FRAIT HISTORIQUE
A RÉVEUR RÉVEUR ET DEMI.
Un puissant chef sauvage, à qui John avait dit
Qu'on devait recevoir ce qu'on rêvait la nuit,
Rejoint John un matin et lui dit :—Tiens, mon frère, Décide, sans retard, ce qu'il te reste à faire :
Un rève me tourmente et la nuit et le jour.
Tu sais, ton habit rouge à galons d’or autour
Et ton chapeau pointu ? je les rêve sans cesse.
— C'est très-bien ! lui dit John, qui sur le champ s’empresse De donner au grand chef, presque fou de plaisir,
Les objets de son rève ou de son grand désir.
À quelques jours de là, John aussi fait un réve,
Et l'annonce au grand chef par cette phrase brève : —J’ai rêvé, camarade, avoir reçu de toi
Un tiers de ton domaine...en mon rêve j'ai foi.
—Frère, lui dit le chef, tu rêves grand, me semble ; Mais tu l’auras; plus tard, ne rêvons plus ensemble.
Le chef avait raison : John révait grand, de fait. Le don sur le sauvage avait eu bon effet :
I crut John généreux ; il fut, lui, magnifique, En accordant à John un tiers de l'Amériqne.
DEUX MALICESX.
Monseigneur de Janson disait, en badinage,
À Boileau, grand buveur qui ne rima jamais : # — Votre nom, mon ami, ferait meilleure image, S'il finissait par vis plutôt que par /eau ; mais. — Son, qui finit le vôtre, annonce une origine Ausei fort roturière, interrempit Boileau :
Consentez à changer votre son en farine,
Et je consens sur l'heure à prendre v/»# pour /euu.
* Ce Boileau n'est point l'auteur du # Lutrin :" mais il ne manqua ni de finesse ni de malice.
MOT DE NAPOLEON Ier.
Napoléon a dit :—Je ne saurais comprendre
Ce que cela veut dire... un tel est un géant.
Il a six pieds...moi, cinq : s’il me parle, pourtant,
Il faut que je me baisse, et beaucoup, pour l'entendre.