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Bomanèche, rasé de frais, débarqua dans la grande ville, counit an Palais-Boyal, acheta le lilas blanc demandé, le fit envelopper, et,i ma foi ! comme il ne venait pas tons les jonrs à Paris, il se dirigea, son arbnste dans les bras, rers nn oertain café des Champs* Éljsôes où se réunissent les grandes livrées en vacances.
Le virginal lilas blanc fat posé sur nne table, dans xm coin, pendant que Bomanèehë apaisait les angoisses de la fiiim et de la soif avec quelques camarades.
Hélas t — des hors-d^œuvre au fromage — le pauvre lilas en entendit de belles et de fortes I... Les me- nus propos des amis de Bomanèche auraient fait reverdir un poteau de télégraphe! On but, les cartes firent leur entrée en même temps que le café et les cigares.
Un nuage de fumée acre, d^odeurs de cuisine, de senteurs de toute sorte enfin, enveloppa pendant quatre heures le lilas pudique, le lilas dont la signification si chaste est, dans le langage des fleurs: — première émotion d'amour t
Des nez infâmes vinrent le flairer de temps en temps. Des haleines empestées circulèrent au milieu des tibyraes odorants de ses fleurs.
Sa pauvre petite ftme de plante de serre, distinguée, frêle, eut à soufirir rudement, allez t
Comme Jésus et comme Charles I*', au milieu des
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soldats grossiers qni les insultaient et lenr crachaient an visage^ le lilas resta cligne, rojal , impassible, mais sentait la vie lui échapper par toutes ses branches.
Enfin, Bomanèche plia bagage. Le lilas, suffoqué, revit la lumière du jour. Un air relativement pur le baigna de nouveau.
Mais je n'ose ajouter ce qui me reste à dire — Bomanèche ne devait pas rentrer encore dans le sentier de la vertu et du devoir.
Et... (il venait rarement à Paris, vous savez...) et... bref, le lilas destiné à fleurir sous les yeux innocents d'ime angélique jeune fille fut témoin d*ane scène de réconciliation, bien sincère, il est vrai, entre Bomanèche et une certaine Marie... connue dans sa maison comme une habile couturière : soiti
Passons l'éponge.
Louis de P***, six heures tonnant, reçat des mains de Bomanèche le lilas, le Ververi des lilas, souiUé de cent façons.
Le cœur chantant la Marseillaise de Tamoar, le jeune homme courut chez mademoiseUe Laure^ Tarbre nain pressé contre son cœur I
On accepta son présent avec un de ces divins sourires filtrés entre les cils d'une paupière timidement abaissée, et qui font qu'on se sent capable de marcher sur les mains en criant de joie, une fois qu'on est dehors, et de manifester par des extravagances l'intense bonheur qui gonfle la poitrine I
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Gris d'espoir, Louis de P*** rentra chez lui;
Cette nuit-là, dans la chambre de mademoiselle Laure, un nid blanc, étroit, sur le seuil duquel les anges eux-mêmes essuient leurs ailes avant d'entrer, le lilas blanc trouva enfin le repos qui lui était si nécessaire. L'haleine de l'enfiint et le parAnn de la fleur montaient ensemble dans l'atmosphère calme, et l'ange gardien, les respirant, ne pouvait pas distinguer entre ces deux senteurs délicates.
Avant de s'endormir, la belle petite avait baisé tendrement le hks du bien-aimé, et, d'un air charmant, lui avait dit :
c Parle-moi donc, fleur exquise. Dis-moi tout ce que tu sais. Ne mens pas, mignonne I Parle. Oh ! la vilaine I... elle est muette ! Bonsoir, mon lilas adoré. Dormez bien, i^
Chers enfantillages !
MaÎBn'est-ce pas que cela &it plaisir de penser que le souhait du misérable chansonnier :
V<m sauntit bien des ohoses.
Si le bon Dieu faisait parler les fleurs,
ne sera jamais exaucé ? Jamais ! Cela soulage !
Jamais ! Sans cela le bon Dieu ne serait plus lo bon Dieu!
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