardeur.
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ais si je devrais croire , t de boire
belles protestations :
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© rs ë = Ÿ d S S a S PS à Fées .
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Jenes
Ses Mai
part)
Aux sources de l'illusion !
(Au marquis) Voyez l'étoile brille, Monseigneur le marquis, ...
(Le marquis) :
Oui, partons, jeune fille, (Ensemble) Pour le Castel-Joli.
(Tous deux sortent en chantant les dernières paroles),
Acte II Personnages: Marrelle 01 Florine (La scène représente un boudoir. Sur un fauteuil est une riche toilette. Sur un meuble sont des bijoux et divers objets: gants, dentelles, etc.)
(Au lever du rideau, Warcelle est seule, vêtue de son manteau et la tête recouverte de son capuchon.)
(Marcelle riant)—Ha, ha, ha, ha, ha, ha!
En voila une bonne! Quelle aventure! ..
Suis-je vraiment Marcelle l'ouvrière?... ou bien quelque ïée m'aurait-clle changée en duchesse?... je ne comprends pas ce qui m’arrive... Je traversais un corridor, cherchant une porte de sortie, après avoir remis les dentelles de Mme la baronne, et voilà qu’un domestique, me saluant jusqu'à terre, me dit: “ Veuillez me suivre, madame la Duchesse,”
J'ai cru, tout d’abord, à une plaisanterie de Mauvais goût ; mais j'ai bientôt compris qu’il y avait méprise. . .
(Apercevant la toilette sur Le fauteuil) :
Oh!...
(Elle s'approche ct examine la robe) :
Que cz doit être agréable de se sentir drapée dans un si moelleux tissu !..,
(Elle laisse glisser son manteau à terre, étend la robe devant elle el se regurde dans le miroir ) :
La nuance est exactementt celle que j’aurais choisie. . . : elle va bien avec la couleur de mes yeux. Comment disait-il cela le beau marquis?... “Des violettes encore humides de rosée”... Ah! combien je l’envie cette Duchesse de la Prade qui doit ouvrir le bal avec monseigneur le marquis de Beauparlant !
(On frappe) —Entrez. Elle remet hâtivement son manteau. ..Florine apparaît, portant une enveloppe sur un Plateau. Florine présente l'enveloppe et se retire dans le fond de la pièce.
Marcelle, sans regarder la suscription, ou-
‘vie la lettre ct se met à la lire. Elle paraît fort embarrassée :
“Chère Duchesse
J'apprends votre arrivée à l'instant, nous n'attendons que vous pour ouvrir le bal.
Baronne de Savigny, Castel-Joli, 10 décembre”?
(Marcelle confuse froisse l'enveloppe dan:
ses mains et répète à Mi-voix) :
“On n'attend que vous pour ouvrir Je bal...” Et c’est avec lui qu'elle dansera la belle duchesse !.
(Marcelle semble prendre une résolution subite, ct fait un signe à Florine) :
Quel est votre nom?
(Florine)—Je me nomine Florin:, madame la duchesse.
(Marcelle à part) :
Encore madame la duchesse... eh! bien, je vais l’être duchesse, Pour ce soir, au moins.
À Florine.—Y-a-ti] un grand nombre d'invités?
(Florine)-—Oh ! oui. madame la duchesse.
(Marcelle sourit très flattée) il y aura, le marquis et madame la marquise de la Lande, M. le Comte et madame la comtesse Ge Beaumont.
Mme Ja douérière de Saint-Hilaire, Mme la vi-
Comtesse de Zambeck, le vicomte et la vicomtesse
Pour le bal. . Me rec c’est impossible i
de Roquefort, Je baro
n et la baronne de Villebois, Mme la ce
omtesse de Hauterive, AE
(Marcelle, interro Mpant)—Je
demande Pas la liste Complète des invités, ma fille, je ne veux savoir que le nom de ceux qui sont en visite à Caste!-Joli.
ne VOu.;
(Florine) Oh! c’est facil», Quatre invités, madame Ja « d'Argencon, Mme ] Mme la e quis de
il n'y a que luchesse: M. le due 4 Marquise de omtesse de ]
Beauparlant.
(Mare le - Le Marquis
Houssonville.
à Gruardière et M. le ur.
“Comme se par de Beauparlant !
(Florine) —On marqui
lant à clle-méme)
nous à dit S Ouvrirait le bal avec mé chesse— (elle salue Marcelle)
( Marcelle, à Part) —Décidé est jeté, je serai d ne) Sortez, je v (Florine sort).
que le jeune dame la du-
ment le sort en uchesse pour Je bal. (A Flori.
ous appellerai, dans un instant,
(Marcelle seule
)—Oui, je serai q Onnaîtra-t-i]?.
l ne m'a vue
uchesse .. Mais non,
us
ton.
uchesse
d du Canton esse bles le
= t aux no
Refrain :
» COnvertie en ntellière toilette, rich Prise j abuse,
Voyez
La de Possédant
Et donnan Mais Cependant :
Si d’une m(
Je dois me hâter, l'heure passe, Et ce ne serait pas gentil,
De tarder plus longtemps, je lasse La patience d’un marquis.
Mais cependant. ...
Si d’une méprise j’abuse, etc.
Soyons courageuse et hardie Et souvenons-nous que la fin Toujours pleinement justifie, En ce Fas-monde le moyen.
Mais cependant. ...
Si d’une méprise j’abuse, etc.
(Elle sort en chantant les dernières paroles. )