VOYAGES DANS LES RECLBLIQUF.S DE LA PI.ATA
Une Forte rabie , qui déchira la seule voile que ne u obligea à aborder dans ui
Le lendemaiu, nous avions l'air de naufragés^ nous grelottions à claque - dents et nous étions affamés. Dès que la tempête fut calmée, le patron nous fit sortir de là , et nous conduisit à proximité d'un saladero. Nous sautâmes bien vite à terre, courant nu -jambes à travers les marécages vers im rancho , où nous demandâmes l'hospitalité. On nous acueillit bien. Nos hôtes étaient des gauchos , originaires des îles Canaries, venus depuis bien longtemps déjà, comme beaucoup d'autres, pour peupler ces déserts et remplacer les naturels. Leur habitation, comme toutes celles des gauchos, était une hutte de terre, entremêlée de roseaux, couverte en paille coupante, construite enfin avec toute la simplicité de l'architecture primitive. Elle était composée de deux pièces , la chambre à coucher et l'appartement de réception servant en même temps de cuisine. Un lit, formé de quatre piquets plantés en terre, supportant une claie de roseaux, ou des courroies de cuir entrelacées, sur lesquelles se place, en guise de matelas, une magnifique peau de bœuf non tannée; quelques autres cuirs étendus à terre pour coucher les enfants; des bolas, des lazos (armes indispensables du gaucho), des harnais de chevaux suspendus
aux parois du rancho, formaieut Tunique ameublement de la chambre. Une autre claie de roseaux, supportée par six piquets, et servant à ces dames de canapé ou de sofa, deux têtes de bœuf en guise de fauteuil, un petit baril d'eau, une marmite en fonte, deux ou trois calebasses servant de vases, une jatte en bois et une broche en fer piquée verticalement devant le foyer, placé au milieu même de la cuisine, composaient rigoureusement l'inventaire de l'appartement de réception. Je dois ajouter que chez les gauchos plus riches il y a souvent, à côté du principal corps d'habitation, une seconde hutte, analogue à la première, servant de cuisine, de garde -manger et de basse -cour. Il n'y a jamais de cheminée; le foyer se trouve au milieu, et la fumée s'échappe par ou elle peut. Les ordures des animaux domestiques, les exhalaisons des viandes accrochées ou des cuirs étendus, y entretiennent une puanteur insupportable, et des myriades d'insectes bourdonnent sans cesse, tandis que des volées de troupiales, de caracaras ou de vautours uruba, se disputent les débris des animaux de race bovine ou chevaline dont les ossements sont entassés comme dans des catacombes, ou épars de côté et
d'autre à la surface du sol , comme sur un champ de bataille.
Tandis que nous séchions nos vêtements devant le foyer enfumé, les braves gens se plaignaient de la misère du temps et des querelles interminables des partis dans ces malheureuses provinces. Ils nous présentèrent dans une corne du lait sortant de la vache; nous acceptâmes avec empressement, et leur offrîmes en retour un peu de cana (eau-de-vie de sucre) qui nous restait. Ils allaient nous préparer un asado ( rôti ) de viande fraîche , quand le patron nous envoya intimer Tordre du ralliement.
Vers le soir on s'arrêta sur la côte d'Entre- Rios pour faire à souper et passer la nuit. Mes lecteurs doivent se rappeler que l'Uruguay sépare la Banda -Oriental des provinces d'Entre -Rios et de Corrientes; que la première est située sur la rive gauche du fleuve, et les deux autres sur la rive droite; et que jusqu'ici nous n'avions relâché que sur des points de la rive gauche, c'est-à-dire appartenant à la Banda -Oriental ou république de l'Uruguay. Celte fois donc nous bivaquâmes sur la côte d'Entre -Rios, et comme le bois sec était très - abondant , nous fîmes un immense feu de
joie , autant pour achever de nous sécher que pour nous garantir pendant la nuit de la visite de quelque honnête jaguar ou de tout autre voisin aussi aimable. Après avoir mangé avec appétit un énorme asado , après avoir savouré le gueso de goya ( espèce de fromage très-sec et très-salé), n'ayant en guise de pain que de la farine de manioc, et pour boisson de la cana et de Teau claire, nous installâmes confortablement nos recados dans le foin , au pied d'un palmier-carondai , et nous réparâmes par un sommeil paisible les fatigues et le malaise de la nuit précédente (1).
Le lendemain, bon vent et beau temps. En un instant tout le monde fut sur pied, les recados plies, les armes nettoyées (car c'est un soin qu'il faut prendre chaque jour), et tout à bord. Nous prîmes le maté avant l'aurore; ce cordial, d'un usage aussi fréquent dans ce pays - ci que le thé Test à la Chine, devait nous soutenir jusqu'à midi, heure du dîner. La sobriété est une vertu passée forcément dans les mœurs des Espagnols américains; ils ne font jamais que deux repas par jour; mais ils prennent le maté à chaque instant. Nous
(i) Isabelle , Voyage à Biàeno^Ayret.
fîmes bonne route jusqu'au salto grande , que nous ne franchîmes que bien difficilement à Taide des voiles et des rames, à cause de la rapidité du courant. Le lendemain, après une nuit pluvieuse , passée encore en plein air, nous trouvant vers onze heures du matin devant une estancia, nous courûmes nous y réchauffer. L'eslanciero était un Indien guarani, très -riche et hospitalier; nous y déjeunâmes avec un excellent asado et du lait sortant de la vache; il voulut de plus que nous emportassions deux arrobas ( vingt - cinq kilogrammes) de viande fraîche.
En sortant de chez lui nous vîmes dans la campagne des bandes de ramiers et de tourterelles, beaucoup de venados (cerfs), des tinamous (perdrix) et des naudas (autruches) en quantité.
Nous passâmes à proximité d'un rancho désert, frappé de malédiction ; le feu du ciel y était tombé récemment, et avait rempli d'épouvante une famille indienne, en donnant la mort à une jeune fille de douze ans, dont on voyait encore la modeste tombe. On me montra quelques chevaux abandonnés, revenant chaque soir passer la nuit près du corral où naguère une main innocente les avait caressés. J'éprouvai un grand serrement
de cœur à les voir ainsi tristement arrêtés, la tête basse, près du tombeau de leur jeune maîtresse On eût dit que seuls au milieu du désert ils étaient restés pour la pleurer, et donner au voyageur, passant près de cette tombe, un exemple de fidélité et de reconnaissance inspirés par la nature (1).
L'Uruguay, à partir du Salto jusqu'à Itaquy, c'est-à-dire pendant deux cent quarante kilomètres de parcours, ne présente sur ses deux rives qu'une bordure, peu étendue en largeur, d'arbres assez variés à la vérité, mais dont les espèces sont les mêmes dans tout le cours du fleuve : ce sont des espinillos, des saules, des laureles, des seibos, des nandubais, des timbos (espèce d'acacia), des tolas, des lapachos (grande espèce de la famille des bignioniacées ) des palmiers et beaucoup de buissons épineux, dont quelques-uns, tels que les mimosas, portent de charmantes fleurs j des lianes nombreuses, des plantes parasites qui s'entrelacent de toutes parts en semant des fleurs de toutes couleurs jusqu'aux sommités des arbres les plus touffus, ce qui leur a
(I) Isabelle, Voyage à Buenos-Ayres et dans la province du Rio- Grande-do^uL
fait donner le nom gracieux de fleurs de Tair [flores del ayre). Tant qu'on navigue dans le lit de la rivière , on jouit de ce spectacle ; mais quand on suit les savanes ou les terrains inondés, la vue peut à peine se reposer en planant sur de vastes campagnes basses ou faiblement ondulées, dépouillées d'arbres, n'offrant qu'une herbe épaisse (rôtie parles feux du soleil , plus haute qu'un homme en beaucoup d'endroits), et baignées jusqu'à de grandes distances dans les temps de débordement. Ceci s'entend particulièrement de la rive gauche ou de la Banda - Oriental et des Missions brésiliennes ; car la rive droite , ou l'Entre-Rios et Corrientes, offre assez généralement des terrains plus élevés, une végétation plus variée : on y voit de loin en loin quelques forêts, quelques coteaux boisés, où les élégants palmiers aux touffes globuleuses dominent toujours; des estancias, des chacras qui récréent la vue, en consolant le voyageur, souvent effrayé de son isolement au milieu de ces vastes solitudes (1).
Nous continuions ainsi à avancer lentement dans ces solitudes, couchant chaque soir à terre, sou-
(I) Isabelle, Voilage à Biienos-Ayres el dans la province du Rio- Grande^o-SuL
vent ne trouvant pas un endroit assez sec pour allumer du feu. J'ai oublié le nombre de nuits où y tremblants de froid , nous étions obligés de veiller, les armes à la main, pour repousser les attaques des jaguars; des autres nuits où nous nous endormions sans souper; et des journées où la chaleur était excessive , étouffante , et nous rendait incapables de nous mouvoir. Représentez-vous la position d'individus exposés tour à tour aux atteintes de l'orage, à l'humidité glaciale de la nuit et aux feux dévorants du soleil. Telle était la nôtre. Nous n'avions pas à nous en plaindre, nous, puisque cette vie était de notre choix; mais le malheureux qui est forcé d'en faire son état, voilà celui qui est réellement à plaindre! Et combien ai-je rencontré de nos pauvres compatriotes , que des revers de fortune avaient jetés dans ces contrées, obligés de colporter dans les populations clair- semées de ces déserts quelques produits de nos manufactures, souvent si chers, si peu convenables, si inutiles, que leurs détenteurs, après avoir supplié les habitants de les en débarrasser pour une modique somme , se voyaient encore ravir jusqu'à l'espoir de retourner dans leur patrie !
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Un jour, nous nous arrêtâmes de bonne heure dans un assez joli parage, au fond d'une anse formée par le confluent de l'Arapey, rivière prenant sa source très -avant dans l'intérieur de la Banda -Oriental. Deux ranchos, un corral (parc à bestiaux), un four, une rancada (1), et des jardinages en assez bon ordre, étaient complètement abandonnés. Le patron nous apprit que ces lieux avaient été la propriété d'Indiens guaranis des Hautes -Missions, que le gouvernement oriental avait obligés de s'éloigner récemment , à cause de leurs brigandages, bien qu'ils accordassent une hospitalité franche et cordiale aux voyageurs.
A partir de cet endroit commence une suite d'habitations éparses, de hameaux et de villages qui furent peuplés naguère par des Indiens guaranis enlevés aux pueblos des missions pendant la guerre de la république Orientale avec les Portugais et le Brésil. Mais ces Indiens sans industrie, enclins naturellement à la paresse, furent
(1) La rancada, destioée à donner de Tombre de?ant l'habitation, et aussi à servir de lit pour se garantir des moustiques ou des tigres, se compose de quatre ou six poteaux de deux mètres au moins de hauteur, au-dessus desquels sont posés horizontalement des branchages ou des troncs de palmiers fendus en deux. (Isâbbllb, Vayagtt à Buenoê^Ayret , p. 368.)
trop abandonnés à eux-mêmes. Les Brésiliens surent même en faire des ennemis déclarés des Orientaux, et alors ces guaranis, d'abord dociles, s'unirent aux fiers charruas, s'adjoignirent des gauchos criminels, et se mirent à piller, à dévaster en commun toutes les estancias , ainsi que les populations de l'intérieur, pour vendre les bestiaux ou les cuirs volés, aux Portugais et aux Brésiliens , qui trouvaient fort commode ce moyen de s'enrichir, en même temps qu'il secondait la haine nationale vouée à ceux qu'ils appellent Espagnols. Les guaranis unis aux charruas servaient aussi d'instruments aux factieux pour porter le trouble dans la république ; alors le gouvernement de Montevideo dut prendre des mesures éner^ques, dans le but de garantir les propriétés des citoyens et de maintenir l'ordre dans l'État. Il nit donc des troupes en campagne , lesquelles détruisirent toutes ces peuplades d'Indiens, ainsi que les restes des charruas. Depuis cette époque (1833), la contrée qui s'étend du Salto au Brésil est en partie déserte.
Ainsi nous passâmes successivement les villages ruinés de Belon et de Santa-Rosa ou de la Bellay- Union. Il ne restait plus de ce dernier qu'une
quarantaine de ranchos debout; mais il parent qu'il y en avait plus de deux cents en 1832, et que ce point était plus peuplé, plus commerçant que le Salto ; il y avait un bureau de douane , un commandant de port et un commandant militaire , chargé de la police. C'était la dernière population de la Banda-Oriental vers les Missions brésiliennes, dont la frontière n'est éloignée que de huit kilomètres. On compte cent soixante kilomètres de cet endroit au Salto , par la rivière.
Nous ne tardâmes pas à atteindre la terre brésilienne (province de Rio -Grande- do -Sul ou de Sâo- Pedro), et nous remarquâmes avec satisfaction une différence notable dans l'aspect du pays : des champs verdoyants, des arbres dans la campagne, de nombreux troupeaux sur le penchant des collines ou dans les plaines; des cerfs, des autruches en abondance, enfin une apparence de vie et de culture contrastant singulièrement avec les déserts que nous venions de parcourir. Les
Brésihens ne sont guère plus industrieux ni plus travailleurs que leurs voisins les Orientaux et les Argentins; mais les estancias se sont multipliées beaucoup dans ces contrées pendant et après la guerre; une grande partie des troupeaux enlevés
par les maraudeurs , et ceux que les gauchos ont volés pendant les guerres de parti , sont venus peupler les pâturages brésiliens. On a aussi le soin de brûler souveut les champs, ce qui renouvelle l'herbe et contribue beaucoup à leur fertilité, à cause des sels contenus dans les cendres; de plus on détruit ainsi les animaux nuisibles, tels que les reptiles, les sauterelles, les fourmis, qui pullulent de toutes parts pendant les chaleurs.
Nous campâmes pour la première fois sur la terre brésilienne, à la lisière d'un bois, au bord de Yarrayo del Tigre (ruisseau du Tigre). Nous y fûmes joints par quatre Brésiliens armés, se rendant, avec une longue pirogue faite d'un seul tronc d'arbre, à un endroit peu éloigné de là. Ils nous donnèrent de bonne grâce un morceau de viande fraîche, ce dont nous avions grand besoin, car notre charque entassé dans un cuir, avant d'être bien sec, ayant souffert d'ailleurs par les pluies continuelles, commençait à se corrompre; et, sauf quelques pigeons , des vanneaux armés ( /erwteros) et du venado, quand nous pouvions en attraper, nous ne mangions ordinairement que cette mauvaise viande , très-salée , rôtie ou hachée > avec de la farine de manioc en guise de pain. Ils
DAMS LÀ PLATA. 900
se hâtèrent de nous dire que nous n'avions rien à redouter sur la terre brésilienne , ni des animaux^ ni des hommes, mais qu'il n'en était pas ainsi du pays que nous avions parcouru. Ils nous citèrent plusieurs actes de brigandctge qu'on avait commis depuis peu , et prétendirent que nous avions été fort heureux de n'avoir pas été attaqués par les Indiens ou les gauchos vagabonds rôdant aux bords de l'Uruguay pour piller les voyageurs. Nous n'avions eu à craindre rien de semblable , et peutêtre nos Brésiliens nous donnaient - ils comme récents des souvenirs d'un autre temps, ou, selon l'habitude, calomniaient -ils un peu leurs voisins. Le même jour, nous passâmes devant le hameau de Santa -Anna, première garde brésilienne, en remontant l'Uruguay. Quatre jours après, au moment où nous admirions un beau lever de soleil, notre patron nous dit en nous montrant au loin un palmier très -élevé : « Vous touchez à la fin de vos maux; voici l'estancia de San-Marcos, éloignée seulement d'une quarantaine de kilomètres
du village d'Itaquy.
— Et de San-Borja? demandai -je.
— Une centaine de kilomètres plus loin qu'Itaquy. jd
Je me résignai tout en murmurant. Le soir nous allâmes coucher à l'estancia de San-Marcos; Testanciero brésilien nous reçut très -bien, et nous donna un excellent repas , arrosé de bon vin de Porto.
Après deux jours de repos à San-Marcos, une bonne brise du sud- est nous poussa rondement; nous passâmes devant le confluent de XYhicuyquazu (grande rivière de VYbien)^ ancienne limite de la Banda -Oriental, vers le nord, à quarante kilomètres sud d'Itaquy. Nous n'arrivâmes qu*à la nuit à ce village si pompeusement annoncé. Ce n'était qu'une méchante bourgade composée d'une trentaine de ranchos mal construits, placés sans aucun ordre. Ce village est la seconde garde brésilienne en venant du Salto. Il y a un commandant militaire dépendant de celui de San- Borja, un juge de paix, etc.
Nous restâmes deux jours à Itaquy, parce qu'il nous fallut changer de bateau. Nous gagnâmes au change, parce que notre nouveau chaland était surmonté d'un toit léger fait avec des roseaux et des cuirs tendus à l'aide de courroies. Nous n'eûmes donc plus besoin d'aller coucher à terre chaque nuit, et pendant l'intervalle qui nous se-
parait encore de notre destination ^ nous pûmes jouir tout à notre aise du splendide spectacle qu'ofiTre ici l'Uruguay, couvert sur ses deux rives de forêts magnifiques , où le luxe de la végétation brésilienne se déploie à chaque pas.
Enfin y quatre jours après notre départ d'Itaquy, nous arrivâmes au port de San-Borja. Le porto ou le passo (gué) est tout simplement une clai* rière assez escarpée , pratiquée au milieu des bois, assez incommode pour ceux qui ont des marchan* dises à embarquer ou à débarquer.
San-Borja (la bourgade [ou la ville) est situé à plus de quatre kilomètres du port. On trouve , après avoir passé les bois de la rive gauche par des che* mins tortueux et vaseux, quelques ranchos; ce sont ceux du porto. Nous y fîmes transporter nos effets, et, sans perdre de temps, nous nous rendîmes à pied à la bourgade, quoique la chaleur fût excessive; les habitants s'en étonnèrent beaucoup, étant accoutumés, conmie les Argentins et les Orientaux, à ne pas faire un pas à pied. Nous traversâmes d'abord une campagne dépouillée d'arbres et de buissons , mais couverte d'une herbe fine et odorante. Bientôt la tour carrée de l'église s'offrit à nos regards. A mesure que nous nous
élevions, nous découvrions devant nous des bosquets, des bois d'orangers et des chacaras (1). Ces chacaras étaient entourées de fossés garnis de bromélias aux feuilles rouges de sang et aux belles fleurs en épi, et au loin, dans Test, nous apercevions des bois de peu d'étendue , espacés comme des fermes de la haute Normandie. En nous détournant, nous nous aperçûmes que nous dominions beaucoup l'Uruguay, dont le cours sinueux était voilé en partie par d'épaisses et magnifiques forêts; c'est que la route s'élevait par une pente douce jusqu'à San-Borja.
(-1) C'est la même chose que chacras en espagnol; mais ici, ainsi que dans la province de Corrientes, ce mot ne s'emploie pas seulement pour une ferme agricole, il désigne aussi toule espèce de maison de campagne, et correspond aux quiidM de Buenos- Ayres.