À MLLE O. D
Dura lex sed ler.
O toi, qu’une main bien aimée Cueillit et plaça sur mon cœur !
Belle rose blanche, embaumée De la plus agréable odeur, Pourquoi mon âme est-elle émue Jusques aux larmes à ta vue ?
Hélas ! c'est que tu vas périr, Car déjà je te vois flétrir !
J'aurais voulu te voir sans cesse Aussi vive que ma tendresse :
| J'aurais désiré constämment Te voir belle, comme au moment
Où l’on t'enleva de ta tige.
Hélas! à mon cœur ton prestige Faisait oublier ton destin,
Pauvre fleur, qui n’as qu’un matin !
Belle rose, des fleurs ia reine, Pourquoi vois-je avec tant de peine Ne ternir ta fraiche couleur ?
C’est que tu me viens, tendre fleur, D'une autre fleur, mon bien, ma vie, Dont tu paras le front si beau … C’est que tn me viens d'Octavie, Mon seul amour jusqu'au tombeau !