‹ Mesoncelles-en-Brie (dépendance de l'Abbaye de Saint-Denis). Abeilard et HéloîseChapitre 4 sur 21 · ANCIENS FIEFS · texte numérisé non relu

ANCIENS FIEFS

Il y avait à Mesoocelles de nombreux fiefs :

« Baleine », fief-ferme.

« La Borde-Cerqueux », déclaré, en 1540, au bailliage de Meaux, « le fief de la Borde de Sergneulx-les-Mesoûcelles, que tient Antoine de Buz, seigneur de la Haute-Maison, en ses mains, redevable audit seigneur de 17 s. 6 d. de menus cens par chacun an » .

En 1C83, la ferme de Cerqaeux appartient à Pierre Lambert, valet de chambre de S. A. Mademoiselle d'Orléans, duchesse de Montpensier. Demeurant aux Bordes, près Saint- Augustin. Il meurt à Cerqueux vers 1586 (bailliage de Mesoncelles).

De 1693 à 1695, Cerqueux appartient à François Benoît, procureur du roi en l'élection de Goulommiers, qui demande à réunir le chemin, dit de la Loge-au-Bailly, qui passe le long de son mur, à sa ferme, et à le remplacer ailleurs. Entièrement ruiné. (Bailliage de Mesoncelles.)

L'abbé Lebœuf, dans son Histoire de Pavis^ dit que Cerqueux vient de sarcophage, et qu'il ne doute pas un instant qu'on ait donné ce nom à cet endroit de Mesoncelles à cause des cercueils qui y étaient exposés en vente ou qui y étaient employés à conserver des corps, A Cerqueux il y avait, du reste, un couvent de religieuses, et on y enterrait.

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Autour de son emplacement, les maçons, en construisant, rencontrent encore, dans les anciennes fondations, des tombes et des ossements épars.

La chapelle aurait été détruite par le feu du ciel à la fm du siècle dernier.

N'est-ce pas le couvent des sœurs de Gerqueux qui remplaça le prieuré de Sainte-Marguerite de Montgodefroy ? Et n'est-ce pas à Gerqueux, auprès des sœurs gardes-malades, qu'Anne de Montcornet vint chercher la délivrance?

« A la fin du xyf siècle, une femme, nommée Anne de Montcornet (1), voulut renouveler, à Meaux, l'exemple de vie de recluse du moyen-âge; elle se disait prieure de l'ordre de Saint- Ambroise de Padoue, et obtint de M. de Vitry, gouverneur de la ville, un terrain, où on lui construisit une petite retraite, dans laquelle elle vécut enfermée avec une servante, la sœur Libella, Italienne, sans doute.

« Anne devait passer sa vie dans sa cellule et y être enterrée. Mais au bout de trois ans, une grossesse s'étant déclarée, elle sortit, alla faire ses couches à Mesoncelles et ne reparut plus. »

« Le Chemin », ferme; en 1670, à Marie-Ant. La Guillaumye, seigneur du Ghemin :

Les La Guillaumye ont habité Goulommiers et Grécy. L'un d'eux était notaire à Grécy.

« Le Petit-Mesoncelles », habitation des Bénédictins de Saint-Denis.

« Ghantemerle », fief cité dans le Cartulaive de Sainle' Foy du xii« siècle -- De Cantumeiio.

(1) Rochard. T. I, p. ci, 397. — Carro, p. 308.

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« Meroger », ou mieux « Mairauger » (de Mezo-Augerr^ fief, Druiiaz de Mezo-Augeri^ deviens.

Il y avait Meroger-le-Gueux et Meroger- la- Folie. Dès avant le xvp siècle, il appartenait aux Bénédiclins de Saint-Denis,

Le Chapitre de Meaux possédait, en 1320, le fief de Meroger. En 1563, il l'aliène.

Messire de Hidrequan, adjudicataire de la seigneurie de Meroger, vendue au présidial de Meaux, paie 880 livres « pour la Finance ».

Le 29 août 1G31, un arrêt du Parlement autorise le Chapitre à faire les poursuites nécessaires pour rentrer dans le fief ci-devant aliéné.

« Montbenard », ferme, dont les carrières de pierres sont réputées.

Louis XIY, ou plutôt Colbert, désigne ces carrières par « les pierres nécessaires aux réparations du château de Montceaux » (1). Déjà, eu 1514, on voit que les boulets en pierre do Montbenard sont fabriqués à Meaux (2).

La ferme de Montbenard avait été acquise, le 7 mars 1040, par Ant. Despinas, écuyer, seigneur de Montblin, qui épousa, eu IG80, Marg. Desmoulins.

En 1680, Charlotte de Bardesard, épouse de François Despinaz, écuyer, seigneur de Montblin, meurt à Montbenard, paroisse de Mesoncelles, laissant Christophe- Jacques, François, Henry, Charles-Dominique et Charlotte-Rolande Despinas.

« Montgodefroy », fief, ancien prieuré, sous le titre de Sainte-Marguerite, et dont la chapelle est mentionnée en 1540,

(1) Cliâleau de la Belle GabiicUe.

(2) Rocbard, p. 831.

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dans l'inventaire des déclarations des fiefs et arrière-fiefs du bailliage de Meaux : « Damoiselle Anne de Volant, femme séparée de André Leroy, dame de la terre et seigneurie de Monlgodefroy, lui appartenant en propre, déclare une maison où il y avait anciennement un château, cour, granges, estables, fossés, jardins, trois étangs de iO arpents d"eau, et environ 180 arpents de terre et pré. Haute, basse et moyenne justice, toute ladite seigneurie de Moutgodefroy, que ladite damoiselle tient en foyet hommage de G. de Buz, écuyer, seigneur de la Haute-Meson. »

En décembre I35G, une charte de Philippe, évêque de Meaux, et de MM. du Chapitre cathédral, est signée pour 1 "union de la chapellenie de Montgodefroy, paroisse de Mesoncelles, à la collation de l'évêque. L'évéque et le Chapitre se réservent la nomination, par moitié, des desservants desdiies chapellenies et dites paroisses.

. En i48o, Anne de Cuisse, veuve de Jehan Rappine, coup, maître d'hôtel de feu Louis XI, fait saisir, à cause de sa seigneurie de Montgodefroy, des arrière-fiefs à Sancy, pour lesquels elle n'a pas reçu foi et hommage.

Avant 1587, Anne VoUeau, dame deMontgodefroy-en-Brie, femme de André Le Roy, chevalier, seigneur de la Rodiére-en- Touraine, reçoit foi et hommage de Christophe de Hidrequan, écuyer, seigneur de Mesoncelles-en-Partie, pour les quatre parts sur six du fief du Colombier, au fîuage de Mesoncelles.

Et ensuite Christ, de Hidrequan rend hommage de son fief du Colombier à Antoinette Rebours, veuve de François Sevin, conseiller du roi en sa Cour des aides, dame^dè Montgodefroyen-Brie.

Pierre Grassin, yicomte de Busancy, de Sens, conseiller au

Paiiemect de Paris, fondateur du collège de Grassin, était seigneur de Montgodefroy et de Quincy. Il avait épousé, en 1548, Marie Courtin de Pomponne. Il mourut le 18 novembre 1589.

Son fils Pierre fut également seigneur de Montgodefroy, Quincy, Bombon. Mort peu après son père, il finit la branche aînée.

Dans son testament de mai 1492, Blanche, duchesse d'Orléans, laisse à M^ Jaqueline de Juilly, dame du Tremblay, ses petits tableaux qui sont pour le petit autel, et divers legs à Blanchelte de Montgodefroy, à Blanchetle de Vincy et à Jehan de Vincy, à Adam de Montgodefroy, ses écuyers, chacun 16 livres parisis.

En 1 758, une sentence de la prévôté de Quincy, cite François Boula de Dourlon, chevalier, seigneur de Quincy, Charny, Montgodefroy, Mareuil, Nanteuil, Coulomme, Couilly, Saint- Germain et autres lieux.

Arrière-fiefs de Montgodefroy (i) :

« Roizé » ou « Roëze » est évalué à 60 livres de revenus, en 1695, par le sieur d'Entraigues, secrétaire du roy et conseiller au Parlement, qui le tenait alors.

(I Montaudier », ferme, et « Lamothe », ferme et prévôté.

De 1085 à 1691, le prévôt de Lninothe est Nicolas Houdet, prévôt de la justice de Coulomraes.

En 1672, la ferme de Lamothe appartient à Grégoire-Fran-

(1) Dauvergne.

ANCIENS FJEFS 03

çois de Varade, éciiyer, seigneur de CharDier et de Lamolhe, demeurant à Moret. (Bailliage de Mesoncelles.)

« Guerard » ou « Guibrard », ferme.

Le « CouUombier », fief, que tiennent Christ, de Hedrigan et ses sœurs Claude-Marguerite et Jehanne de Hedrigan ; « vaut ladite terre de Monlgodefroy 20 livres par an, 10 à 12 muids de grain, 2 tiers en blé, l'autre avoine, 12 poules, 12 chapons, 2 douzaines de fromages et 2 douzaines d'angelols. »

En 1695, le fief de Montgodefroy appartient à M''^ Gh. Sevin, chevalier, sous-brigadier des mousquetaires du roy.

« Le Pré-aux-Rats ». Cette ferme est achetée en 1713 par Boula, chevalier, seigneur de Quincy, de la fille de Jacq. d'Espinas, chevalier, seigneur de Mesoncelles-en-Partie, et veuve du Rivet de Rouville.

En 1701, un procès est intenté àFrançois-Domin. du Rivet, demeurant au Pré-aux-Rat, par Denis Chemin, de Crécy, pour son frère Jean qui, revenant du pèlerinage de Saint-Fiacre, le 10 septembre, avec Gastelier, charretier à Jouy-le-Châtel, et sa femme, avait pris une poire en passant au Pré-aux-Rats et a aussitôt reçu un coup de bâton sur la tête par ledit du Rivet. (Il était jeune, de grande taille, chapeau retroussé, visage maigre, cheveux plats et châtains, culotte rouge, bas blancs.)

En septembre 1709, François-Dominique du Rivet, seigneur du Mesnil, mousquetaire de la l»'^ compagnie, mourut au service du roi, à l'armée de Flandre.

Louis-Charles du Rivet, seigneur de Rouville, était mort laissant sa veuve Charlotte-Rolande Despinat, demeurant à Corbeville, paroisse de Giremoutiers, avec des enfants qui héritent de leur oncle, et en 1710, Charlotte-Rolande d'Espi-

04 MESO.NCELLIS-EiN-DRlE

nas, veuve du Rivet, et ses enfants, font faire inventaire des papiers de la succession de F.-Dom. du Rivet, seigneur du Menil, et en qualité de nobles, elle et les héritiers, ne peuvent être traduits en première instance « devant autre juge que celui de Mesoncelles. »

En 1713, Charlotte Despinal, veuve du Rivet, « entretient commerce charnel » avec un de ses charretiers et accouche le il juillet (1). Des dettes la forcent à vendre la ferme de Corbeville 14,000 livres. Mais cette ferme, qui appartient à ses enfants, vaut plus, et le marché est cassé.

Vers 17iO, les enfants voulant s'équiper et servir le roi, vendent la ferme du Pré-aux-RaLs louée 700 livres. On leur eu offre 34,000 Ijvres, plus une épée à chacun d'eux, et um garniture à la damoiselle. Le tout est accepté par les parents du côté paternel.

Le 27 novembre 1722 est inhumé, dans l'église de Mesoncelles-en-Brie, messire Louis-Charles du Rivet, écuyer, seigneur de Rouville, décédé le 23^ au Pré-aux-Rats (2).

La sixième partiedu fief du Goulombier, assis à Mesoncelles^ mouvant de Montgodefroy, vaut, toutes charges déduites, (i livres 10 sous par an.

La sixième partie de trois fiefs^ assis à Mesoncelles, mouvant du révérendissime cardinal de Bourbon, à cause de la terre et seigneurie de la Loge Saint-Denis, vaut 15 livres par aU;, toutes charges déduites, déclarés avec plusieui's autres fiefs par Antoine de Renuzart, écujer^ seigneur de la Raire de Sains, 9 novembre lo40.

(1) Bailliage de Mesoncelles.

(2) Reg. par. de Mcsonccllc?, près Crccv,

ANClEXS FltFS 93

Paviie du fief, terre et seigneurie de Mesoucelles, tenue en plein fief, foy et hommage du cardinal de Bourbon, abbé de Saint- Denys en- France, à cause de la seigneurie de la Loge- SaiutUenys, vaut, toutes charges déduites, 40 livres par an.

Le fief du Coullombier, mouvant de Montgodefroy, vaut, toutes charges déduites, 19 livres par an.

La sixième partie du fief de Mesoncelles, tenu dudit cardinal de Bourbon, vaut 13 livres par an. Déclaré par Nicolas de llecques, écuyer, 9 novembre loiO.

Le fief de Aucourt, sis à IMesoncelles-en-Brie^ mouvant en plein fief à une seule foy et hommage de Jacques de « Ilidregiian », à cause de sa seigneurie de Mesoncelles, consiste en 10 arpents de prés, terres^ auxquelles il y a maison, coulombier et fosse à poissons, donnée à rente à perpétuité dès fan 14G9, revenus en avoine et bled; le quart diin chapon, le quart de trois parts d'un chapon, etc.,. Déclaré le 7 avril 1340 par Agnès, veuve de feu J. Aucourt, écuyer. ayant la garde noble de Ch. et Peretle Aucourt, ses enfants.

Le fief des Grandes Dixmes de Mesoncelles, mouvant du seigneur de Mesoncelles. Déclaré par noble homme Denis Aucourt, au nom et comme curateur de J. de Pampelune, fils de noble homme de Pampeluue et Didière Aucourt, sa femme.

Un fief, sis à Mesoncelles, appelé le fief des Pitaux, mouvant, en plein fief, de Christophe de « Hedriguain », sieur en partie dudit Mesoncelles, qui consiste pour la moitié une année, le quart et autre année suivante, la moitié des grandes et menues dixmes dudit Mesoncelles, vaut par an 14 livres.

Pitaux, le fief de Pitaux, assis à Mesoncelles, appartenant

au sieur Abbé de Saint-Denis-en-France, évalué 6 livres. Ledit sieur Abbé est exempt.

Arrière-ban de 1695.

La Morlière, dite Tuilerie.

Le Merisier, ferme.

LES IMOINES DE SAINT-DENiS

Les moines de Saint-Denis suivirent, jusqu'en 1633, là règle austère de saint Benoît. Mais à partir de 1633, ils embrassèrent la réforme de la congrégation de saint Maur, ei la règle ancienne se relâcha.

Saint-Denis était arrivé à son apogée.

Toutefois, les moines conservèrent leur bréviaire particulier, bréviaire bénédictin, mais additionné de quantité d'oraisons sur les rois dont ils gaidaient les tombeaux. Ce bréviaire était manuscrit, et cependant le bréviaire avait été imprimé eni France en 1550, par Nicolas Demousliers^ au prix de sept livres tournois « ung graduel de l'Eglise là ou Ton chante les olFicesdela messe. »

On peut se demander comment les Bénédictins de Saint- Denis, qui portaient le flambeau qui éclairait le monde, n'aient eu le bréviaire imprimé qu'en 1550, si tard, quand la Bretagne^ qu'on dit si arriérée, l'avait déjà depuis cent ans.

Le premier bréviaire fut, en effet, imprimé en 1480 par Pierre Du Chaffault, le grand évoque de Nantes.

Curavit vir reverendiis D.D. Petrus Duchaffaiilt, Episcopus Nannctensis ni breuiaria sua ubique gens Britanica haberet. Ideoqiie ea impriiiii mandavit, ut mu essent lanliim lUteris veritm el'iam ut castigatissima sui omnes haberent el lenerent.

98 MESONGELLES-EN-BRÎE

Avant cette édition, les ecclésiastiques de Nantes et du diocèse ou ne disaient point de bréviaire ou allaient à l'église le dire, à l'aide de quelques bréviaires manuscrits qu'on y tenait à la chaîne et qui n'en sortaient point.

L'église de Saint-Nicolas de Nantes en avait quatre de cette espèce et un ordinaire au Directoire.

« Le bréviaire de Pierre Du Chaffault, dit Nicolas Travers {\), « est le premier bréviaire imprimé qui ait paru, non seule- « ment en Bretagne, mais en Europe. Il fut imprimé à « Vannes Veneiiis, que je pense, dans cet endroit, signifier • Vannes plutôt que Venise, l'art d'imprimer ayant été exercé t en Bretagne presqu'aussitôt qu'il fut inventé. Guillaume » Touzé et François Renner de Hailbrunen furent les éditeurs « et imprimeurs.

« Toutes les feuilles de ce premier bréviaire de Nantes sont « numérotées en chiffres arabes, dont on croit communément € l'usage beaucoup plus récent en France. 11 a d'ailleurs plu- » sieurs autres singularités remarquables...

0 Notre évéque Duchaflfault donna encore, en 1482, un « missel à l'usage du diocèse de Nantes, en caractères un peu « gothiques et sans numéros sur ses feuilles.

0 Trois Italiens l'imprimèrent à Vannes Neneliis, a la e requête du Révérend Père en Notre Seigneur, M. Pierre « Du Chaffault. »

Ici, qu'il me soit permis de ne pas être, sur ce points de l'avis de Travers.

Je crois, avec Dugast-Matifeux et d'autres historiens, que

(t) Nicolas Travers. Histoire ecclésiastique et civile de Nantes. T.A. P.P. 173, 174, 180.

Venetiis est pour Venise et non pour Vannes. Pierre Du Chaffault était très attentif à tout ce qui se passait dans le monde, et particulièrement en Italie et à Rome, où il alla plus tard trouver le pape, « au nom du duc de Bretagne, son souverain « et son parent (l), et au nom de sa Bretagne bien-aimée. »

Mes papiers de famille et ceux qui sont aux archives de Nantes, le prouvent une fois déplus. Mais^ imprimés à Vannes ou à Venise, le premier bréviaire et le premier missel, n'en ont pas moins été donnés à la Bretagne et à l'Europe par le saint évêque de Nantes, Pierre Duchafïault, mort en état de sainteté en 1488.

Toutes les fois que je vois le bréviaire entre les mains d'un prêtre ou le livre de messe entre celles d'une femme, je ne puis me défendre de cette pensée : C'est pourtant un des miens qui les a inventés.

Le premier bréviaire et le premier missel imprimés sont au musée de Nantes.

Travaux des champs.

Suivant la règle, l'abbaye de Saint-Denis devait avoir cent membres, les commis laïques, les petits novices^ les profèsconvers, les profès de chœur.

A partir de la réforme clunesienne, les religieux travaillent moins eux-mêmes, mais ils n'en font pas moins travailler, sous leurs yeux, les colons, les ouvriers, les cultivateurs.

(1) Du Chaffault, Juveigneur des comtes de Nantes, ^De la Nicol- 1ère, arctiivisle de Nantes, Beauchet-Filleau, etc.)»

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Auparavant, Mesoncelles avait vu les moines levés avant le jour, se mêler aux travaux agricoles, le livre d'une main, la pioche de l'autre, allant anx champs, sarclant les mauvaises herbes, labourant, passant les graines, semant, faisant le pain et soignant la vigne, qu'ils avaient plantée dans le pays. Ce qu'on appelle le vignoble entre Saint-Augustin et Faremoutiers, et entre Mouroux et Guerard, a été planté par eux, comme tout le vignoble d'Argenteuil.

Pendant les travaux, ils entonnaient le chant des psaumes et d'hymnes, et pendant les repos, à midi et le soir, sous quelques arbres séculaires, le doyen leur faisait une lecture aux champs.

Le coucher et le lever.

Le coucher était sonné à sept heures moins le quart en hiver et à huit heures moins le quart en été.

Après le coucher, le doyen conmiençait sa ronde, une lanterne à la main, parfois accompagné d'un serviteur, et s'il trouvait quelque chose d'irrégulier, il sévissait sévèrement.

Les chiens de garde aussitôt étaient lâchés, car il y en avait toujours dans les demeures monastiques. Les moines à Mesoncelles en avaient plusieurs, et à l'abbaye beaucoup. Ils aimaient les chiens sans doute aussi depuis qu'ils connaissaient les hommes.

On trouve, dans les archives de Saint-Denis, des dépenses très fortes pour ces pauvres amis de la maison.

Les moines couchaient tout habillés, et à deux heures du matin, en toute saison, ils devaient se lever et se rendre à l'office de nuit, qui durait une heure-

LES MûlNKS DE SAlNT-DEiNIS 101

Ils rentraient alors se coucher, et à quatre heures, ils se relevaient pour chanter matines.

Les repas.

Le religieux bénédictin ne faisait qu'un ou deux repas, le diner à 10 heures, le matin, le souper à 5 heures le soir. Mais dans les jours de jeûne, dans les temps de vigile, de l'avent et du carême, le dîner était supprimé.

Il avait une ration de vin journalière appelée une hemiue, c'est-à-dire un demi-setier, qui devait être mêlé d'eau. « Quiconque boira du vin sans eau, hors de nécessité, s'abstiendrcà de vin autant de fois, dit la règle de saint Benoît. »

Il était défendu à un Bénédictin de prendre quoi que ce fût entre ses repas, à moins que lé prieur ne juge nécessaire un verre de vin aux forces.

Dans ce cas, le prieur emmenait ses religieux au réfectoire et leur donnait « la charité de la coupe ».

Le repas du Bénédictin était des plus austères. Il consistait en un potage de légumes secs, jamais frais, haricots ou pois, ou une écuellée d'herbes potagères bouillies, telles que de la poirée ou des épinards. Ces légumes étaient accomodés au jus de lard, à la graisse ou à Thuile d'olive. Mais pendant les soixante-dix jours qui précèdent la Pâques et dans tout le temps de Pavent, ils étaient accomodés simplement à l'eau, relevée de poivre et de sel. Quelquefois les légumes étaient remplacés par la pitance, />/7f(«im, ou le generet, les jonrs seulement qui n'étaient pas jours d'abstinence ou déjeune.

La pitance se composait de quatre œufs ou d'un maquerel frais, ou d'un autre poisson, et« en doit avoir chascun moyne

un », OU bien encore d'une tranche de fromage cru. Le generet se composait « d'un niaquerel salé chascun un » ou cinq ou six œufs frits pochés au « sayn », à la graisse ou à l'eau, selon les jours.

La pitance et le generet servis dans une petite assiett3 ou écuelle appelée patène, étaient pour deux qui mangeaient dans celte môme assiette.

Un petit pain rond, du poids d'une livre, sur lequel était dessinée une croix, complétait le repas, que saint Bernard trouvait encore trop copieux.

Il prétendit qu'on ne devait pas servir les œufs de différentes façons, frits, rôtis, sautés, pochés, durcis, baignés dans différentes sauces, en omelette, farcis, brouillés, gratinés, mais d'une seule, cuit dans leur coque.

Cependant, aux grandes fêtes de l'année, aux jours d'obits des princes, des souverains, aux anniversaires des bienfaiteurs de l'Ordre, ces rations de vin, ces portions de légumes, d'œufs ou de poisson étaient augmentées.

« Il y a des jours dans l'année où on doit avoir bon vin, aux festes doit avoir chascun moyne sa chope. »

La part des pauvres, prélevée sur celle des moines, était mise de côté.

Jamais de viande de boucherie ou de volailles, si ce n'est le dimanche, le lundi et le mardi de Pâques et pour les malades de l'infirmerie.

Mesoncelles envoyait alors à Saint-Denis sa cote-part d'oies, de poulets, elc.

Les repas des funérailles et couronnement des rois.

Les jours des funérailles ou des couronnements des rois, reines ou princes ou princesses du sang, Tabbaye servait, dans le réfectoire, un repas considérable.

Ces repas étaient aux frais du trésor royal, dressés par ce qu'on nommait « la bouche du roi ».

Le jour des obsèques de Louis XII, il fut compté à l'abbaye de Saint-Denis 400 livres pour l'assistance aux funérailles et 400 livres pour le repas.

De grandes libéralités aussi aux funérailles d'Anne de Bretagne, où presque tous les corps d'Etat présents à la cérémonie furent servis au réfectoire. Après la cérémonie funèbre de Louis XIII, toute la cour. Quatre tables furent dressées, et de plus celle de la Chambre des comptes et celle de la Cour des aides.

Après l'enterrement d'Anne d'Autriche, plus de quatre cents couverts, avec les prélats, les ambassadeurs, le Châtelet, l'Université. Mais le festin funèbre le plus nombreux et le plus plein d'apparat fut celui de Marie-Thérèse d'Autriche. Plus de 4,000 indigents furent servis dans la cour des Récollets.

Quand un souverain venait à Saint-Denis se reposer des fatigues du gouvernement, sa visite entraînait la présence de nombreux personnages; de grands repas étaient encore servis, mais les religieux ne s'y asseyaient pas.

Tous les ans, un déjeuner était donné aux Gent-Suisses et aux gardes-du-corps les jours anniversaires de la mort de Louis XIV et de Louis XV.

Tous les repas, quels qu'ils fussent, des Bénédictins, étaient

précédés et suivis du Benedicite, et pendant ces repas, un religieux faisait la lecture à haute voix.

Le service de table du moine.

Le service de chaque moine se composait de la patène, ou assiette^ qu'il lavait lui-même, un couteau et une tasse d'étain, ou écuelle, et une « juste » coupe qui contenait trois chopines à la mesure de la ville de Saint-Denis. La fourchette, qui ne date que de Charles V, ne fut admise que bien plus tard. A l'abbaye même, la tasse d'étain ou écuelle, était en argent.

Les religieux de Saint-Denis semblent avoir vécu généralement fort vieux.

Une nourriture légère, composée de poisson, surtout d'eau, douce, de légumes, d'œufs et d'un peu de vin, le jeûne, le travail, la règle, sont meilleurs à l'homme que la bonne chère, Tabool et le repos.

L'ameublement.

L'ameublement d'un Bénédictin, de la chambre dans les villœ ou celles, de la cellule dans le monastère, était bien fait du renoncement monastique. Aucun parfum, rien de ciselé ou gravé, ni aucun objet d'or ou d'argent, ni peinture, ni objet d'art.

C'étaient : un siège de bois ou de paille, un prie-dieu, quelques in^ages, un chapelet, une petite table, une tablette avec des livres, un chandelier de fer ou de bois, un lit sans rideau, avec une couverture, une courroie tendue pour sus-

LES -MOINES DE SALNT-DEXIS 105

pendre la serviette, im peigne de bois et le couteau, et une gaîne avec l'aiguille et le fd.

Le couteau, Taiguille et le fil devaient être portés toujours par le moine.

Le luxe de Saint-Denis.

Encore une fois, ces prescriptions furent souveqt enfreintes à Saint-Denis même.

Les rapports de Tabbaye avec le roi et les grands firent déroger souvent la règle.

L'abbaye avait sa vaisselle plate, d'or et d'argent, et jusqu'à ses bréviaires, comme celui du frère de Gyvès, en maroquin rouge, constellé de fleurs de lis d'or et semé des plus riches ornements, étaient des chefs-d'œuvre de reliure.

Les abbés, surtout, qui souvent se rendaient à la cour et étaient chargés des plus hautes missions diplomatiques, s'entourèrent, à certaines époques, du plus grand luxe, traînant avec eux le plus magnifique appareil.

La splendeur de ces prélats^ dans les occasions solennelles, était extraordinaire.

« Suivis, par honneur, de leurs religieux, bénéficiers ou grands officiers, escortés de leurs grands vassaux et de ceux de l'abbaye même, tous choisis parmi la plus haute noblesse de France, suivis, à l'imitation des plus grands seigneurs du royaume, d'un grand train de chevaux, ornés de caparaçons à écussons armoiries, ils effaçaient, par Téclat de cet attirail, la plupart des évoques, archevêques ou cardinaux du royaume.

Leur costume et leur mître, qui étaient obligatoiremept

lOG MESONCELLES-EN-BRIE

d'un tissu simple et uni, ruisselaient de joyaux, de camées et pierreries.

Saint Bernard, qui prêchait l'austérité, s'écriait alors : Estce une preuve d'humilité dans un abbé de s'entourer d'un si grand nombre de domestiques, plus qu'il n'en faudrait pour deux évêques ; d'emmener avec lui, comme un seigneur châtelain ou un prince, quarante chevaux^ d'emporter, toutes les fois qu'il s'éloigne de quatre lieues de son couvent, du liogede table, des plats, des coupes, des flambeaux, des lapis et de la literie, comme si l'on ne pouvait pas boire dans le même vase avec lequel on verse de l'eau sur ses mains, comme si un seul domestique n'avait pas le temps de mener le cheval à l'écurie, de servir à table et de faire le lit. » (i).

La mort.

Quand un bénédictin se sentait gravement malade, il se rapprochait, autant que possible, de Saint-Denis, son cimetière.

Sur le point de mourir^ le prieur lui donnait l'absolution, et il était porté par deux frères devant la communauté pour recevoir le sacrement de pénitence. A genoux et prosterné, il s'accusait de tout ce qui lui pesait sur la conscience et demandait son pardon. Tous les religieux répondaient amen.

Les deux frères le reconduisaient ensuite dans son lit, suivis d'un prêtre, en froc et en élole, et d'autres religieux por-

(1) F. d'Ayzac.

tant Fencens ou les saintes-huiles, la croix, le rituel et des cierges allumés.

La communauté suivait sur deux rangs. Vivant, on lui rendait déjà les honneurs des morts.

Sur son lit, il recevait Textrême-onction et la communion.

Puis, un cierge allumé entre les mains, il baisait la croix, la dernière espérance, spcs unica, et donnait l'accolade à tous les religieux présents, en commençant par le plus âgé.

Un moine restait auprès de lui, ayant à ses côtés l'appareil du service mortuaire, et lai plaçait devant les yeux le Christ pour lui donner force et courage, lui montrer la mort comme une délivrance.

Dès que l'agonie arrivait, deux frères lais le tiraient du lit, l'ètendaient sur un cilice semé de cendres, en forme de croix, et attendaient son dernier soupir.

Quand ils pensaient que la fin était proche, l'un d'eux allait frapper le timbre sinistre, qui ne retentissait qu'en cas de mort ou d'incendie, et tous les religieux accouraient.

Les moines entouraient alors le mourant et entonnaient le Credo et récitaient les prières funèbres.

L'agonisant mort, les cloches de l'église se faisaient entendre trois fois, annonçant que l'âme d'un de ses frères était rentrée auprès de Dieu.

Le corps, aspergé d'eau bénite, est transporté dans la chambre, et, sur la table des morts (1), est lavé à l'eau chaude, de la tête aux pieds, par deux religieux qui lui bouchent les narines, les oreilles, la bouche, etc., tout en chantant les

(1) Labour dit qu'il y avait dans Tabbaye la chambre et la table des morts.

prières des morts, lui font revêtir la longue tunique de laine, lui ceignent les reins de la ceinture de peau de bœuf noir, lui chaussent les pieds de sandales de laine, ouvertes à Textrémité pour laisser passer les doigts, lui cachent le visage du capuchon cousu de chaque côté, lui croisent les bras sur la poitrine, l'enveloppent du suaire solidement serré, et, enfin, le déposent dans le cercueil ouvert et porté bientôt à bras à l'église, où il reste exposé.

Après TofTice des morts, célébré en grande pompe, le cercueil, accompagné de tous, était porté dans sa tombe, creusée d'avance.

A ce moment, tous les fronts s'inclinent et toutes les voix, dans des chants sacrés, réclament la miséricorde d'en haut pour le bienheureux qui reçoit une dernière fois l'encens et l'eau bénite, et dont le cercueil est ensuite cloué.

Le prêtre fait le signe de croix sur la tombe, y jette trois pelletées de tsrre, en disant : « Je suis la résurrection et la

vie Quiconque croit en moi, ne mourra jamais. »

La tombe recouverte, les cloches se taisent et tout rentre dans le silence.

A Tabbaye, surtout, cette cérémonie était imposante- Plus tard, on gravait sur la pierre de la tombe les qualités du moine, les principaux actes de sa vie et la date de sa mort. Pendant trente jours, une croix était mise sur la table, à sa place, au réfectoire, comme aussi sa portion de légumes et de pain qui était donnée, après chaque repas, aux pauvres.

Trente messes étaient célébrées, à son intention, dans toutes les maisons de Tordre, et une à son anniversaire. Le monde vaut-il mieux que la vie du monastère?

En lo84, nous trouvons dans l'état de la Mense abbatiale de Saint-Denis (I), affermés 5,237 1. 8 sols, par le Cardinal de Guise :

La terre et seigneurie de Mesoncelles,

Les bois de la seigneurie de Mesoncelles,

Les étangs,

Les loges Saint-Denis,

Villiers-sur-Rongnon-en-Brie,

Foy-le-Chastel,

Gouppevroy,

Le fief de Fleury,

Le fief de Bellassise-en-Brie,

(2 tiers froment, 2 tiers avoine).

Le bois du Tremblay,

La terre de Préfossés, près Goulommiers-en-Brie,

(A. 2 muids de froment et 15 septiers d'avoine, mesure de Coulommiers.

Pour se rendre compte de la valeur attachée à une sotnme

1) Reg. mail, des Archives de Fiance, cote B. LL. 1319.

d'argent même encore aux xv« et xvi« siècles, comparativement à nos jours, il faut multiplier cette somme par 40. Ces 5,237 livres 8 sols feraient donc aujourd'hui environ : 209,488 fr.

La journée de l'homme était alors de 2 sous et il était nourri.

Maintenant, elle est de 4 fr. et il n'est pas nourri.

Avec 2 sous et la nourriture, l'ouvrier était donc plus payé qu'aujourd'hui.

A la fin du xvii' siècle, les biens des moines ont coDsidérablement augmenté à Mesoncelles.

En 1697, la Châtelleuie, terre et Seigneurie de Mesoncelles, Villiers-sur-Rongnon-en-Brie, avec haute, moyenne et basse justice, cens, rentes, lods, ventes^ dixmes, champarts, etc., consistait en :

La ferme du château, décrite plus loin ;

La ferme de la Loge-au-Bailly, ou Grande Loge, merveille de la Brie agricole, toute en briques et pierres de taille, eu forme de quadrilatère, ressemblant plus, avec ses quatre pavillons d'aogle, ses douves, ses ponls-levis, à un immense château imposant qu'à une ferme.

Elle fut reconstruite, en l(J83,et reportée plus à l'ouest, en plein sur la grande route. Il fallait passer sous ses hautes voûtes et la traverser dans toute sa longueur, et, pour laisser le passage libre, les ponts-levis des deux extrémités ne devaient être levés, le soir, qu'à partir d'une certaine heure. Plus tard, afin d'éviter une pareille servitude, on fit une route à côté.

Tout y est grand. On sent qu'elle s'inspira de son voisin le château de Goulommiers, dont les plans servirent à la construction du Luxembourg.

il2 MESONCELLES-EN-BRIE

C'est en effet après les visites d'Aune d'Aulriclie et de Louis XIII. au château de Coulommiers, que le Luxembourg fut commencé (1).

Les charpentes de la Loge au Bailly sont extraordinaires. Des Bénédictins seuls pouvaient faire aussi beau.

La ferme de la Loge-aux-Moines, ou Petite Loge, également très vaste et très remarquable ;

La ferme de la Borde-Cerquéux ;

La ferme du Chemin ;

La ferme des Prés-Fossés avec sa grange-aux-dixmes, entre Château et les bois de Morillas, sur le bord du chemin de Coulommiers à Morillas ;

Cette grange est détruite, mais, sur son emplacement, la terre est meilleure encore qu'ailleurs ;

La ferme de La Motte, fortifiée comme la ferme du Château, la grande et la petite Loge, comme, en général, toutes les fermes abbatiales;

(1) Le château de Coulommiers, construit en 16!3, par Catherine de (ioiizagues, duchesse de Longueville, sous la conduite du célèbre architecte du Ry, fut démoli en grande partie en 1730, par Ch. Louis d'Albert, duc de Chevreuse, qui le trouvait trop lourd d'entretien. Il avait coûté 6 millions.

11 fut conhé aux Capucins qui y entretinrent surtout la vaste chapelle et les communs où ils firent leurs cellules.

Avec Celte chapelle et ces communs, il ne reste guère que les deux pavillons d'entrée aux superbes sculptures.

Cette ancienne demeure princièrc, vendue par le duc de Luynes aux de Montesquiou, en 1778, appartient aujourd'hui à un riche industriel, M. Abel Leblanc, qui, respectueux du passé, en tira le meilleur parti. 11 s'appliqua à embellir le parc et les jardins et fit construire un élégant pavillon en avant de la cour d'Iioiiiieur.

Puis tous les étangs de Sourcières, c'est-à-dire :

Le grand étang de la Loge ;

L'étang de la Loge-au-Bailly ;

L'élang de Villiers :

L'étang de la Porte ;

L'étang de la Calabre ;

L'étang du Chesnoy ;

L'étang Neuf;

L'étang de Morillas ;

L'étang de Viarnois ;

L'élang de Laune ;

L'étang d'Artus ;

L'étang du Commandeur ;

Cinq cents arpents de bois, dont la plus grande partie était à Morillas :

Un arrêt du Conseil d'État portait règlement, à 25 ans, des coupes dans les bois de Mesoncelles, et un autre arrêt du Conseil d'Etat, de 1737, permit aux Religieux de l'abbaye de Saint-Denis de taire opérer la coupe du quart en réserve de ces mêmes bois pour achever les bâtiments de leur abbaye, dont le rétablissement avait été commencé 37 ans auparavant et qui était à peine à moitié (1).

En 1700, l'abbaye de Saint-Denis fut entièrement reconstruite. On n'eut pas, toutefois, à toucher à la basilique.

Les dixmes et champarts de Mesoncelles, Villiers, la Haute Meson, Lespinette et autres lieux ;

Une redevance de trois muids de blé et avoine à prendre sur l'abbaye du Ghâge -,

(1) Miniàlère des Finances. Eaux el Forêls. Reg. 26-37.

1 1 4 MES0NCELLliS-EN-i3RlÈ

Les terres et fiefs de Grez-les-Neele, près Rosoy et de Fleury, paroisse de Courpalay :

Le greffe et le tabellionnage de tous ces lieux, domaines et revenus de ces seigneuries, droits venant de Tancien domaine de Saint-Denis ;

Les fiefs du Coulombier, de Meroger, de Chantemerle, reçus de Messire de Boissy, seigneur de La Tombe, et Guillaume Lajus, en échange des bois des Rondeaux ;

Les fiefs de la Marni ère-Lucas ;

De la Prée et d'Aulvers, consistant en maisons, bâtiments, terres labourables, prés, bois, cens, rentes, lods, ventes, dixmes et autres droits et revenus acquis par le seigneur cardinal de Rez, au prix de 31,600 livres;

Les droits et profits des fiefs de Mareuil^ Magny, Saint- Loup, Poincy, Coupevray (1) et autres mouvants de ladite terre ;

L'étang de Francheville avec les deux fourrières, les paslures, les aunaies et toutes dépendances^ etc., qu'au xv° siècle Philippe de Gamaches donnait k l'abbaye de Saint-Denis pour Tentretien d'un calice et des burettes d'or, des chambles, des nappes, des aubes et des corporaux (2) ;

La terre de Loupillon, consistant en cent quatorze arpents déterre, prés, bois, étangs ou fourrières, pastés, avec l'emplacement de l'ancienne ferme, maintenant en ruines^ affermés par bail emphythéotique (pour cent ans), 90 livres ;

La terre du Parc-aux-Bœufs, de cent cinquante-deux arpents de terres et bois à la Haute MaisoU;, affermée par bail emphythéotique à 00 1.

(1) Chàleau apparLeiiaiil aujourd'hui à .M""° la duchesse de Trcvise.

(2) Archives nat. (Abbaye de Sainl-Denis).

On est étonné de voir tant d'étangs dans la chàtellenie, terre et seigneurie de Mesoncelles.

Mais on en a l'explication en se rappelant que l'arpent d'étang se louait presque le double de l'arpent de terre.

Paris ne pouvait pas avoir alors, comme aujourd'hui, du poisson de mer.

Il fallait se contenter du poisson d'eau douce qu'on pouvait encore y amener frais en voiture.

De ces étangs était tiré un grand produit.

De plus, la loi du maigre était autrement observée qu'aujourd'hui.

On mangeait beaucoup moins de viande et plus de poisson.

L'étang de la Calabre était très renommé pour ses poissons.

En 1336, l'abbé de Saint-Denis, Guy de Châtres, fit curer et repeupler le grand vivier de l'abbaye, situé dans l'intérieur de l'abbaye même, avec des poissons transportés du vivier de la Calabre, de la terre et seigneurie de Mesoncelles, moyennant 8 livres 85 sous (1).

Non seulement les moines conservèrent leurs étangs avec soin, mais en creusèrent de nouveaux.

Ils avaient leurs bateaux et leurs pêcheurs à qui ils donnaient une gratification tous les ans, 60 sols par personne.

Malheureusement, l'hiver de 1677 fut si rigoureux que tous les poissons furent étouffés dans les glaces. Il fallut repeupler les étangs.

Aujourd'hui, presque tous ces étangs de Mesoncelles sont à

(1) Registre manuscrit des Archives de France. Cote B. LL., 1319.

116 MESONGELLES-EN-BRIE

sec, comblés, nivelés, drainés, ils foot place à de grasses prairies, à de fortes terres à bié.

La chasse n'était pas moins belle que la pêche.

« Ce lieu, dit Dom Doublet, n'est non plus sans lièvres, lapins et autre gibier que la mer est sans poissons. »

Il est vrai que de tout temps la chasse y fut gardée.

Charles iX, dans des lettres patentes, faisait défense aux habitants d'avoir chez eux des « arbalestres, arcs, haguebuses, collets, fillets, tonnelles, bricolles alliez, furets et autres engins, de tendre des nœuds coulants ou broceller soit par pleume ou par poil, de laisser entrer dans les bois ou la plaine des chiens qu'ils n'ayent un billot ou baston pendu au col et un jarret de darrier couppé. » (1).

Aujourd'hui encore cette contrée, entre Paris et Coulommiers, en passant par Gretz, Armainvilliers, Tournant, Bois- Boudran et autres terres des plus riches et des plus puissants du jour, est bien la plus giboyeuse de France.

La forêt du Méans ou Mans et les bois de Morillas ou de Mesoncelles formaient son extrémité sud, étaient de grandes réserves à gibier.

On y trouvait des cerfs et des daims, et leurs peaux servaient à la reliure des manuscrits et livres des bibliothèques de l'abbaye.

Les abbés Renaud de Giffard et Philippe de Vilelte en employèrent de grandes quantités. Elles arrivaient à Saint- Denis, à dos de mulets. Après avoir été « fardées », elles entraient au « scriplorium » à Pélat de parchemin.

Celte forêt du Mans passa, au xvii« siècle, mais fort

(1) Dom Doublet, Anl. 1179.

réduite, aux de Chaulnes, et la duchesse de Luynes l'appelait dédaigneusement sa « broussaille », bien qu'elle ait toujours été une forêt magnifique et d'une grande valeur.

Elle appartient aujourd'hui à la baronne de Lareinty, marquise de Tholosan, née Sabran-Luynes, femme et belle-fille des courageux députés de la Loire-Inférieure.

Elle habite la le château de Guermande, où elle fait tout le bien qui est en son pouvoir.

Certaines acquisitions se faisaient alors par déshérence.

Des biens restaient incultes, abandonnés ; ils pouvaient être réclamés par le premier occupant.

Voici uDe seotence de 1698 réunissant au domaine de Mesoncelles certaines pièces de terre en déshérence (1) :

Sentence

« A tous ceux qui ces présentes lettres verront Claude Henry, avocat en parlement, bailly civil et criminel du baillage Chastellenie et Pairie des Loges Saint-Denis et Mesoncelles pour Messeigneurs des dits lieux, salut, sçavoir faisons que veu la requeste à nous présentée par les Religieux, Grand Prieur et Couvent de l'Abbaye Royale de Saint-Denis-en-France, Seigneurs hauts moyens et bas Justiciers, Censiers, Voyers et Decimateurs de la Chastellenie, Terre et Seigneurie des d.

(1) Archives nationalts, chambre E, 10= table de la "'3*^ Lravéc, M' boëte.

448 MESÛNCELLES-EN-BRIE

Loges Saint-Denis et Mesoncelles estant de la Manse de la dite Abbaye a ce qu'acte leur soit donné de ce que procédant à la confection du papier Terrier de la d. Terre et Seigneurie de Mesoncelles, il ne s'est trouvé n'y présenté aucun propriétaire' n'y détempleur des vingt six pièces d'héritages, tant maison masure, jardins, terres labourables et près sises sur la dite Terre et Seigneurie de Mesoncelles énoncées en la dite requeste, et en conséquence qu'il leur soit permis faute par les particuliers d'avoir passé déclarations des d. héritages payé les droits seigneuriaux deiibs par Iceux, et attendu qu'ils sont habandonnez de s'en emparer et de les reunir à leur Domaine de la dite Terre pour par eux en jouir en tout droit de propriété faire et disposer comme ils aviseront bon estre : Desquels Maison, Masure, Jardins, Terre et Prés la Teneur suit :

(Ici rénumération, avec dessins, de 26 articles^ maisons, pièces de terre, prés, etc., le tout sis à Mesoncelles).

Vœu aussi les lettres patentes en forme de Terrier accordées par Sa Majesté aux dits Seigneurs Religieux de Saint-Denis, le sixième jour de mars 4683, addressantes à Nosseigneurs des Requestes du Palais à Paris, la sentence de nos dits Seigneurs d'entérinements des d. lettres et plusieurs autres pièces attachées à la dite Requeste signée Le Cœur leur Procureur fiscal de la d. terre seigneurie de Mesoncelles, Tout veu et considéré, Nous faisons droits à la dite Requeste, avons donné acte au d. Seigneurs Religieux de ce qu'ils ont déclaré que dans la perquisition par eux laite, lors de la confection du Terrier de leur dite terre et seigneurie de Mesoncelles, il ne s'en trouve ny présenté aucuns propriétaires ny detempteurs des 26 pièces de maison, masure, jardins, terres labourables et prez, sont et les avons reunys comme terres et héritages vacants et

liabandonnez au domaine de la dite Terre et Seigneurie de Mesoncelles, et en conséquence permis aux dits Seigneurs Religieux de s'en emparer et mettre en possession, en jouir et disposer en tout droit de propriété, amsy qu'ils aviseront mesme d'en percevoir les fruits de la présente année sans préjudice aux dits Seigneurs a leurs droits actions et prétentions aux arrérages des cens et droits seigneuriaux dont lesdits héritages sont chargés envers eux et pour que notre présente sentence soit notoire au publicq, Disons qu'elle sera leûe et publiée au prosne de la messe parroissiale du d. Mesoncelles un jour de dimanche et exécutée non obstant opposition ou appellations quelconque et sans préjudice d'icelles. Fait et rendu par nous Nicolas Raoul, lieutenant civil et criminel du d. Baillage Ghastellenie et Pairie de Mesoncelles, le jeudi 27'' jour de novembre 1698.

« Signé : Camus. »

Plus bas est écrit :

La présente sentence a été publiée et lue au prône de la grande messe paroissiale de l'église de Mesoncelles-en-Brie, par nous prestre, curé de ladite paroisse, le dimanche septième décembre 1698.

Signé : L. Golleau, curé.

Le 15 février 1699. Voici la déclaration des religieux de Saint-Denis, du Terrier de Mesoncelles (1) :

Je voudrais la donner toute entière, dans tous ses articles, dans toutes ses désignations, dans tous ses « lieux-dits », car

(1) Archives du Royaume, sect. domaniale. Bulletin 3179.

120 MESONGELLES-EN-BRIE

elle est bien, pour ainsi dire, le cadastre et le plan de Mesoncelles, mais elle forme un volume à elle seule, et force m'est de l'abréger dans ses détails.

Extrait du Terrier des Loges-Saint-Denis et Mesoncelles, daté au commencement du 21 avril 1G97, ainsi qu'il appert page 22 du dit Registre Terrier, en parchemin, reçu et signé jusques et y compris le fol. 567, par Camus, Tabellion de la chastellenie et pairie de Mesoncelles.

« C'est la déclaration que joignent au présent Terrier MM. les « religieux, Grand Prieur et couvent de l'abbaye royale de « Saint-Denis-en-France, seigneurs de la Chastellenie, terre et t Seigneurie des Loges-Saint-Denis et Mesoncelles-en-Brie, de « tout le domaine qu'ils possèdent actuellement dans l'étendue « de la seigneurie, sur les paroisses de Mesoncelles, la Haute « Meson, Pierre Levée et Giremoutiers, tant en terres labou- « râbles, prés et pâtures que bois et étangs; ensemble des « héritages qu'ils possèdent par déshérence et comme biens « abandonnés, le tout ainsi qu'il sera dit ci-après, et présentés t par le Révérend Père Dom François de Rez, prêtre, religieux < et célerier de ladite abbaye, suivant et conformément, savoir : « pour le domaine des Loges-Saint-Denis et dépendances, à a l'arpentage général qui en a été fait par Claude Lescuyer, « Voïer général de ladite abbaye et expert-juré-priseur et « arpenteur du Roy en titre d'office, en l'année 1696, et ainsi « qu'en jouissent actuellement les dits seigneurs ; pour le « domaine du château de Mesoncelles, à Tarpentage et bornece ment qui en vient d'être fait à leur requête, parties intéres- « sées duement appelées par le dit Lescuyer, comme appert « par son procès-verbal du onzième octobre dernier et jours « suivants; pour le domaine de la terre et seigneurie de

« Lamotte, suivant le dit arpentage général, et qu'ils en sont « aussi en possession ; et pour les terres et héritages qu'ils « possèdent comme biens abandonnés, en l'état qu'ils ont été « trouvés lors du dit arpentage général, aux protestations 0 néanmoins que fait le dit Dom François de Rez, que la préce sente déclaration ne pourra nuire ni préjudicier aux dits « sieurs religieux pour les héritages sur eux usurpés, pour « le recouvrement desquels ils se réservent à en faire leur « demande, ainsi qu'ils aviseront bon être; desquels domaines « la teneur suit » :

Les Loges-Saint-Denis, anciennement la Loge au Bailly, et à présent les Grandes Loges, à la différence des Petites Loges, dont sera parlé cy-après :

La ferme ou château qui est le chef-lieu de la dite seigneurie des Loges-Saint-Denis, appelées à présent les Grandes Loges basties à neuf, sis partie sur la paroisse de la Haute Maison, et l'autre partie sur Pierre Levée, consistant en plusieurs corps de logis, écuries, granges, bergeries, vacheries, toits à porcs, colombier au-dessus d'une des deux grandes portes de la dite ferme, cour entourée des dits bâtiments, dans lesquels il y a six pavillons qui font saillie par dehors, ponts-levis à la sortie des deux grandes portes, fossés en partie autour des dits bâtiments, etc., etc., et de attenant 320 arpents environ de terres labourables et prés (1).

(1) Noms cités : Gruyé, Protêt, Catherine Bourgeot, Mlle Thierry, des Fossés, Jeanne de Guiborat, François du Rivet de Rouvilie, Louise Cosset, Nicolas Houdet, propriétaires, Guichard, fermier de la Grande Loge (1698), Claude Berthereau, notaire à Coulommiers (1676), Tristan Perier (2), procureur au châtelet (i690) Opoix, tabellion à Guérard (1685), Denis Camus, tabellion de Mesoncelles (1690).

(2) Ancêtre de M. le Président de la Républirjue, Casimir-Perier,

122 MESOiNCELLES-EN-BRlE

Domaine de la Petite Loge on la Loge-aiix- Moines.

Une ferme appelée la Petite Loge, sise en la paroisse de la Haute Maison, de la Seigneurie et Chastellenie des Loges-Saint- Denis, consistante en un corps de logis, deux granges, l'une nouvellement bâtie, écuries, vascheries, bergeries et toits à porcs, coulombier, jardin clos de murailles, cour, pâturages, le tout enclos de fossés, etc., etc.. et de attenant 520 arpents de terres labourables, prez et garenne (1).

S'ensuivent les autres étangs fou terres) dans détendue de la dite seigneurie-:

L'Etang neuf, 16 arpens et demi.

L'étang de Laporte, 27 arpens un quartier.

L'étang de la Calabre, 40 arpens.

L'étang du Chenet, 4 arpens 30 perches.

L'étang de Francheville. 68 arpens et demi.

L'étang de Morillas, 38 arpens et demi.

Un carrefour, la moitié d'un arpen.

La Petite Sourcière de l'Epineuse^ 5 arpens 82 perches.

La Grande Sourcière de lEpineuse, 16 arpens et demi.

L'étang du Commandeur, 18 arpens et demi.

Le grand étang de Saint-Denis, 215 arpens.

L'étang du moulin, 20 arpens.

Deux arpens en pâture.

L'étang du Yiarnois, 20 arpens 1 quartier.

La Petite Sourcière de l'Aune, 4 arpens 1 quartier.

L'étang Artus, 4 arpens 8 perches.

(I) Noms cilés : Jean Jama, fermier de la Petite Loge (1608), Pinson (1682).

Soit plus de 500 arpens d'étangs, terres ou pâtures (1).

S'ensuivent les bois dans l'étendue de ladite seigneurie :

Le Bois du Viarnois, HO arpens 87 perches.

Le Bois fermé, 56 arpens.

Le Petit Bois d'Harcerie, 8 arpens et demi.

Le Bois des Boulleaux, 7 arpens 70 perches.

La Grande Pièce du Parc-aux-Bœufs, 30 arpens.

La Petite Pièce du Parc-aux-Bœufs, 7 arpens 37 perches.

Le Bois de la Petite Loge, 40 arpens.

La garenne de la Petite Loge, 10 arpens 12 perches.

Le Grand Bois d'Harcerie, 21 arpens.

Le Bois des Pourpres, 8 arpens 10 perches.

Le Grand Bois de Morillas, composé du Bois Picot, 129 arpens 64 perches, du Bois des Fresneaux, 93 arpens 4 perches, et de la Vente Carrée ou des Bois des Cornées, 108 arpens.

Soit 630 arpens de bois.

S'ensuit le château et domaine de MesonceUes :

Le lieu Seigneurial et château de MesonceUes, consistant en un grand corps de logis de plusieurs travées à double étage et en croupe, deux granges, dont l'une bâtie nouvellement, vascherie, bergeries, toits à porcs, écurie, colombier au milieu de la cour, un pavillon à neuf, cour close des dits bâtimens et de murailles où il y a deux grandes portes, jardin derrière, carré d'eau entre le jardin et la garenne, petits étangs audessus du dit carré d'eau, terres labourables et pâturages avec

(1) De Rouville, Mlle Thierry, F. Benoist, V. Pierre Penet, Robert Morel, dit Pape.

la garenne derrière, qui est en réserve, tenant d'une part du midi au chemin de Montbenard à Prefossé, d'autre part au chemin de Mesoncelles à Coulommiers par la flache, d'un bout d'orient au chemin de Mesoncelles à Tétang de Morillas, et d'autre bout à la rue allant de l'église à Lâmotte, appelée la ruelle de LaMorelle.

Vient de l'acquisition faitede Christophe-François de Boissy, seigneur delà Tombe et Guillaume Laj us, par contrat passé par devant de Monlhenaut et son compagnon, notaires au Châtelet de Paris, le 27 février Ifi/l, décrété au dit Châtelet, sur les dits seigneurs, le "^a mai 1672, enregistré et scellé le 4 juin au dit an, à l'exception néanmoins du petit étang qui est le long du chemin allant à l'étang de Morillas, lequel est de l'ancien domaine de Prefossé. Le tout de 280 arpens environ (1).

S'ensuit le château ou ferme de La Motte ^ terres et domaine en dépendans^ où est compris les anciennes fermes de Beauvais et de Champbernard :

Le château ou ferme de La Motte, sise en la paroisse de Mesoncelles, avec trois cent quatre-vingt-seize arpents quatrevingt-neuf perches de terres, près, bois, hayes, étangs, fossés, friches et acruës, le tout en un gazon à présent séparé en dix

(i) Noms cités : Mlle La Guillauniio (1699), Plancbon, tabellion ;\ Mesoncelles (1675), Xoël Penet, Pierre Beaurepaire, Jean Bernard, Jacques I.e Marié, curé de Mesoncelles (1674\ Pierre Penet, Vincent Marot, Mlle Gibert, d'Espinas, de Montblin, MlleGuérin, Seguin, Benoist, Ant. Martin, Simon Malle, Louis Poudrier, F. Caillot, Le Pelletier, Léger, Laurent, Varlet, G. Gavelli, Lefebvre, El. Noslin» J. Marlay, Desnols, notaire à Paris (1681).

LKS BIENS DES MOINES DE SAINT-DENIS l2o

articles, comme il sera dit cy-après, haute, moyenne et basse justice et fourches patibulaires.

Chtàteau ou ferme consistante en un grand corps d'hôtel, granges dont une de treize travées, bergeries, écuries, vacherie, colombier à pied, cour entourée des dits bâtiments, fossés autour d'iceux, pont-levis pour entrer esd. lieux, pàlnres aux deux côtés, bois et bayes derrière.

S''ensmvent les héritages appartenant aux dits seigneurs, par droit de déshérence^ comme biens abandonnés, environ 15 arpents.

La présente déclaration signée de Dom François de Rez, Colleau, curé, Macé et Camus (1). Ces Camus ont formé longtemps toute une famille de tabellions.

En I704-, Pierre Guyot, marchand à Mesoncelles, achète par contrat devant Camus, de J.-B. Guichard, receveur de la terre de Mesoncelles, l'office de syndic principal de la dite paroisse^, en remplacement de Jean Gonnet et, en 1710, le greffier du bailliage et Chastellenie et Pairie de Mesoncelles et des Loges- Saint-Denis était J. Roze, ancien praticien nommé en remplacement de feu Denis Camus, dont le bail avait été continué par François Camus, son fils.

(I) Noms cités : Antoine Garnier, Pierre Le Roy, Pierre Dufey, Simon Malle, Ch. Robert, Et. Molin, Louis Poudrier, Potet, Pierre Penet, Mlle La Guillaumie, Jacques Gaudin, Mlle F. Benoist, Est. Dinornant, Toussaint, Sautereau, Ch. Caillot, Jacques Marlay, V* Gibert, Mlle Gibert, ¥•= Richer, Et. Reboullé, Abel Galle, Ch. Le Roy, avocat, Pierre Le Duc, L, et Ch. Lesguillon, Denis Philippot, Le Pelletier, Léger, de Montblin, Pierre Margouillier, Et. Rimbault, S'" de Narbonne, Pierre Paris, Blouy, Everard, Moreau, Blesson, Friqnenot, Saint-Remy.

120 iMESONCtLLES-EN-BRlE

François Camus, ancien greffier et tabellion du bailliage demeurait à la Ghapelle-sur-Crécy, mais il fut condamné k remettre ses minutes au coffre du château de Meson celles.

Baux.

Après l'énumération des biens des moines, consentis à leurs fermiers, donnons copie d'un des baux, le dernier par exemple.

Le dernier fermier des moines de la ferme du château de Mesoncelles — (son bail est de 1786) — fut Cliarl es-Claude- René Cinot qui, de simple laboureur, devint promptement millionnaire. Si la Révolution qui va éclater dépouille ses maîtres, elle l'engraisse singulièrement.

C'est que Cinot est un avisé, surtout dans la tourmente (l).

Voilà au moins un homme du peuple à qui servit la Révolution.

Les descendants de Cinot furent les plus importants propriétaires de Mesoncelles. Un de ses héritiers, possède, là seulement, plus de mille arpents de terre. Mais il faut lui rendre justice : il a les millions modestes. Il aurait pu déserter la campagne, prendre, comme tant d'autres, le nom d'une de ses» terres, — celui qui sonné le mieux, — chercher à éclabousser, aux Champs-Elysées, le provincial et l'étranger admirant ses chevaux et ses voitures aux armoiries compliquées, flanquées de deux moines en support ; il pourrait être député, sénateur — non, il préfère vivre tranquille dans ses grandes

(1) Voir aux Archives nationales, les litres de l'Abbaye de Saint- Denis et les écldircissements fournis par M. Bayard père, 1791-1805.

propriétés. Il fait donc preuve d'intelligence, et s'il est aussi généreux que riche, paix à son aïeul.

Bail de la fermô du château de Mesoncelles passé par les Religieux de l'Abbaye de Saint-Denis, 9-20 mars et 10 avril 1786.

Par devant les notaires à Paris soussignés,

Furent présents : Pierre-François Boudier, grand-prieur; Michel - Louis-Joseph Laly, souprieur; Cbarles-Michel Haudiquer, doyen; Jacques Dubuat, Louis-Michel Marion, Edmon Bataillon, Pierre-Philippe Brougniard, Henry-Bonnaventure Charlary, François-Simon Brillet, JNicolas-Robert Boniface, Jean-Charles Foyart, Louis-iMaurille Turpin, Alexis-Joseph Petillon, Guillaume-Louis Laforcade, André Lahbat, Antoine Lhotte, Pierre-François-Marie Stopin, Urbain Leducq, Pierre Dieuzy, Jacques-Fidel Brunet, François-Nicolas Mouchard, Jean- Baptiste Thiron, Louis-Gabriel Foret, Pierre-Joseph Warnet, Gœlestin- Joseph Hobac'ie, Jean-Baptiste Cumont, Pierre-Nicolas Bourgoin, André Derchain, Nicolas Ridoux, Claude-Jean-Martin Lefort, tous religieux de Fabbaye de Saint-Denis en France, assemblés en la manière accoutumée.

Lesquels ont par ces présentes baillé et délaissé à litre de ferme et prix d'argent, pour neuf années et neuf dépouilles entières et consécutives finies et accomplies, qui commenceront sçavoir : pour les jachères, en l'année mil sept cent quatre-vingt-sept, ensemencées en l'année mil sept cenl quatre-vingt-huit, et faire la première dépouille en l'année mil sept cent quatre-vingt-neuf, et promis faire jouir audit titre pendant ledit temps.

A Charles Claude-René Cinot, laboureur à Maisoncelles, y demeurant ordinairement, étant ce jour, à Paris, logé à l'hôtel du Saint- Esprit, rue du Monceau et paroisse Saint-Gervais, à ce présent et acceptant preneur et retenant pour lui audit titre pendant ledit temps.

De toutes lesquelles choses, le preneur s'est tenu et se tient pour

Ii8 MESONGELLES-EX-BRIE

content, ayant une entière connaissance de ladite seigneurie, comme la faisant valoir actuellement.

Le présent bail est fait aux conditions suivantes, savoir : de faire exécuter bien et duementla Justice, tant ordinaire qu'extraordinaire, de ladite Seigneurie par les officiers d'icelle, payer leurs gages accoutumés, savoir : au Bailli, la somme de Dix livres, pareille somme au procureur fiscal, pour suivre les procès criminels à leurs frais et dépens jusqu'à sentence définitive, le surplus étant à la charge desdits bailleurs; appartiendront, néanmoins, audit preneur toutes les amendes qui seront prononcées, à l'exception^ toutefois, de celles adjugées par le fait agruri et encore celles auxquelles ledit preneur et son fermier pourra être condamné par les officiers de ladite Seigneurie, plus de recevoir lesdits officiers et autres le jour des assises et plaids généraux qui se tiennent ordinairement le jeudi dans l'octave de la Pentecûtes, les défrayer et payer leurs vacations, ainsi qu'il est accoutumé, tenir les portes ouvertes dudit château toutes fois et quant lesdits Bailleurs et leurs gens y voudront aller, auxquels ledit preneur sera tenu de fournir les vivres dont ils auront besoin, même à leurs domestiques et chevaux, recevoir aussi à ses frais et dépens les officiers de la Maîtresse de Crécy, lorsqu'ils iront faire le n)artclugo des Bois desdits Bailleurs, payer par ledit preneur en l'acquit desdits Bailleurs au Curé de Maisoncelles, pour son gros el augmentation d'icelui, la quantité de vingt septiers de bleds et dix septiers d'avoine, mesure de Saint-Denis, tels qu'ils proviendront desdiles Dixmcs, el ce, au jour de Saint-Martin d'hiver, de chaque année, et la somme de cent livres au jour de Noël suivant, et desdiles charges en rapporter annuellement quittance auxdits bailleurs, entretenir le colombier de pigeons et le laisser garni et peuplé à la fin desdiles neuf années, souffi'ir faire les grosses réparations es -dits lieux sans pouvoir demander par ledit preneur aucune diminution dudit prix cy après, et des autres charges du présent bail, fournir par ledit preneur lous les charrois qu'il conviendra faire tant pour les grosses réparations que pour les augmentations nécessaires à ladite ferme, labourer, fumer, cultiver et ensemencer lesdites terres, selon les sols et saisons convenables sans les surcharger, dessoler ni dessaisonner, convertir les feurs et pailles en fumier pour en fumer et amander lesdites terres, prés

et foin, el laisser les fumiers la dernière année du présent bail au fermier qui lui succédera, eiilrelenir les prés nels el en bonne nature de fauche, abattre les taupinières, écarter et arracher les épines et buissons qui sont et croitront ès-dits prés, même le pré Bingard qui est au bout des pâtures de l'Etang du Pré-fossé et celui qui est autour de l'étang du Milieu pour rendre tous lesdils prés en bonne nature de prés à faux courante, en fin dudit bail à peine, etc., planter les Jardin et Clos dudit Ohâteau d'arbres fruitiers, tant prunier?, poiriers que fruits à noyaux, et pour cet elfet en planter et greffer six par chacun an entretenir les bayes et fossés tant dudit enclos que des terres dépendantes de ladite ferme et les rendre en bon état.

Ne pourra ledit preneur prétendre aucune chose aux provisions et substitutions des ofliciers dans l'étendue de ladite Seigneurie, non plus qu'au Greffe et Tabellionage dudit Maisoncelles, ni aux confisca* lions, aubaines, déshérence, main morte, profits de fiefs quints et rcquints droits et devoirs féodaux, ni aux lods et ventes de quelque nature qu'ils soient, qui pouroient être dus par mutations d'héritages dans l'étendue desdites Seigneuries, à l'exception néanmoins des acquisitions qui pouront être failles par ledit preneur pendant le cours du présent bail, pour lesquels ils ne payeront aucun droit de lods et ventes auxdits bailleurs, pourvu qu'elles n'excèdent pas chacuuc ladite somme de Deux mille livres de principal, lesquels promettent en outre au preneur de lui payer deux sous pour livre du prix de lods et vente pour les acquisitions dont il les avertira.

Ne pourra ledit preneur rien prétendre aux étangs, fourcieres, bois, taillis, voyeries, dixmes d'étangs qui seront à dessécher, marais et accrues desdits étangs et autres généralement quelconques qui ne se trouvent pas spécifiés dans le présent bail, toutes lesquelles choses, lesdils bailleurs se sont réservées, comme aussi la boutique à mettre du poisson qui est à présent sur le carré d'eau dudit Château, dont ledit preneur pourra se servir, quand les bailleurs n'en auront pas besoin, et contribuera à l'entretien de ladite boutique.

Sera tenu ledit preneur d'entretenir tous les bâtimens de mêmes réparations suivant la coutume de Meaux, même les fenêtres et portes vitrées, serrures et autres ferrures et les rendre en bon état à la fin du présent bail. 9»

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Ne pourra ledit preneur souffrir et empêchera que ses sous-fermiers louent à quelque personne que ce puisse être les pâtures en tout ou partie qui sont ou seront comprises dans leurs soubaux.

Pour des objets ci-dessus signiffiés et déclarés jouir par ledit preneur audit litre de ferme pendant le cours du présent bail aux réserves cy-dessus énoncées.

Ce présent bail fait aux charges susdites, et en outre moyennant le prix et somme de huit niilh* livres, que ledit preneur s'oblige et promet bailler et payer auxdils bailleurs, leur receveur, proctireur ou au porteur des présentes en leur abbaye en deux payements égaux, sçavoir Noël et Pasques de chaque année avec dix douzaines de fromages de Brie au grand moule affinés et non écrémés rendus en ladite abbaye aux frais et dépens dudit preneur, dont la premier terme de payement échoira et se payera au jour de Noël mil sept cent quatrevingt-neuf, et le second à Pâques suivant, et ainsi continuer es dits jours d'année en année, tant que le présent bail aura cours, le droit duquel en tout, ni en partie ledit preneur ne pourra céder à qui que ce soit sans le couienlcinont exprès et par écrit des Jits bailleurs auxquels il fournira à ses frais la grosse desprésentes incessamment, ducment enregistrées.

Reconnaissent lesdits bailleurs que les quinze arpents à prendre dans les cent quarante arpents quatre-vingts perches qu'ils se sont l'éservés tant par le présent que par le précédent bail sont plantés on Bois depuis plusieurs années et qu'ils en jouissent; au moyen de quoi ladite réserve doit être considérée comme ne devant pa> avoir lieu, attendu la jouissance dans laquelle sont lesdits bailleurs desdits quinze arpents de bois, pourront lesdits bailleurs faire planter autant d'arpents qu'ils jugeront à propos sur les terres de loupillon dans le foui's du piésont bail ainsi que le consent ledit preneur, à la charge de lui tenir compte par lesdits baille(M's, qui s'y obligent, de neuf livres par chaque arpent qui sera planté, et ce, annuellement, jusqu'en fin du présent l);iil.

A ce faire, fut présoiilc et est intervenue Marguerite-Madelaine Mutolle. veuve de Claude-Nicolas CJnot, laboureur audit Maisoncelles, y dcnienrante ordinairement, élanl ce jour à Paris, logée susdit hôtel du Sjiint- Esprit.

Laquelle s'esl volontairenieiU rendue clconstiluée caution et répondante solidaire dndit Cliai'ies-Claudc -René Cinot, son iils, preneur, et acceptant par Icsdits bailleurs, ce fai-aut s'oblige envers eux conjoinlenient et solidaiionicnt avec son dit fils, sans division ni discussion et sous toutes renonciations aux bénéfices de droit requises tant au payement exacte des fermages ci-dessus qu'i l'entière exécution des autres clauses et ci)ndilions du présent bail, à quoy elle alTecte, oblige et liypolèqnc pour ladile solidité tous ses biens meubles présents et avenir.

Car ainsi a été convenu entre les parties, que, pour l'exécution des présentes ont élu domicile en leurs demeures susdites auxquels lieux, nonobstant promettant, obligeant ledit Cinot et la dame sa mère solidairement comme dit est Renonçant.

Fait et passé sçavoir pour ledit sieur Cinot, preneur, et ladite dame sa mère en l'étude les neuf mars cl vingt du même mois et pour lesdils bailleurs en leur dite abbaye le dix avril le tout de l'an mil sept cent quatre-vingt-six et ont signé la niïuutc des présentes demeurée au citoyen Petit, l'un des notaires soussignés.

Lequel a délivré ces présentes collalionnées sur ladile minute ce joiird'huy vingt-un Germinal de l'an troisième de la Républi(jue Française une et indivisible (I).

Si'jné : Pi:Trr.

(1) Noans c'i'.és : AmLroiic Cico', tloiizc père, Lucôs, Coq iillj:i, Prû.'fil. l'oiiloii, Guichard, propriétaire do Clianlemcric acquis de Gitierl, l'icard, Ilainei, veuve BcTiier, I^ouis Gallois, IMerre Parent, Brochet Sylvain, Louismct Br'da, Miller, Taver"ier, Picoull, Sel.ier, BariUaad Pieire, veuve Abit, Adrien Bour sicr, Honsin, Bullt^, IJoudiard, Ilouet, Desbors, veuve Houdiard, Conseliii, Sulpice \'iacent, veuve de f'rézenval, Pierre Mirais.

LA RÉVOLLTIOiN

Les années 1789, 00, 91 laissèrent les moines impassibles dans leur retraite de travail, de prière, de charité.

Ils avaient fait depuis longtemps abandon volontaire de leurs droits sur l'autel de la Patrie.

iMais voilà qu'un décret de l'assemblée nationale, que leur lit fièrement le grand Prieur, Dom de Yerneuil, supprime les communautés, en sécularise les membres et en confisque les biens pour être bientôt mis en vente.

Malgré tout, les Religieux resteront deux ans encore dans leurs (uurs, prêts à tous les sacrifices, jusqu'au 14 novembre 1792. Ils sont alors chassés de Saint-Denis qui prend le nom de Denis-Franciade.

Tous étaient des administrateurs, des penseurs,, des écrivains, des artistes ou des savants.

Beaucoup étaient des vieillards qui avaient occupé soit dans l'abbaye même, soit au loin dans ses dépendances, les plus hautes charges et qui attendaient dans le silence du cloître que Dieu les appelât, reste de généralions d'hommes qui, pendant onze siècles, avaient enseigné les peuples, retourné le sol d'une partie de la France désormais mis en valeur et |)lein de richesses, (jui avaient jeté tant d'éclat et de gloire dans les plus brillantes époques de notre histoire.

LA RKVOLUTION 133

Les biens des moines vendus comme biens nationaux.

Depuis 1790, c'était partout une orgie de ventes de biens nationaux qu'on avait à vil prix et avec toutes facilités de paiement.

Mesure au fond bien peu démocratique. La Révolution s'est trompée.

Puisqu'elle faisait tant de prendre à ceux qui avaient, elle devait au moins donner à ceux qui n'avaient pas.

J'aurais compris que les biens du clergé, des émigrés et autres fussent distribués également dans chaque commune aux laboureurs et artisans pauvres chargés d'enfants, courageux et travailleurs, s'engageant à les faire valoir. Mais on les a mis en vente.

Ne purent donc les acquérir que ceux qui pouvaient les payer, qui avaient de l'or et de l'argent et qui n'étaient pas intéressants.

L'Etal en tira relativement peu, et ne fit qu'augmenter la bourse de ceux qui l'avaient déjà pleine.

Napoléon était plus démocrate. Il mettait sans hésiter la main sur les biens confisqués ou non, appartenant à l'Etat, et en dotait ceux qui avaient bien mérité de la Patrie.

Les majorais mêmes des maréchaux de l'Empire ne furentils pas créés ainsi ?

Cet homme qui avait connu la pauvreté, qui avait soufïert, savait récompenser et payer.

Et on ne peut pas dire qu'il n'était généreux qu'avec le bien des autres. Il ne gardait rien pour lui.

Meconcelles et Louis Bayard.

Mesoncelles et ses annexes, Pierre-Levée, la Haute-Meson, Giremoutiers, Faremoutiers, Saint-AiigustiD, Gourpalay, etc., etc., furent vendus aux ditïérents districts de Meaux, de Rozoy, etc.

Louis Bayard, boucher, entrepreneur de la fourniture de viande de boucherie tour à tour des armées, des hôpitaux et des Invalides, acheta le 31 janvier et le !«•' février 1791, moyennant 319,900 francs.

Le château et les fermes de Mesoncelles iSS.SOO fr.

L'étang de Morillas (38 arpents 50 perches de terres

labourables 28 . 100

La garenne des Dames (24 arpents de bois séculaires. 16.000

La ferme du Poucet (76 arpents de prés et terres labourables provenant de l'abbaye de Faremoutiers). 42.000

La ferme de Fleury H3.300

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