À MES ENFANTS
Tu vas finir, ô vieille année !
Tu vas rejoindre, en peu d’instants, Des milliers d’ans,
Qui sur leurs pas t'ont entrainée.
Comme eux tous, tu devais fournir Ton nombre de jours à la vie :
Tu l'as servie ; Ta tâche va bientôt finir.
Adieu ! Voici ta sœur cadette,
À qui partout l’on tend la main :
Sur son chemin,
Fera-t-elle honneur à sa dette ?
Na monnaie aura-t-elle un cours
Comme la tienne, qu'on dut prendre Au pair pour rendre
Le change à trop de mauvais Jours ?
Oh! non, non, non, chacun espère
De l'an prochain tous les bonheurs Et les honneurs
Que donne tout travail prospère,
C’est surtout son premier rayon
De soleil qui, pénétrant l'âme De vive flamme.
À ja plus douce illusion.
Ce premier jour a son prestige Etabli dans le monde entier.
Et l'amitié Ne peut souffrir qu'on le néglige.
Aussi qui ne lui sourit pas, |
Souvent même des mois d'avance, À voir l'enfance
Suivre ce beau jour pas à pas ?
Quels parents auraient le courage, Ce jour-là, d'oublier les vœux
De riens tout neufs, (1) Qu'on forme dans leur entourage ?
Oh ! que leurs cœurs sont triomphants,
(Il est bien mort l’homme de Rennes...) (2) Quand leur étrennes
Comblent tous vos désirs, enfants !
Mais je termine; minuit sonne !
Ces rimes que pour vous j'écris, Quoique sans prix,
En étrennes je vous les donne.
En finissant ces quelques vers,
Pour l’an nouveau je vous souhaite Santé parfaite,
Et pour tantôt cent riens divers.
(1, Prononcez neu, prononciation ancienne où normande.
(2).... l’homme de Rennes Mourut le dernier jour d'un an, De peur de donner des étrennes.