REPUBLIQUE FRANÇAISE
Clocher crigù en 1800 sous l'adininislralion de M. Pali'ia, Maire ; MM. Honiiefoy (Alf.), adjoint, / U"
Barian (Kdouard). / n
Biivronl. (Eugène), l -^
Engucrrand (Alphonse), ] E
Vignier (Lucien),
Plaisant (Edouard),
Bié (Pierre),
Buvront (Victor),
Cnlinol (Alphonse),
Blondclol (Théodore), curé,
Barba (Gustave^, instituteur, secrétaire de mairie ; Par MM. Dliorbais frères, entrepreneurs, M. Marmoltiii, architecte.
172 MESOXCF.LLES-EN-BRIE
Une belle église, im élégant clocher sont beaucoup pour un pays et ne laissent indifférents aucun de ses enfants, mêmes les moins religieux.
C'est que l'église est l'asile des joies et des larmes; c'est que le clocher est le point de ralliement dans les jours de paix comme dans les jours de bataille. C'est à lui que le conscrit qui part jette son dernier coup d'œil sur la route poudreuse, c'est à lui qu'il confie sa pensée, aux quatre coins du monde, c'est à lui qu'il adresse, à son retour, le premier sourire.
Le jour de la fête d'inauguration du clocher, une foule énorme se pressait dans l'église. On y remarqua la comtesse de Puységur, née du Bouchage, qui chanta avec talent ; M"'eBlancard des Salines, M et M'"^ Fontaine, M'"' Rétif, le comte et la comtesse de Moustiers, M""^ et Mi^"' Delmas (de Sancy), la comtesse de Biencourt, M'"'' Oudot, M^'^ de Cazotte, qui, de ses mains, couvrit l'autel de fleurs; le général du Barail, le vieux compagnon d'armes de Canrobert; le comte Curial, M. Méric, le comte Siaîéon, M. et M^^^ Marotic de la Vendrie, le comte de Maussion, M. de Charnacé (d'Aulnoy), le comte de Lamotle plusieurs officiers de Meanx et le maire, et la mairessc.
M. l'archiprêlre Jarry, de Coulommiers, olFicia/aidé de MiVI. Blondelot, curé de Mesoncelles, de iM. Durvell, curé de Faremoutiers, et du curé de Guérard, labbé Baudoux, âgé de 80 ans.
Mesoncelles-en-Biie, créé par les moiues, rjiii eut l;i visite des savauts, des princes et des lois, (jui eut l'iusigne lionneur d'abriter le premier grand pliilosoplie, le premier courageux éducateur de peuples du Moyen-Âge, Pierre Abeilard, ne semble pas se douter de toutes ses gloires passées.
Ce n'est plus, aujourd'hui, (ju'un joli village allongé et caché dans un pli de terrain, sur un des plateaux les plus élevés de la Brie, à dix lieues de Paris, six kilomètres de la gare de Faremouliers, entre Meaux et Goulommiers.
Il est fait en véritable village d'opéra-comique. Tout y est à sa place.
A l'entiée, en venant de Faremoutiers, seul, à droite, le château à l'aspect monacal : à gauche, l'église, et, à côté, la mairie et la cure; derrière, une léunLon serrée d'habitations, centre du pays, que traverse la grande rue et que pi'olongeut des groupes de maisons disséminées en volées de pigeons.
Sur la hauteur, le cimetière, la salle dallente du ciel, et, en face, au bord d'une luzerne, à l'angle de quatre chemins, une croix de bois vermoulu marquant une tombe, celle d'un désespéré de la vie, d'un pendu. Serré entre ses dents, on trouva ce petit billet, avec ces mots :
« Dans mon armoire, on prendra cent sous pour celui qui me « charira » dans mon champ où je veux être enterré. »
Le territoire a 1,356 hectares.
C'est un des grands de Seine-et-Marne.
Il est borné au nord par les communes de Sancy, Pierre- Levée. et la Haute-Meson ; au sud, par Pommeuse-Faremoumoutiers, Guérard ; à l'ouest, par la Chapelle-sur-Crécy ; à l'est, par Giremouliers et Voisins.
Si son territoire est resté grand, sa population n'a guère cessé de diminuer :
En 1771,85 feux.
En 1827, 510 habitants.
En 1 830, 50G habitants.
En 1857, 450 habitants.
En 1861, 4G1 habitants.
Aujourd'hui, 400 habitants au plus. Pourquoi?
C'est que Paris est proche et qu'il atlire surtout les jeunes pour en faire souvent des malheureux on leur enlever Thonnèteté gardée jusque-là au foyer de la famille.
Autrefois, on disait que si les ouvriers désertaient les pays de grandes cultures, comme Mesoncelles, c'était parce qu'ils n'y trouvaient pas d'industries à exercer, qu'ils n'avaient devant eux que les travaux des champs qui ne pouvaient occuper tout le monde.
Or, depuis la vente par morcellement de plusieurs grandes fermes, les terres n'ont pas trouvé de nouveaux bras.
Ces grandes fermes demandaient de nombreux personnels qui n'y sont plus, et elles sont obligées, plus que jamais, de faire appel aux étrangers, aux Belges principalement, et voilà tout.
Celte diminution de populations est triste et peu rassurante.
Et encore, si elle se fait sentir dans les endroits les plus riches de France, qu'est-elle ailleurs?
MESONCKLLES-K.N-bUlE AUJOURD'HUI l7o
C'est à qui se dérobera au travail de la bêche et de la charrue, à qui sollicitera une place de cantonnier, de garde, d'employé de chemin de fer. Ils croient, les aveugles, que ces places sont semées sur les chemins comme ils sèment le grain.
Si l'homme du pays réfléchissait, il verrait qu"à moins de rester sous le drapeau, il n'existe pas de métier plus beau^ plus libre, plus indépendant, plus sain et plus sûr que le métier de cultivateur.
Il est resté noble.
La Bretagne, où tous les hommes sont braves, toutes les femmes vaillantes, où il n'est pas rare de rencontrer un prêtre qui donne tout ce qu'il a. a vu longtemps ses gentilshommes cultiver eux-mêmes et do leurs mains leurs terres.
Ln Brelagne, ah ! la Bretagne !
Si la France était une femme, a dit Henri iMartin, et qu'on dût la frapper au cœur, c'est eu Bretagne qu'il faudrait enfoncer le poignard.
Qui cultive le sol, sert la Pairie !
Les courageux, les intelligents, les sobres n'ont-ils pas toujours réussi?
Le jour n'est peut-être pas éloigné où nous verrons les villes se rejeter dans les campagnes, comme depuis longtemps nous voyons les campagnes se jeter dans les villes.
Et, du reste, ceux qui ont déserté le pays n'y reviennent-ils pas, le plus souvent ?
Le parisien n'a-t-il pas qu'un désir? Se retirer à la... campagne.
Quand la machine linancière, chauffée à blanc, qui craque déjà de tant de cùlés, en Europe, aura fait explosion, il n'y aura plus que la teire de vrai.
176 MESONCELLES-EN-BRIK
Un pied de terre fait une botte de carottes ; un litre de blé, une bouteille de vin ; un billet de 100 fr. n'a jamais fait les cent sous ou les trois francs que le banquier vous verse au bout de l'année.
Ces cent sous ou ces trois francs ne sont que le résultat de combinaisons ne reposant que sur des conventions fragiles et vaines. >.
Je sais toutes les réponses qu'on peut me laire, mais ces réponses ne prouveront qu'une fois de plus que je suis dans la vérité.
Déroulède, l'auteur des « Chants du Soldat », vient défaire paraître ses (.< Chants du Paysan » .
Je ne résiste pas au plaisir de citer cette ronde :