‹ Mesdames les ParisiennesChapitre 56 sur 74 · LE LANGAGE DES FLEURS · texte numérisé non relu

LE LANGAGE DES FLEURS

En mérité, Ton saurait bien des choses, | Si le bon Dieu fiûsait parler les fleurs. ) "***

• Vous rappelejB-vous oe refrain P

n y a qnelqnes années, les orgnës de barbarie (la plos profonde ) en serinaient l'air impitoyablement plaintif et trembleor anx échos parisiens.

Horrible I

J^ai retenu, paroles et mosiquoi la fin de oette romance de septième classe.

Puisque l'harmonie à dos d'homme en a c orné > ma mémoire, utilisons cet air comme titre de mon petit rédt. «

St voilà qui est fait.

Louis de F***, bon et brave garçon, déjà parvenu à cet âge mélancolique où, quand arrive l'automne, on se prend à penser à un petit bonheur intime, au

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coin d'an feu clair de chêne^ auprès d'one char^ mante petite bonne femme gaie et riense, quoique légitime, Louis de P***, je le répète, un bon et brave garçon de mes amis, est amoureux de mademoiselle Laure.

Mademoiselle Laure, c'est la très-jolie enfimt, an minois un peu poupin, que vous avez pu apercevoir cet été, lisant ou fiiisant de la frivolité j sur la terrasse de la maison de campagne de son père — route de Bueil à Pori-Marlj. — Je n'en dis pas plus long.

Mais vous n'alliez peut-être pas de ce côté-là? C'est très-posMble. En ce cas je vous plains. C'est un bonheur suave qui vous a été refusé, voilà tout.

Pour moi, quand je revenais de Paris, par le train de cinq heures, je me promettais — (et c'était la ré* compense de ma journée) — le plaisir de voir la délicieuse fille (à marier) assise sur sa terrasse :

€ Si tu es bien sage, me disais-je, je te montrerai mademoiseUe Laure ce soir I >

Et j'étais d'un sage !... une véritable image! ^

Donc mademoiselle Laure est une merveille de grâce, d'ingénuité, d'innocence.

On se sent plus pur et meilleur lorsqu'on vient de Isauser chifibns avec elle, mon Dieu, oui I Et tout bas on se livre à une série d'actes de contrition, qui feraient bien rire les camarades du boulevard, en quittant cet ange près duquel on se voit si grossier, si inf&me, si homme I

Les sentiments que j'expose ici (attendrissement panaché de repentir), Louis de P*** les éprouvait.

Bref, à l'horizon se dessinait déjà ce Maire pompeusement paré, au pied du ventre en éoharpe de qui nous aDons tous nous jeter en un jour d'ivresse !

Oui, Louis de P***, tremblant, entrevoyait déjà avec des frissons délicieux entre les deux épaules ce moment où, les jeux baissés, la jeune fiUe mettrait sa petite main froide et blanche (damel l'émotion !) dans la sienne, brûlante et fébrile, en disant : — c Parlez à papa ! >

Avant de se déterminer à € parler à papa >, concierge bienveillant du cœur de mademoiselle Laure, Louis de P*** s'efforçait de &ire agréer l'expression parfaite de ses plus doux sentiments à la chère mignonne, par tous les moyens connus et archiconnus.

Le premier de ces moyens archiconnus, vous le devinez, grave lectrice, c'est d'envoyer des fleurs.

Les sélams botaniques, en Occident comme en Orient, ont toujours eu du succès.

En tête du Noël et Chapsal du cœur se trouvent d'ailleurs ces trois articles :

1. La Flore française est Fart déparier et (Técrire correctement en amour.

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