II
Dans'ce jeune pays un autre mal existe :
Des jeunes gens aisés, dont la folie attriste … “imaginent, halas! qu'il faut, pour parvenir
Aux places, aux honneurs d’un brillant avenir, Dépenser beaucoup d’or en plaisirs dans nos villes. Que leurs pensers sont faux et de bon sens stériles ! Sachez, jeunes lions, qui vous fermer les yeux,
Que c’est en plein soleil que l'or brille le mieux !
S'il vous en reste encore, allez donc le répandre En semis dans nos champs. Là vous saurez comprendre La vie et son bonheur, en suivant les sentiers Qu'ont suivis, glorieux. vos braves devanciers. Vos pères, la plupart, étaient, ou sont peut-être, Cultivateurs-soldats toujours prêts à se mettre A l'ouvrage, en campagne (et sans injonctions) Pour faire aimer leurs champs, leurs institutions. Allez apprendre d'eux la route de la gloire.
Ou, s'ils ne vivent plus, relisez leur histoire. Vous vous direz bientôt : J'ai fait le meilleur choix : Oui, les cultivateurs sont du pays les rois.
Une belle carrière, énergique jeunesse,
Est ouverte pour vous: prehez-là, la richesse
Vous attend à l'entrée avec de grands présents :
La liberté, l'honneur! Hâtez-vous, jeunes gens! Accourez des cités, où déjà votre nombre,
Sans profit pour aucun, dès longtemps les encombre Vos cœurs ont tous besoin de bonheur ou d’espoir; Vous aurez l’un et l’autre : il ne fant que vouloir.
Québec, 1863.