‹ Mesoncelles-en-Brie (dépendance de l'Abbaye de Saint-Denis). Abeilard et HéloîseChapitre 15 sur 21 · FAIT PAR MOY MARTIAL GIHERT EN 1805 SERRURIER A CRÉCY EN-URIE · texte numérisé non relu

FAIT PAR MOY MARTIAL GIHERT EN 1805 SERRURIER A CRÉCY EN-URIE

Celte croix de fer a disparu encore.

Que font donc ceux qui ont la garde de l'église! A quoi sert le conseil de fabrique ? L'église, qui était très en vue, souffrit puisqu'une autre de la Révolution.

Non seulement elle vit les ornements de ses tombes brisés, ses vitraux éventrés, ses statues décapitées, ses sculptures massacrées, mais elle fut, de plus, dépouillée de ses nombreux objets d'art oUferts par les seigneurs et les moines, dont on peut se donner une idée de la générosité, en voyant les mémoires de travaux faits à l'église en 1788, et une quittance d'un orfèvre de Meaux (1).

Ceux qui avaient échappé furent échangés, ces dernières années, pour de plus dorés, plus brillants... C'est ainsi que deux beaux lustres à girandoles Louis XIV, du temps, furent remplacés par deux autres de la rue de Rennes ou de la Place Sainl-Sulpice.

Et ces erreurs coupables ne se produisent pas que dans les églises rurales.

J'ai vu un vicaire de Saint-Gervais vendre, il y a quelques années, à un richissime Israélite, 2,500 fr. deux tapisseries de toutes beautés, qui en valaient 40,000. Un procès eut lieu. L'acheteur transigea en versant 15,000 fr. à la fabrique. Ce vicaire, accusé en outre d'autres escroqueries, passa en police correctionnelle et fut condamné à 2 ans de prison. Acquitté devant la cour, il fut replacé dans une paroisse des environs de Paris.

Expliquez, si vous pouvez.

Si les églises n'ont pas le respect du passé, le culte du souvenir, qui l'aura?

Les nefs ont six fenêtres : trois au mur sud, trois au mur nord et, comme celles des chapelles, petits vitraux ordinaires, flancs en losanae.

(I) Papiers émanant de la fabii^ue de TEglise.

Trois portes : La grande porte d'entrée, à l'occident, précédée de plusieurs kirges marches en pierre, mais abritée d'une détestable marquise, vérilablc hangar ; la seconde, au sud, destinée au service du clocher; la troisième, au nord, donnant accès au chœur. Celte dernière est une porte particulière, percée, depuis peu, par Mme de Ménibus, et qui ne sert uniquement qu'aux de Ménibus-de-Witte.

Eux seuls en on' la clef.

Elle permet d'arriver à un banc réservé, tout àcôté de l'autel, au mépris des lois canoniques, qui défendent, de la façon la plus absolue, à tout étranger laïque de s'y tenir pendant les cérémonies du culte. Cette porte^ cette clef, ces places ne sont dues qu'à la tolérance coupable d'un curé intimidé ou d'un évêque qui ignore.

Il est hors de doute que si l'autorité religieuse, représentée, à Paris, par le saint ascète, le cardinal-archevêque, connaissait cette usurpation cynique, il la ferait cesser sur l'heure.

A la tète des évèchés, il y a encore des hommes recommandables par leur science, leurs talents et leurs vertus.

Il faut toute la résignation du prêtre officiant de Mesoncelles, pour supporter que des gens viennent devant le tabernacle, frôler sa chasuble ou scruter ses moindres mouvements.

Quand il parle, il n'ose étendre le bras, de peur de toucher la coiffure de la dame de céans ou la cravate de l'invité.

Une église n'est pas une maison de rapport où le locataire du rez de-chaussée peut se faire percer une porte pour ne pas passer devant le concierge.

J'admets encore qu'une église réserve aux descendants de ses preux, qui l'ont fait bâtir ou l'ont comblée de dons, un banc — en tout cas pas sous le nez du prêtre — mais, de là à

abattre ses murs pour se faire un passage, il y a loin. Et les de Ménibus-de-Wittc ne sont pas, que je sache, les descendants des seigneurs de Mesoncelles, pas plus que les bienfaiteurs de l'abbaye de Saint-Denis, puisqu'ils descendent de l'entrepreneur de boucherie Bayard, l'acheteur des biens des religieux.

Il n'y a pas d'église, en France, traitée avec autant de sansgêne.

Malgré toutes ses reconstructions des xvi«, xviF et xviiie siècles, l'église, au milieu du nôtre, menaçait ruine. Les piliers penchés semblaient vouloir s'écrouler, et le clocher, déjà refait au xvi^ siècle, affaissé et découronné, tombait en ruine.

En 1861, on commença une première restauration, il est vrai, mais qui la dotait des plafonds qu'on sait, et aussi d'une annexe donnant dans la chapelle sud, petit bâtiment champêtre destiné à faire une sacristie, et que les habitants baptisèrent spirituellement du nom de laiterie: qui, jusque dans ses pierres tombales, arrachées au sol et fixées au mur, la souillait de plâtre et de chaux criarde; qui remplaçait ses vieux vitraux de Pierre Raynier, par des verres de couleurs à tant le mètre, et ses dalles antiques, par des carreaux noirs et blancs les mêmes que ceux de la salle à manger du Père Bayard.

En 1876, on la continuait en changeant ses anciens bancs lourds et massifs, où tant d'illustrations étaient venues s'asseoir, pour des bancs en sapin neufs, et en dispersant ses antiques boiseries. Il ne restait plus que le clocher. Devait-on le supprimer, comme dans certaines églises pauvres ? devaiton le relever sur les plans de l'ancien v

Eh bien, la commune, ne reculant devant aucuns sacrifices, s'imposa bravement ; l'érection d'un nouveau clocher fut déci-

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dée en 1890 et confiée aiissilôl à rarcliitecle qui éleva In jolie église de Viilemareuil (1).

Ce jour-là, les habitants de Mesoncelles et leur curé se sont honorés et, maintenant, ce n'est pas sans un juste sentiment de fierté qu'ils voient le passant admirer le beau clocher de^ leur vieille cité rajeunie, clocher qne ne désavoueraient pas les .Bénédictins eux-mêmes.

Les cloches, sous Teffort du sonneur, retentissent toujours au loin, tristes ou joyeuses, et son horloge, sauvée pendant la guerre, d'une église de Strasbourg, qui tomba sous les obus, fait encore entendre, claires et distinctes, les heures du temps qui apporte l'espérance (t).

Sur un des piliers^ à droite de l'entrée de l'église, rappelant la restauration du clocher, une plaque en fer, que le prêtre a cru devoir pieusement surmonter d'un petit crucifix :

(1) M. Marmollin.

(2) La grosse cloche a eu pour pai'raiii, cii !8'28, I>ouis RniioU Rayard, cl pour niarranie M" Louise n.iyurd ; cl, la pelilc cloclio, même année, a eu pour parrain François Roncin cl pour marraine Sophie Carriale, épouse de r.nichard, de Chanlenioric.

LA RKVOLUTION

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