‹ Mes vers [microforme]Chapitre 118 sur 155 · LONGFELLOW · texte numérisé non relu

LONGFELLOW

Oh! dites-moi: mes petits anges, Où puisez vous cette gaité

Qui rend tous vos actes étranges De charmante légèreté ?

Vient-il de votre cœur, ce rire Dont les éclats, bruyants et doux, Semblent passer par une lyre, Avant d'arriver jusqu’à nous ?

Votre rire a tant d'éloquence,

I] sait si bien charmer mon cœur, Que je vous crois d'intelligence Avec quelque céleste chœur.

Sous son empire, je me livre

À vous, longuement, chaque soir, Me récréant moins dans un livre

Qu'à vous entendre et qu'à vous voir.

Si de livres, chers petits hommes, Vous me tenez si souvent lieu.

C'est que je vois en vous trois tomes

Des œuvres que me dicta Dieu.

Pourtant de vous chaque volume N'est pas sans imperfections :

Souvent la maternelle plume

Y fait ses annotations.

Vers moi, ce soir, et tous ensemble,

On vient de vous congédier :

Votre mère ici vous rassemble ; À moi de vous étudier.

Ne craignez rien de ma présence, Soyez partout maitres et rois.

Allons ! vacarme et pétulance !

Je vous permets le diable à trois.

Je suis heureux d'ourdir la trame Des jeux, pour lire en votre cœur; Quand le plaisir entre en votre âme, Mon œil y pénètre en vainqueur.

Je vois dans votre âme candide Tant d’allusion au passé

Que mon cœur est toujours avide De voir son beau temps retracé.

Oh! c'est alors qu'à mes yeux brille De mon passé le souvenir,

Et que je vois, douce famille,

D'où votre gaité doit venir.

Car le cœur de l'enfant qui joue

De se cacher méprise l’art ;

Dans les fossettes de la joue

Ce cœur se montre à tout regard.

Ce soir, à l'heure du tapage,

Je me suis promis le plaisir D'écrire pour vous cette page, Qu'un jour vous lirez à loisir.

Ici j'y trace un vœu suprême,

Un de ces vœux du cœur partis :

O mes enfants... 6 vous que j'aime, Restez. restez toujours petits ! !

een mme mme dream rennes

mm

Je sais. je sais, mes petits anges, Où vous puisez cette gaité

Qui rend tous vos actes étranges De charmante légèreté …

Il vient de votre cœur, ce rire Dont les éclats, bruyants et doux, Semblent passer par une lyre, Avant d'arriver jusqu'à nous.

Page 1