Messages, discours, allocutions, lettres et télégrammes
Lorsque Monsieur le Président de la République Française voulut bien nous autoriser à imprimer le présent Recueil de ses Messages, discours et allocutions des années igi4 à igi8, rien ne laissait encore prévoir l'approche de la paix.
C'est donc la cause de la France en guerre que nous nous proposions de servir en sollicitant l'honneur d'entreprendre cette publication.
Le cours heureux des événements a devancé ia réalisation de notre projet. On jugera sans doute avec nous que son intérêt et son opportunité demeurent.
Nous avons la jerme confiance que les lecteurs des pays étrangers, — particulièrement ceu.x des nations amies et alliées à qui, dans notre pensée, ce recueil s'adressait d'abord, — nous approuveront d'avoir persévéré dans le dessein de mettre à leur portée ces documents primordiaux jusquici dispersés et, dans leur ensemble, d'un accès relativement difficile.
En France même, V absence d' une édition complète
des Discours de guerre de Monsieur Raymond Poincaré a maintes fois été signalée par la presse des différents partis, comme une regrettable lacune. Nous avons donc cru répondre aussi à l'un des vœux les plus chers et les plus certains de nos compatriotes en leur présentant cet ouvrage, souvenir précieux d'une période exceptionnellement glorieuse et tragique de notre vie nationale.
Et n est-ce pas enfin à Vheure des suprêmes délibérations qu'il convenait d'appeler à nouveau l'attention publique sur ces textes désormais historiques où, par l'organe de son représentant le mieux qualifié, la pensée et les aspirations de la France ont trouvé pendant toute la durée de la guerre leur expression la plus continue et la plus authentique ?
Décembre 1918.
Les Éditeurs^
DE
M. Raymond POINCARÉ
Président de la République.
Lettre au roi George V(i).
Paris, 3i juillet 1914-
Cher et grand ami,
Dans les circonstances graves que traverse TEurope, je crois devoir communiquer à Votre Majesté les renseignements que le gouvernement de la République a reçus d'Allemagne.
Les préparatifs militaires auxquels se livre le Gouvernement impérial, notamment dans le voisinage immédiat de la frontière française, prennent chaque jour une intensité et une accélération nouvelles.
(i) Cette lettre, publiée seulement au mois de février 191:"), fournissait une nouvelle preuve des eirorts tentés jusqu'à la fin pour maintenir la paix, et le roi d'Angleterre, dans sa réponse datée de Buckingham Palace, le i"-^ août 1914, tout en r<;servant l'avenir sur la démarche sollicitée, promettait de continuer à chercher une solution « pour laisser aux puissances le temps de discuter entre elles avec calme. »
La France, résolue à faire jusqu'au bout tout ce qui dépendra d'elle pour maintenir la paix, s'est bornée jusqu'ici aux mesures de précautions les plus indispensables. Mais il ne semble pas que sa prudence et sa modération ralentissent les dispositions de l'Allemagne, loin de là.
Nous sommes donc, peut-être, malgré la sagesse du Gouvernement de la République et le calme de l'opinion, à la veille des événements les plus redoutables.
De toutes les informations qui nous arrivent, il résulte que, si l'Allemagne avait la certitude que le Gouvernement anglais n'interviendrait pas dans un conflit oîi la France serait engagée, la guerre serait inévitable, et qu'en revanche, si l'Allemagne avait la certitude que l'Entente cordiale s'affirmerait, le cas échéant, jusque sur les champs de bataille, il y aurait les plus grandes chances pour que la paix ne ïùt pas troublée.
Sans doute, nos accords utilitaires et navals laissent entière la liberté du Gouvernement de Votre Majesté, et, dans les lettres échangées eu 1912 entre sir Edward Grey et M. Paul Cambon, rAiigletern^ et la France se sont simplement engagées, l'ime vis-à-vis de l'autre, à causer entre elles en cas de kMision européenne et à examiner ensenible sil y aurait lieu à une aclion eonnnune.
Mais le caraclère d'intimité (jue le sentiment public a donné dans les deux pays à l'entente de l'Angleterre cl de la France, la confiance avec la(|iielle no» deiiv Gouvornomcnts n'oiil cessé de
Iravailler au niaintieii de la paix, les sympathies que Votre Majesté a toujours témoignées à la France m'autorisent à lui faire connaître en toute franchise mes impressions, qui sont celles du Gouvernement de la République et de la France entière.
C'est, je crois, du langage et de la conduite du Gouvernement anglais que diîpendent désormais les dernières possibilités de solution pacifique.
Nous avons nous-mêmes^ dès le début de la crise, recommandé à nos alliés une modération dont ils ne se sont point départis. D'accord avec le Gouvernement royal et conformément aux dernières suggestions de sir Edward Grey, nous continuerons à agir dans le même sens.
Mais si tous les efforts de conciliation partent du même côté, et si l'Allemagne et l'Autriche peuvent spéculer sur l'abstention de l'Angleterre, les exigences de l'Autriche demeureront inflexibles, et un accord deviendra impossible entre la Russie et elle.
J'ai la conviction profonde qu'à l'heure actuelle, plus l'Angleterre, la France et la Russie donneront une forte impression d'unité dans leur action diplomatique, plus il sera encore permis de compter sur la conservation de la paix.
Votre Majesté voudra bien excuser une démarche ([uï n'est inspirée que par le désir de voir l'équilibre européen définitivement raifermi»
Je prie votre Majesté de croire à mes sentiments les plus cordiaiux.
Proclamation du Président de la République.
Paris, I" août 1914-
A LA Natiox Française.
Depuis quelques jours, l'état de l'Europe s'est considérablement aggravé, en dépit des efforts de la diplomatie. L'horizon s'est assombri. A l'heure présente, la plupart des nations ont mobilisé leurs forces ; même des pays protégés par la neutralité ont cru devoir prendre cette mesure à titre de précaution. Des puissances dont la législation constitutionnelle ne ressemble pas à la nôtre ont, sans avoir pris un décret de mobilisation, commencé et poursuivi les préparatifs qui équivalent, en réalité, à la mobilisation même et qui n'en sont que l'exécution anticipée.
La France, qui a toujours affirmé sa volonté pacifique, qui a dans dés jours tragiques donné à l'Europe des conseils de modération et un vivant exemple de sagesse, qui a multiplié ses efforts pour maintenir la paix du monde, s'est elle-même préparée à toutes les éventualités et a pris dès maintenant les premières dispositions indispensables à la sauvegarde de son territoire. Mais notre législation ne permet pas de rendre ces préparatifs complets s'il n'intervient pas un décret de mobilisation.
Soucieux de sa responsabilité, sachant qu'il manquerait à son devoir sacré s'il laissait les
choses en l'état, le Gouvernement vient de prendre les décrets qu'impose la situation. La mobilisation n'est pas la guerre; dans les circonstances présentes elle apparaît au contraire comme le meilleur moyen d'assurer la paix dans l'honneur. Fort dans son ardent désir d'aboutir à une solution pacifique de la crise, le Gouvernement, à l'abri de ces précautions nécessaires, continuera ses efforts diplomatiques et il espère encore réussir.
Il compte sur le sang-froid de la noble nation pour qu'elle ne se laisse pas aller à une émotion injustifiée; il compte sur le patriotisme de tous les Français et sait qu'il n'en est pas un seul qui ne soit prêt à faire son devoir.
A cette heure, il n'y a plus de partis, il y a la France éternelle, la France pacifique et résolue. Il y a la patrie du droit et de la justice tout entière unie dans le calme, la vigilance et la dignité.
Lettre à M*"" Jaurès.
a août 1914-
Madame,
J'apprends l'abominable attentat dont voire mari a été la victime. Jaurès avait été souvent mon adversaire, mais j'avais une grande admiration pour son talent et son caractère, et, à une heure où l'union nationale est plus nécessaire que jamais, je tiens à vous exprimer les sentiments ([ue j'avais pour lui.
Je vous prie, Madame, de croire, dans le deuil
r|iii vbhé fra|i|)è, à iilft iifëfôndè et fefepêcttieufeè syttipàthiê.
Message du Président de la République (i).
4 août i<ji4- Messieurs les Séxateurs, Messieurs les Députes,
La France vient d'être l'objet d'une agression brutale et préméditée, qui est un insolent défi au droit des gens. Avant qu'une déclaration de guerre nous eût encore été adressée, avant même que l'ambassadeur d'Allemagne eût demandé ses passeports, notre territoire a été violé. L'empire d'Allemagne n'a fait hier soir que donner tardivement le nom véritable à un état de fait qu'il avait déjà créé.
Depuis plus de quarante ans, les Français, dans un sincère amour de la paix, ont rel'oulé au fond de leur cœur le désir des réparations légitimes.
Ils ont donné au monde l'exemple d'une grande nation, (jui, déiinitivement relevée de la défaite j>ai' la volonté, la patience et le travail, n'a usé de sa force renouvelée et rajeunie que dans l'intérêt (lu progrès et pour le bien de l'humanité.
Depuis que rullimalum de l'Autriche a ouvert une crise menaçante pour l'Europe imtière, la France s'est attachée à suivre et à recommander
[i] l.u au ScUal cl à la Cliambro dans \f\\v sl'auce du ', ai)ùl.
partout une politique de prudence, de sagesse et de modération.
On ne peut lui imputer aucun acte, aucun geste, aucun mot qui n'ait été pacifique et conciliant.
A l'heure des premiers combats, elle a le droit de âe rendre solennellement cette justice qu'elle a fait, jusqu'au dernier moment, des efforts suprêmes pour conjurer la guerre qui vient d'éclater et dont l'empire d'Allemagne supportera devant l'Histoire l'écrasante responsabilité.
Au lendemain même du jour où nos alliés et nous, nous exprimions publiquement l'espérance de voir se poursuivre pacifiquement les négociations engagées sous les auspices du cabinet de Londres, l'Allemagne a déclaré subitement la guerre à la Russie; elle a envahi le territoire du Luxembourg, elle a outrageusement insulté la noble nation belge, notre voisine et notre amie, et elle a essayé de nous surprendre traîtreusement en pleine conversation diplomatique.
Mais la France veillait. Aussi attentive que pacifique, elle s'était préparée ; et nos ennemis vont rencontrer sur leur chemin nos vaillantes troupes de couverture, qui sont à leurs postes de bataille et à l'abri desquelles s'achèvera méthodiquement la mobilisation de toutes nos forces nationales.
Notre belle et courageuse armée, que la France accompagne aujourd'hui de sa pensée maternelle, s'est levée, toute frémissante, pour défendre l'honneur du drapeau et le sol de la patrie.
Le Président de la République, interprète de runanimité du pays, exprime à nos troupes de terre et de mer l'admiration et la confiance de tous les Français.
Etroitement unie en un même sentiment, la nation persévérera dans le sang-froid dont elle a donné, depuis l'ouverture de la crise, la preuve quotidienne. Elle saura, comme toujours, concilier les plus généreux élans et les ardeurs les plus enthousiastes avec cette maîtrise de soi qui est le signe des énergies durables et la meilleure garantie de la victoire.
Dans la guerre qui s'engage, la France aura pour eJle le droit dont les peuples, non plus que les individus, ne sauraient impunément méconnaîre l'éternelle puissance morale.
Elle sera héroïquement défendue par tous ses fds, dont rien ne brisera devant l'ennemi l'union sacrée et qui sont aujourd'hui fraternellement assemblés dans une même indignation contre l'agresseur et dans une inème foi patriotique.
Elle est fidèlement secondée par la Russie, son alliée ; elle est soutenue par la loyale amitié de l'Angleterre.
Et déjà de tous les points du monde civilisé viennent à elle les sympathies et les vœux. Car elle représente aujourd'hui une fois de plus, devant l'univers, la liberté, la justice et la raison.
Haut les cœurs et vive la France !
Télégramme à Sa Majesté Albert I", roi des Belges, qui, de Bruxelles, le 6 août 1914, a remercié la France de répondre à l'appel de la Belgique envahie.
Paris, 7 août.
Je remercie Votre Majesté de son télégramme. J'avais eu l'occasion de lui donner naguère l'assurance précise des sentiments de la France pour la Belgique. L'amitié de mon pays pour le peuple belge s'affirme aujourd'hui sur les champs de bataille. Les troupes françaises sont fières de seconder la vaillante armée belge dans la défense du sol envahi et dans la glorieuse lutte pour l'indépendance.
Lettre à M. René Viviani, président du Conseil, en faveur des Italiens résidant en France.
Paris, 10 août 191^.
Je me suis entretenu depuis quelques jours avec vous de la situation créée par la guerre à la population italienne qui réside sur notre territoire et y travaille. Je suis certain que les mesures ont été prises pour la soustraire aux conséquences néfastes d'une agression monstrueuse (jui la frappe dans ses moyens de vie et de travail.
Je vous serais obligé de voidoir bien me renseigner sur ce qui a déjà pu être fait.
La France, qui est, par tradition, le pays de la
générosité humaine, a le devoir de mettre, autant que possible, à l'abri de la misère les fils de la grande nation latine, qui lui donne, en ce moment, un témoignage de fidèle amitié.
Croyez, mon cher président, à mes sentiments dévoués.
Télégramme au roi d'Angleterre, en réponse aux vœux adressés à l'occasion de l'anniversaire de la naissance du Président.
22 àofit 1914-
Je remercie Votre Majesté de ses souhaits cordiaux et je la prie de recevoir la nouvelle assurance de mou amitié. J'ai la même confiance que Votre Majesté dans l'issue de la guerre qui nous a été imposée et que nous poursuivrons, avec le concours de l'Angleterre et de nos autres alliés, jusqu'à la victoire définitive du Droit et de la Civilisation.
Texte de la protestation adressée par le gouvernement français aux puissances signataires des conventioiis de La Haye.
Le (iouvernement de la République française a l'honneur de porter à la connaissance des puissances signataires des conventions de La Haye les faits ci-dessous exposés, qui constituent de la part des autorités militaires allemandes une violalion des conventions signées, le 18 octobre 1907, par le jçouvernemenl impérial allemand.
Suivant rapport du lo août 1914, transmis par le générai commandant en chef de Tâffiiée de l'Est, les troupes allemandes ont achevé un nombre important de blessés par des coups de feu tirés à bout portant dans le visagfe, ainsi que peut en faire foi la dimension de la blessure ; d'autres blessés ont été piétines intentionnellement et labourés à coups de talon ; à la date du 10 août, les fantassins allemands, des Bavarois» ont, dans là région de Bàrbàs, Harbomey, Montigny, Montreux, Parux, systématiquement incendié les villages qu'ils ont traversés, alors que, durant l'action, auctin tir d'artillerie, de part et d'autre, il' avait pu provoquer d'incendie ; dans la même région, ils ont obligé les habitants à précéder leurs écîoireurs.
Suivant rapport du it août 1914. transmis comme ci-dessus, lefe troupes allemandes brûlent lés villages, massacrent les habitantis, foni marcher devant eux les femmes et les enfants pour déboucher des villages sur le champ de bataille (à Billy notamment, dans le combat du to août), ils achèvent les blessés et tuent les prisonniers.
Le Gouvernement de la République, en présence de semblables procédés, que réprouve la couseiOnfce univei^selle, laisse aul puissancs civilisées l'appréciation complète de ces faits crimineliS) qui déshonot-cnt à jamais un belligtpraUt.
Proclamation du Gouvernement.
Le a septembre 1914.
Le Président de la République et les ministres ^dressent au pays la proclamation suivante :
Français,
Depuis plusieurs semaines, des combats acharnés mettent aux prises nos troupes héroïques et l'armée ennemie. La vaillance de nos soldats leur a valu, sur plusieurs points, des avantages marqués. Mais, au nord, la poussée des forces allemandes nous a contraints à nous replier.
Cette situation impose au Président de la République et au Gouvernement une décision douloureuse. Pour veiller au salut national, les pouvoirs publics ont le devoir de s'éloigner, pour l'instant, de la ville de Paris.
Sous le commandement d'un chef éminent, une armée française, pleine de courage et d'entrain, défendra contre l'envahisseur la capitale et sa patriotique population. Mais la guerre doit se poursuivre, en même temps, sur le reste du territoire.
Sans paix ni trêve, sans arrêt ni défaillance, continuera la lutte sacrée pour l'honneur de la nation et pour la réparation du droit violé.
Aucune de nos armées n'est entamée. Si quel- (|ues-unes d'entre elles ont subi des perles trop sensibles, les vides ont été immédiatement corn-
— labiés par les dépôts, et l'appel des recrues nous assure pour demain de nouvelles ressources en hommes et en énergies.
Durer et combattre, tel doit être le mot d'ordre des armées alliées, anglaise, russe, belge et française !
Durer et combattre, pendant que sur mer les Anglais nous aident à couper les communications de nos ennemis avec le monde !
Durer et combattre, pendant que les Russes continuent à s'avancer pour porter au cœur de l'Empire d'Allemagne le coup décisif!
C'est au Gouvernement de la République qu'il appartient de diriger cette résistance opiniâtre.
Partout, pour l'indépendance, les Français se lèveront. Mais pour donner à cette lutte formidable tout son élan et toute son efficacité, il est indispensable que le Gouvernement demeure libre d'agir.
A la demande de l'autorité militaire, le Gouvernement transporte donc momentanément sa résidence sur un point du territoire d'où il puisse rester en relations constantes avec l'ensemble du pays.
Il invite les membres du Parlement à ne pas se tenir éloignés de lui pour pouvoir former, devant l'ennemi, avec le Gouvernement et avec leurs collègues, le faisceau de l'unité nationale.
Le Gouvernement ne quitte Paris qu'après avoir assuré la défense de la ville et du camp retranché par tous les moyens en son pouvoir.
Il sait qu'il n'a pas besoin de reconimauder à l'admirable population parisienne le calme, la résolution et le sang-froid. Elle montre, tous les jours, qu'elle est à la liauteur des plus grands devoirs.
Soyons tous dignes de ces tragiques circonstances. Nous obtiendrons la victoire finale. Nous l'obtiendrons par la volonté inlassable, par l'endurance et par la ténacité.
Une nation qui ne veut pas périr et qui, pour vivre, ne recule ni devant la souffrance ni devant, le sacrifice, est sûre de vaincre.
Réponse à M. le Lieutenant général M'" de Valtierra, ambassadeur d'Espagne, successeur du M'* de Villa Urrutia, à la remise de ses lettres de créance.
Bordeaux, 6 septembre 191/j.
Monsieur l Ambassadiiur,
Je suis très heureux de recevoir de vos mains les lettres par lesquelles Sa Majesté Catholique vous accrédite auprès du Gouvernement de lu Piépublique. Je suis profondément touché de la délicate attention qu'a eue votre Auguste Bouverain de choisir, pour le représenter en France, un homme éminent. avec qui j'ai eu le plaisir de nouer des relations personnelles et dont j'ai pu apprécier les hautes qualités. Je sais, monsieur l'Ambassadeur, quels sont vos sentiments pour la France ; je sais (iiiils reflètent exactement ceux de la noble
nation espagnole: je sais en particulier qu'ils sont en parfaite harmonie avec ceux de S. M. le roi Alphonse XIII, qui n'a cessé de donner à mon pays les témoignages de sa Adèle amitié. Je vous remercie des vœux que vous formez pour le rétablissement de la paix. La France n'a pas voulu la guerre; elle a tout fait pour l'éviter: elle a maintenant le devoir -de la poursuivre avec ses alliés jusqu'à la victoire et jusqu'à la réparation du droit.
Je vous prie de vouloir bien être, auprès de \otre Auguste Souverain, l'interprète de ma reconnaissance et de mon affection, et de lui Uansmettre mes souhaits les plus sincères pour la prospérité de l'Espagne.
Télégramme de protestation contre un mensonge allemand.
Bordeaux, ii septembre ioi4-
.1 Son Excellence M. Woodrow Wilson, Préddcnt (le la licpubllque (les Etals-Unis, à Washington.
Monsieur le Président,
Je suis informé que le gouvernement allemand a cherclié à surprendre la bonne foi de Votre Excellence en alléguant que des balles dum-dum auraient été fabriquées dans les ateliers de l'Etat français et utilisées par nos soldats.
Cette calomnie n'est qu'une audacieuse l<^ntalive