LEGENDE DES ENFANTS
Du ciel à la terre.
Les anges dans le ciel fêtent leur Grand Congrès. L'ange Moravief, un ami du progrès,
Vient proroger la chambre, en la céleste sphère, Et donne un grand congé pour visiter la terre.
IT
J'étais, au paradis, parmi les chérubins.
Anges, à tous degrés, nous sommes consanguins. Quoique le plus petit au milieu des Archanges,
Je voyais le Bon Dieu, nous chantions ses louanges. Je jouais, voletais, aux champs du Paradis.
Dans les jardins du ciel je cueillais les blancs lys.
JII
Chez les anges, soudain un bruit se fait entendre ! En route ! un long voyage let qui veut l’entreprendre ? Silence! c'est la voix du messager des cicux, Qui prépare un pic-nic vers les terrestres lieux, Plusieurs, moi le premier, suspendons notre ronde Et crions avec joie: Allons vers le bas monde. On inscrit notre liste, on nous mène au Bon Dieu, Qui note chaque nom comme absent du Saint licu.
“Mes enfants, nous dit-il, là-bas soyez bien sages : “ Du ciel, d'où vous partez, suivez Jes bons usages. “ Satan, l'ange déchu, messager des enfers, “ Vous combattra, voilé sous des masques divers, “A celui qui vaincra je réserve sa place, ” Il dit, nous embrassa, puis nous ouvrit l'espace,
Salut ! beau ciel, salut ! nous reviendrons un jour, Gardant ton souvenir Jusqu'à notre retour!
Nous partions pour la terre ; On nous coupa les ailes, Qui n'étaient plus de mise aux demeures mortelles. Les anges, déployant leurs grandes ailes d'or, Nous portent dans leurs bras et prennent leur essor. Nous touchons, en volant, astres, soleil et lune, Vesta, Cérès, Pallas, J upiter et Neptune,
Terre! Nous arrivons! que les sites sont beaux. Des prés du Paradis jusqu’à ces bords nouveaux !
Dans un jardin de fleurs notre ange nous dépose, Ici dans un Jasmin, là-bas dans une rose, L'un sous un vert gazon, l'autre aux feuilles d'un chou. Nous avions l'air d'enfants prets à crier : Coucou ! Au lever du soleil, il faisait froid : chaque ange De son aile soyeuse échauffait comme un lange. Je regrettais un peu mon ciel du Paradis !
H faisait chaud, là-bas, aux célestes abris !
Chut! J'entendais marcher ! c'était Ja jardinière, En ce pays des fleurs, elle est dame première, J'écoute ; elle a parlé! Le cortège est nombreux, Dit-eile ; il est aisé de faire un choix heureux.
J’entr'ouvre avec espoir les feuilles de ma rose. J'avais froid, j'avais faim : j'attendais bouche close.