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d'interversiou des rôles : l'Allemagne a, depuis le commencement de la guerre, employé des balles dum-dum et a commis de continuelles violations du droit des gens. Dès le i8 août, et à plusieurs reprises depuis lors (i), nous avons eu à signaler ces attentats à Votre Excellence, ainsi qu'aux puissances signataires de la Convention de La Haye.

L'Allemagne, qui a eu connaissance de nos protestations, cherche aujourd'hui à donner le change et à se ménager des prétextes mensongers pour se livrer à de nouveaux actes de barbarie.

Au nom du droit méconnu et de la civilisation outragée, j'envoie à Votre Excellence ma protestation indignée.

Au ministre de la Guerre, M. Miilerand, après la victoire de la Marne.

Bordeaux, ii septembre I9i4- Mon cher Ministre,

Vos vaillantes armées ont de nouveau donné, dans les quatre dernières journées de combat, des preuves éclatantes de leur bravoure et de leur entrain.

L'idée stratégique que le général commandant en chef avait conçue avec tant de clairvoyance et réalisée avec tant de san^-fioid, de méthode

(i) Voir, plus haut, p. lo, la protestation ofGcieile du gouvernement. Une autre fut adressée encore le ii septembre.

et de résolution, s'est traduite dans les opérations récentes par une tactique impeccable.

Loin d'être fatiguées par de longues semaines de marches et de batailles incessantes, nos troupes ont montré plus d'endurance et de mordant que jamais.

Avec le vigoureux concours de nos alliés anglais, elles ont refoulé l'ennemi à l'est de Paris, et les brillants succès qu'elles ont remportés, les magnifiques qualités qu'elles ont déployées sont le gage certain des victoires définitives.

Je vous prie, mon cher Ministre, de voidoir bien transmettre au général commandant en chef, aux officiers et aux soldats, avec l'expression émue de mon admiration et avec mes vœux les plus ardents, les félicitations et les encouragements du Gouvernement de la République.

Croyez, mon cher Ministre, à mes sentiments affectueux et dévoués.

Télégrammes en réponse aux félicitations pour la victoire de la Marne.

Bordeaux, i5 septembre 1914.

A Sa Majeatè le roi Albert.

Je remercie vivement Votre Majesté des félicilations qu'Elle veut bien ^dresser aux chefs et ;iM\ soldats de l'armée française. Nos troupes ^oiit hères de combattre aux côtés des vaillantes

armées belge et anglaise pour la civilisation et pour la liberté. A l'heure de la justice réparatrice, personne ne pourra oublier ce que Votre Majesté et l'admirable peuple belge auront fait pour le triomphe de la cause commune.

Au Tsar de Russie l'Empereur Nicolas.

Bordeaux, i5 septembre 1914.

Je remercie Votre Majesté de ses félicitations, dont la France et son armée seront profondément touchées.

La grande victoire que les troupes russes ont remportée en Galicie a réjoui tous les cœurs français, et le Gouvernement ne doute pas qu'elle ne soit bientôt suivie en Allemagne et en Autriche d'autres succès éclatants.

La France, résolue à poursuivre elle-même la lutte avec toute son énergie, envoie à la noble alliée l'expression de toute son admiration et de ses vœux les plus confiants.

A S. A. R. le Prince Alexandre, Régent de Serbie, qui a envoyé, de Valdoja, le 14 septembre, « l'expression de son .admiration pour l'héroïsme traditionnel français ».

Bordeaux, i5 septembre 1914-

Je remercie Votre Altesse Royale de ses félicitations et la piic de recevoir les miennes et celles du (iouvernement de la Képublique pour la

bravoure et pour les belles qualités militaires dont l'armée serbe donne des preuves quotidiennes.

Télégrammes au Préfet de la Meuse et au Maire de Commercy.

20 septembre I9i4-

Je reçois avec autant d'émotion que d'indignation les tristes renseignements que vous avez bien voulu m'envoyer. Je vous prie d'être mon interprète auprès de mes compatriotes meusiens dans la cruelle épreuve qu'ils traversent et de les féliciter de leur admirable esprit de sacrifice et de leur indomptable courage.

Vous remercie de votre télégramme et vous prie de dire à nos compatriotes toutes mes sympathies et tous mes vœux dans les cruelles épreuves qu'ils traversent avec tant de patriotisme et de confiance dans la victoire finale.

Télégramme de condoléance sur la mort du comte Albert de Mun (mort à Bordeaux, le 6 octobre 1914).

A Madame la Comtesae de Mun.

Madame,

Profondément affligé par la mort du grand patriote, je vous prie d'agréer l'expression de ma douloureuse et très profonde sympalliic.

Télégrammes à loccasion d'un voyage aux armées. A M. Millerand, ministre de la Guerre, après la visite au G. Q. G. français.

Lundi, 5 octobre I9i4- Mon cher Ministre,

La visite que nous venons de rendre aux armées a été profondément émouvante.

Jamais ne se sont épanouies plus complètement que dans la guerre actuelle les impérissables vertus militaires qui ont fait, depuis de longs siècles, la force de notre race et la grandeur de notre pays ; et la vue de ces troupes magnifiques, synthèse vivante de l'énergie nationale, éveille dans l'esprit les souvenirs les plus glorieux de no[pe histoire.

Elles ont autant i'endurance que de flamme, autant d'opiniâtreté que d'élan. Elles savent que la victoire ne sera pas seulement le prix de \d bravoure, mais celui de la persévérance et de la lénacité; et les nombreux succès qu'elles ont déjà remportés et qu'elles ont dus à une heureuse alliance de ces qualités diverses, leur jnl inspiré une légitime confiance dans le triomphe définitii".

Elles ont des ofliciers résolus, fiers eux-mêmes de les conduire au feu sous les ordres de généraux i|ui ont fait leurs preuves sur les champs de bataille, et sous le commandement suprême d'un chef dont la méthode et l'impassibilité sont un

ol)jct d'admiration pour Ions ceux qui le voient à l' œuvre.

Je vous serais reconnaissant, mou cher Ministre, de vouloir bien transmettre mes nouvelles et très vives félicitations au général en chef, aux commandants d'armée, aux commandants de corps, à tous les officiers, sous-officiers et soldats.

Tous, ils servent la France avec le même dévouement ; tous, ils méritent sa gratitude la plus ardente.

Croyez, mon cher Ministre, à mes sentiments les plus dévoués.

A S. M. le roi Georges V, après une visite au G. Q. G. anglais.

Sa Majesté le roi George T', roi de Grande-Bretagne et d'Irlande, Londreft.

En quittant le quartier général français j'ai eu h' grand plaisir de rendre visite aujourd'hui au maréchal French, au quartier général anglais, et aux brillantes troupes britanniques. Je saisis cette agréable occasion pour renouveler à Votre Majesté mes plus cordiales félicitations, et je lui serais reconnaissant de bleu vouloir les transmettre à la belle armée (jiii combat fraternellement aux cotés des Français.

Au Ministre de la Guerre

après la visite du camp retranché de Paris

du mercredi 7 octobre 1914 (i).

Mox CHER Ministre,

La tournée que nous venons de faire dans le camp retranché de Paris nous a permis d'apprécier les excellentes mesures qu'a prises le général Galliéni pour assurer plus complètement la défense éventuelle de la capitale.

Je vous serais obligé de lui exprimer de nouveau mes meilleures félicitations.

Croyez, mon cher Ministre, à mes sentiments dévoués.

Réponse au télégramme de ^\. Charles de Brocqueville, président du Conseil de Belgique, adressant de Dunkerque, le 13 octobre, l'hommage du gouvernement de son pays transféré au Havre.

Bordeaux, i3 octobre.

Comme j'en ai donné personnellement l'assurance à Sa Majesté le roi Albert, c'est avec fierté que la France accueillera aujourd'hui sur son sol le gouvernement du noble peuple qui défend avec tant d'héroïsme son indépendance nationale et le

(i) Les journaux du ii octobre 1914 mentionnent, sans le citer, le téléyrainme de condoléance adressé de Bordeaux, à l'occasion de la mort du roi Carol l" de Roumanie, à la reine Elisabeth et au prince Ferdinand, neveu du défunt.

droit public outragé. Le Gouvernement de la République ne sépare pas la cause de la Belgique de celle de la France, et il a pris toutes les dispositions nécessaires pour que le Gouvernement du Roi conserve dans la ville du Havre le libre exercice de ses pouvoirs. La certitude de la victoire finale allégera, pour vous comme pour les départements français encore envahis, une épreuve passagère dont nos pays sortiront plus étroitement unis, plus forts que jamais.

Télégramme de réponse aux remerciements du Gouvernement belge.

i6 octobre 1914-

iS'. Exc. Monsieur Carton de Wiart, ministre de la justice de Belgique, Le Havre,

Je vous remercie, vous et vos collègues du Gouvernement royal, des sentiments que vous voulez bien m'exprimer. La population du Havre s'est faite, par l'accueil qu'elle vous a réservé, l'interprète de la France tout entière.

Nous étions, en vertu des traités, garants de la neutralité belge, et nous ne sommes pas de ceux qui désavouent leur signature. Mais l'héroïsme de votre nation et le sang versé en commun ont rendu notre devoir encore plus sacré, et nous le remplirons jusqu'au bout avec toute l'ardeur d'une fraternelle amitié.

Télégramme de condoléances sur la mort du D' Reymond, sénateur de la Loire, tué en combat aérien, le 22 octobre 1914.

7)/n,e Emile Reymond, Toul.

Je vous prie d'agréer, Madame, mes respectueuses condoléances dans le deuil qui vous frappe. La mort héroïque et glorieuse du docteur Reymond atteint cruellement tous ses amis, dont j'étais : mais le magnifique exemple de courage qu'il a donné honore le Parlement de France ; et je souhaite que cette pensée vous soit une consolation dans votre immense douleur.

Télégrammes de condoléances sur la mort du Prince Maurice de Battenberg, mort de ses blessures le 29 octobre 1914.

Sa Majesté le roi George F, Londres.

Je suis informé que S. A. le prince Maurice de Battenberg vient de succomber aux blessures qu'il avait reçues en combattant glorieusement pour la cause commune. Je prie Votre Majesté de recevoir l'expression de ma très profonde sympathie.

Son Altesse Royale la princesse Béatrice de Battenberg, Londres.

J'avais eu tout récemment h^ grand phiisir de voir S.A. h' prince Maurice au milieu des belles

Iroupcs brilaiiniques. J'appronds aujourd'hui qu'il est tombe au champ dlionncur. Je prie Votre Altesse de croire dans cette douloureuse épreuve à ma vive et respectueuse sympathie.

Sa Majesté le roi Alphonse XIII, MadricL

J'apprends avec mie vive émotion la mort glorieuse de S. A. le prince Maurice de Batte nberg que j'avais vu tout récemment si plein d'ardeur et de bravoure. Je sais la grande affection que S. M. la Reine avait pour son frère et je comprends quelle doit être sa douleur. Je prie Votre ^Majesté de vouloir bien lui transmettre mes respectueuses condoléances et croire elle-même à toute ma sympathie.

Lettre au ministre de la Guerre (M. Millerand)

Paris, le 6 novembre 1914.

Mon cher Ministre,

Après une longue série de violents combats, nos armées et les troupes alliées ont réussi à repousser les attaques désespérées de l'ennemi. Elles ont fait preuve, dans cette nouvelle phase de la guerre, de qualités aussi admirables que dans la victorieuse bataille de la Marne.

A mesure que se déveloi)pent les hostilités, le soldat français, sans rien perdre de son ardeur et de sa bravoure, acquiert plus d'expérience et adapte mieux ses vertus naturelles aux exi-

geances des opéralions militaires. Il conserve une incomparable force d'ofl'ensive et s'accoutume, en même temps, à la patience et à la ténacité.

Sous le feu de l'ennemi, s'établit entre les chefs et les hommes une intimité confiante, qui, loin d'altérer la discipline, l'ennoblit encore par la conscience éclairée de la solidarité dans le dévouement et dans le sacrifice.

Chaque fois qu'on revient au milieu des troupes on est émerveillé par cette abolition totale de l'intérêt personnel, par ce glorieux anonymat du courage, par la grandeur de cette âme collective "oîi se fondent tous les espoirs de la race.

Et lorsque à portée des projectiles, devant un horizon que les éclatements d'obus couvrent de fumée oîi déchirent de lueurs, on voit des paysans tranquilles pousser leur charrue et ensemencer leur sol, on comprend mieux encore combien sont inépuisables, sur notre vieille terre de France, les provisions d'énergie et de vitalité.

Je vous prie, mon cher Ministre, de vouloir bien transmettre mes nouvelles félicitations au général en chef, aux commandants d'armées, aux commandants de corps d'armées, à tous les officiers, sous-officiers et soldats. Je les ei]iveloppe tous dans une même admiration.

L'armée est digne du pays, comme le pays est digne de l'armée. La France est invincible, parce qu'elle est siire de son droit et qu'elle a foi dans son immortalité.

Croyez, mon cher iMinistre, à mes sentiments dévoués (i). '

Télégramme au tsar Nicolas II pour le 20'= anniversaire de son avènement au trône.

Sa Majesté V Empereur de Russie, Peterhof.

Jamais l'anniversaire de Votre Majesté au trône n'a fourni au Président de la République française une occasion plus émouvante d'exprimer les sentiments de la France vis-à-vis de l'empereur de Russie et du vaillant peuple allié. Je prie Votre Majesté d'agréer mes vœux les plus chaleureux pour Elle, pour sa Majesté l'impératrice, pour Son Altesse le grand-duc héritier et pour la famille impériale.

Je ne doute pas que la Russie ne célèbre votre prochain anniversaire dans la joie d'une paix fermement établie par la victoire.

Télégramme pour la fête du roi Albert I".

i5 novembre 1914-

Sa Majesté Albert r% Roi des Belges, Fumes.

En exprimant à Votre Majesté, à l'occasion de sa fête patronale, mes vœux les plus cordiaux, je tiens à lui redire quel souvenir ému je garde de

(ij Un télégramme de félicitations adressé de Bordeaux à l'Empereur du Japon sur la prise de Tzing-Tao,est mentionné mais non cité dans les journaux du 11 novembre.

noire dernière rencontre dans la libre el imnïor- Icllc Belgique.

Je lui renouvelle en même temps l'assurance que la France est, comme ses alliés, fermement résolue à ne pas déposer les armes avant d'avoir obtenu, pour le droit violé, des réparations définitives et, pour la paix, des garanties inébranlables.

Je prie Votre Majesté de croire à mon inaltérable amitié.

Discours prononcé au Grand Quartier général le jeudi 27 décembre en remettant la médaille militaire au général Joffre.

Mon cher général,

Il m'est très agréable de vous remettre aujomd'hui, en présence de MM. les présidents des Chambres, de M. le président du Conseil et de M. le ministre de la Guerre, cette simple et glorieuse médaille qui est l'emblème des plus hautes vertus militaires et que portent avec la même fierté généraux illustres et modestes soldats.

Veuillez voir dans cette distinction symbolique un témoignage de la reconnaissance nationale.

Depuis le jour où s'est si remarquablement réalisée, sous votre direction, la concentration des forces françaises, vous avez montré, dans la conduite de vos armées, des qualités qui ne se sont pas un instant démenties ; un esprit d'organisation, d'ordre et de méthode, dont les bienfaisants elïets se sont étendus de la stratégie à la tactique ; une sagesse froide et avisée, qui sait toujours parer à l'imprévu; une force d'àmc que rien n'ébranle; une sérénité dont l'exemph; salutaire répand partout la confiance et l'espoir.

Je répondrai, j'en suis sur, à vos désirs intimes en ne séparant pas de vous, dans mes félicitations, vos fidèles collaborateurs du grand quartier général, appelés à préparer, sous votre commandement su[)rème, les opérations de chaque jour et absorbés.

comme vous, dans leur tâche sacrée. Mais par delà les officiers et les hommes qui m'entourent en ce moment, ma pensée va rejoindre sur toute la ligne de front, des Vosges à la mer du Nord, les admirables troupes auxquelles je dois rendre, demain et les jours suivants, une nouvelle visite, et je traduirai certainement, mon cher générî ' votre propre sentiment, si je reporte sur Tensem^ '• des armées une partie de l'honneur que vous avv mérité.

Dans les rudes semaines que vous venez de passer, vous avez consolidé et prolongé, par la défense des Flandres, la brillante victoire de la Marne; et grâce à l'heureuse impulsion que vous avez su donner autour de vous, tout a conspiré à vous assurer de nouveaux succès : une parfaite unité de vues dans le commandement, une solidarité active entre les armées alliées, un judicieux emploi des formations, une coordination rationnelle des difïërentes armes ; mais, ce qui a plus particulièrement servi vos nobles desseins, c'est cette incomparable énergie morale qui se dégage de l'àme fran<;3ise et qui met en mouvement tous les ressorts de l'armée.

Irrésistible force d'idéal, qui, depuis le début de la campagne, a permis à nos troupes de développer leurs qualités acquises et d'en gagner de nouvelles, de s'adapter à la pratique de l'organisation défensive sans perdre leur mordant, de résister égalenieulà la fatigue des combals ininterrompus et à la courbature des longues immobilités,

de se perfectionner, en un mot, sous le feu de Tcnnemi, tout en conservant, au milieu des mille nouveautés de la guerre, leur entrain, leur fougue et leur bravoure.

Le jour oii il deviendra possible de passer en revue quelques-uns des actes de dévouement et de <;ourage qui s'accomplissent quotidiennement (. armi vous, il sera démontré par les faits que I amais, au cours des siècles, la France n'a eu une armée plus belle et plus consciente de ses devoirs. Cette armée, d'ailleurs, ne se confond-elle pas avec la France elle-même ? Et n'est-ce pas la France, la France tout entière, sans exception de partis ou de conditions sociales, qui s'est levée à l'appel du Gouvernement de la République pour repousser une agression perfidement préméditée? Tous les citoyens groupés sous les drapeaux n'ont plus qu'un cœur et qu'un esprit, et les vies individuelles sont prêtes à s'anéantir devant l'intérêt général. Dans ce sublime élan du peuple libre, les représentants du pays n'ont pas été les moins jaloux de payer leur dette à la patrie; et les présidents qui sont venus offrir aujourd'hui à l'armée les vœux des deux assemblées souffriront que je me joigne à eux pour envoyer d'ici un souvenir ému aux membres du Parlement tombés, morts ou blessés, sur les champs de bataille.

Les deuils et les horreurs de cette guerre sanglante n'attiédirontpasTcntliousiasmedes troupes; les pertes douloureuses que subit la nation ne troubleront pas sa constance et ne feront p;is

chanceler s£r volonté. La France a épuisé tous les moyens pour épargner à l'humanité une catastrophe sans précédent : elle sait que, pour en éviter le retour, elle doit, d'accord avec ses Alliés, en abolir définitivement les causes ; elle sait que les générations actuelles portent en elles, avec le legs du passé, la responsabilité de l'avenir; elle sait qu'un peuple ne tient pas tout entier dans une minute, si tragique soit-eUe, de son existence collective et que, sous peine de désavouer toute notre histoire, nous n'avons pas le droit de répudier notre mission séculaire de civilisation et de liberté!

Une victoire indécise et une paix précaire exposeraient demain le génie français à de nouvelles insultes de cette barbarie raffinée qui prend le masque de la science pour mieux assouvir ses instincts dominateurs. La France poursuivra jusqu'au bout, par l'inviolable union de tous ses enfants, et avec le persévérant concours de ses Alliés, l'œuvre de libération européenne qui est commencée, et, lorsqu'elle l'aura couronnée, elle trouvera, sous les auspices de ses morts, une vie plus intense dans la gloire, la concorde et la sécurité.

Réponse au discours de M. William Q. Sharp, présentant ses lettres de créance comme ambassadeur des États-Unis à Bordeaux, le 4 décembre 1914.

Monsieur l'Ambassadeur,

Je suis très touché des seirtimcnls que vous voulez bien m'exprimer. Je sais que vous èles résolu à suivre dans l'accomplissement de votre haute mission les excellentes traditions qu'ont établies vos prédécesseurs. J'ai eu personnellement avec les deux derniers, MM. Bacon et Herrick, les relations les plus cordiales, et j'ai pu apprécier les grands services qu'ils ont rendus à la fraternelle union de nos deux républiques. Je sais aussi que vous venez de traduire fidèlement les sympathies de M. le Président des Etats-Unis et la pensée de votre nation. Je puis vous assurer que, de son côté, la France tout entière a l'admiration la plus vive pour la magnifique civilisation américaine et pour les éminentes qualités de ]M. Wiison.

Je vous remercie des vœux que vous laites pour le rétablissement d'une paix longue et heureuse. S'il n'avait dépendu que du Gouvernement français, la paix n'aurait jamais été troublée. A une attaque brutale nous avons répondu avec ce {)atriolismc et cette bravoure auxquels vous voulez bien rendre hommage.

Nous sommes déterminés à remplir jusqu'au BOUT le devoir qui nous a été imposé. Pour qu'elle soit longue et lieuieuse, pour qu'elle ne soit i>as

illusoire el trompeuse, il faudra que la paix soit jïaranlic par la réparation intégrale des droits violés et prémunie contre des attentats futm's.

Je vous prie de recevoir vous-même, monsieur rAmbassadeur. les souhaits que je forme pour la prospérité et la grandeur des Etats-Unis d'Amérique, ainsi que pour le bonheur personnel de votre illustre Président.

Télégramme au général Ricciotti Garibaldi, sur le glorieux trépas en Argonne de son fils Bruno Garibaldi,

28 décembre igin-

Au moment où les troupes françaises rendent les derniers honneurs à l'un de vos nobles lils, je liens à vous exprimer, en même temps que ma douloureuse sympathie, ma reconnaissante admiration pour les vaillants héritiers de rillustro nom de Garibaldi et pour leurs camarades italiens qui sont volontairement venus s'enrôler en France et qui combattent à nos côtés pour la civilisation latine. Ils dciendent ici, avec nos traditions communes, notre vieille et immortelle culture, l'idéal d'honneur et de liberté qui a toujours été si cher à l'Italie, et ils rendent encore plus étroits et plus solides les liens d'affection qui unissent à jamais nos deux nations sœurs.

Télégrammes en réponse aux vœux de nouvelle année.

3i décembre ii)i4-

.b'« MajcsLc Alùeit 1"% l'oi des Belges, Grand Quartier gênerai belg-e.

Je remercie Votre ?,Iajeslé el Sa ^Majesté la Heine des vœux qu' Elles veulent bien m'adresser el auxquels M"' Poincaré et moi nous avons été 1res sensibles. I

Je saisis, à mon lour, avec empressement, l'occasion de redire à Votre Majesté tous les souliaits que nous formons pour Elle, pour Sa Majesté la Reine et pour la famille royale.

En vous exprimant de nouveau, avec ma vive admiration, le ferme espoir de voir bientôt la vaillante armée beige rentrer victorieuse dans la ' apitale de votre pays libéré, je suis sur d'être 1 intei'prète des sentiments de la France entière, (jui considère comme un devoir sacré d'assurer, avec ses alliés, raffrancJiissement de la noble Belgique (*l le triomphe de ses droits imprescriptibles.

3i décembre 1914-

/S'a Majesté le RoL Pierre, Nieh.

La France, qui se rappelle que Votre ^Majesté a combattu pour elle, sera très sensible aux vœux que vous lui adressez. Je prie Votre Majesté d'agréer Elle-Mème mes vives félicitations, ainsi •que mes souhaits pour Elle et pour la vaillante Serbie.

3i décembre kjIh-

6'. -i. R. le prinee Alexandre, prince régent de Serbie, Krajoujevatz.

Les vœux de Votre Altesse Royale m'ont vivement touché. Je lui adresse moi-même mes souhaits lervenls pour Elle, pour la glorieuse nation serbéi et pour son héroïque armée.

I ' janvier 191"».

.S'. M. le Jxoi de Grande-Bretagne et d'Irlande, Empereur des Indes, Londres.

Je remercie Votre Majesté de ses vœux et je la prie de recevoir les souhaits ardents que je l'orme pour Elle et pour la grande nation britannique, ajnie et alliée de la France. J'ai jtleine conliance dans le succès complet de nos armes. I^a P'rance, résolue à lutter jusqu'au triomphe total pour la cause connnune, est ficre de déiendie aujourd'hui, avec l'Angleterre et nos alliés,

la liberté des peuples cl. le patrimoine moral de riumianité (i).

Réponse aux vœux du Corps diplomatique exprimés à l'Elysée le 1" janvier 1915, à dix heures, par S. E. sir Francis Bertie, ambassadeur d'Angleterre, doyen d'âge.

Monsieur l'Ambassadeur,

Je vous remercie des souhaits que vous voulez bien m'exprimer au nom du corps diplomatique. Ceux que nous formions, le i" janvier 1914. pour le maintien de la paix répondaient au commun désir de toutes les nations qui sont représentées ici. Ils ne se sont malheureusement pas réalisés. Je ne doute pas que l'an prochain, à cette réception traditionnelle, nous ne célébrions ensemble l'établissement d'une paix bienfaisante qui, solidement appuyée sur le droit et sur le respect des traités internationaux, donnera aux peuples la sécurité nécessaire.

Réponse à un télégramme du tsar Nicolas II daté de Tsarskoié-Sélo.

2 janvier I9i5.

Sa Majesté l'empereur de Russie, Tsarskoié-Sélo .

J'ai été vivement touché des vœux que Votre

ij Les journaux signalent également, sans citer les textes,

lin télégramme du général JolFie, auquel M. R. Poincaré ■< a

lépondu en lui exprimant ses félicitations et ses vœux ». Journal dt'ft Débafs, a janviei' I9i5).

IMajei^'lc a bien voulu m'adresser en rentrant à Tsarskoié-Sélo. Je la remercie également de l'aimable message radiotélégraphique qu'elle m'a envoyé à son passage à jMoscou.

Je prie Votre Majesté de recevoir mes souhaits chaleureux pour elle, pour S. ]M. l'impératrice, pour la famille impériale ainsi que pour le noble peuple russe et pour sa vaillante armée.

La France a, elle aussi, pleine confiance dans la victoiix; des alliés et dans le triomphe de notre cause commune (i).

Condoléances sur la mort de Constantin Qaribaldi.

() janvioi- 191").

Général Ricciottl Garibaldi, Rome.

A peine ai-je reçu votre noble télégramme que j'apprends la mort glorieuse d'un autre de vos fils dans cette forêt d'Argonnc où la légion italienne fait tous les jours preuve de bravoure et d'héroïsme.

Recevez mes nouvelles et ardentes sympalliics.

(i) Le Jonrnnl dcfs Débalu du 4 janvier qui publie ce texte ajoute (jup « les remerciements de M. Poincaré au sultan d«i Maroc et au bey de Tunis » ont été transmis par le péntM-al Lyautey et le résident général de Tunisie, M. Alapelite.

ni)

Allocution proîîoncéc à Dunkerque le lundi matin, 11 janvier 1915, en remettant aux combattants de l'Yser le drapeau des « Régiments de marins ».

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