Messages [microforme]
E sujet que nous allons traiter aujourd'hui À vous frappera dès l'abord par sa gravité et par son importance, et nous le développerons avec une liberté d'autant plus grande, que nous sommes assuré de répondre aux sentiments et aux vœux de tous les cœurs sincèrement honnêtes et
chrétiens.
4 MESSAGES ee PESTE
Nous voulons vous parler de la tempérance, ou plutôt, puisque la nécessité nous y contraint, du vice qui lui est opposé, et de la stricte obligation qui s'impose à tous de combattre ensemble ce fléau meurtrier qui va sans cesse grandissant et nous Menace de ses ravages les plus désastreux.
Vous ne l'ignorez pas, ce sujet pénible ‘ait, et à Juste titre, la préoccupation la plus sérieuse de tous ceux qui ont à cœur le salut des âmes, la paix et le bonheur des familles, et le bien de la société,
C'est qu'en effet, l'intempérance augmente chaque jour, partout et à tous les degrés de l'échelle sociale, le nombre de ses victimes, et par là, fait plus de mal que les épidémies les plus terribles, que les catastrophes passagères les pius effroyables ; ce qui a fait dire à un homme d'état éminent, qu'elle est plus à redouter que la peste, la famine, la guerre, ces trois fléaux historiques. Cette parole désolante reçoit sa pleine application dans notre Propre pays.
À voir ce qui se Passe sous nos yeux, dans bon nombre de nos Paroisses, et à côté de l'invasion
croissante du mal, à voir l'incurie, la connivence
nce, ou aint, du ligation ce fléau t nous
t, et à de tous x et le
haque ociale, lus de ue les :e qui le est 1erre, lante pays.
bon sion
ence
Le]
même d'un trop grand nombre, nous sommes saisi d’effroi en pensant que notre peuple, s'il n’y prend garde, se laissera envahir et décimer par un ennemi que l'on peut encore combattre avec succès, si nous Pouvons gagner à la lutte la bonne volonté et le courage de ceux qu'il n’a pas encore réduits en sn v'iste servitude,
Voilà pourquoi, pour accomplir un devoir sacré de notre charge pastorale, espérant de la grâce de Dieu que nous serons entendu et écouté de vous
tous, nous élevons aujourd’hui la voix pour jeter le
cri d'alarme de notre cœur paternel, en présence des dangers que nous fait courir l'abus des boissons enivrantes, pour rappeler à tous l'obligation de travailler d’un commun accord à enrayer le mal, et pour indiquer les moyens à employer afin de maintenir parmi nous la sobriété qui est à la base du bonheur domestique et du bon ordre social.
——— RTE nt le ee
Les maux causés par l'intempérance ne vous sont-ils pas assez connus ? N'en aVeZ-VOUS pas assez souvent contemplé le triste spectacle ? Est-ce bien le sentiment d'une pitié compatissante, n'est-ce pas plutôt une sorte de répulsion qu’inspire le malheureux adonné depuis quelque temps à la boisson, et qui déjà, dans tout son être, laisse apercevoir les traces désormais indélébiles du vice repoussant de l'ivrognerie !
Cet homme avait naguère une âme généreuse, une belle intelligence, la légitime ambition du chef de famille qui rêve pour les siens l’aisance et le bonheur, fruit du travail honnête et d'une judicieuse économie,
Il était plein de santé, d'énergie, de vigueur. Les perspectives les plus riantes s'ouvraient devant lui.
Tendrement affectionné par les siens, il jouissait de la considération publique et pouvait se promettre, après une vie honorable et des sucrès mérités, de laisser après lui un nom respecté et une réputation sans tache — Je plus bel héritage qu'un père puisse léguer À ses enfants.
pe vous as assez ce bien -Ce pas le mal- )OÏSSON, roir les int de
éreuse, 1 chef
Entrainé par de vilains amis, ou cédant trop facilement aux séductions d’un penchant vicieux, il s'est mis à boire ; bientôt l'excès est venu habituel, persistant — et désormais c’est un esclave de l'intempérance, c’est un ivrogne.
L'abus répété des grâces a rendu son âme insensible ; l'abandon à peu près complet 1e la prière quotidienne, l'éloignement des sacrements, la fréquence des rechutes, et les fautes souvent très graves commises sous l'empire de l'ivresse, ont graduellement fermé son cœur à l’action surnaturelle, la religion a perdu sur lui l'empire d’autrefois ; il est atteint au plus profond de son être et dans ses plus belles facultés ; son intelligence s’est obseurcie ; son cœur ne connaît plus la noblesse des sentiments élevés ; sa volonté est devenue molle et sans résistance ; bientôt, ce sera l'hébétement, la perte totale de la raison ; ce sera un aliéné
de plus au crédit de l'intempérance.
Et s'il n'arrive pas jusqu’à cette douloureuse extrémité de la folie alcoolique, ce sera au moins
pour lui et d'une manière bientôt irréparable, la
déperdition Progressive du sens moral, des dons intellectuels et de la force de volonté.
Dès lors ce sera à coup sûr la ruine spirituelle, précipitée par la négligence de tous les devoirs, et l'irruption par cette porte toute grande ouverte, de toutes les passions indomptées faisant d'ordinaire à l'ivrognerie un sinistre cortège de vices dégradants et honteux.
Il porte même sur son corps l'empreinte laissée par le démon de l'intempérance,
Car cette passion a cela de particulier qu’elle s'attaque à l'homme tout entier.
Elle brûle à petit feu l'organisme et mine en peu de temps les plus fortes constitution,
Source féconde des maludies Jes plus graves, l'intempérance tient son esclave sous la menace constante d’une mort foudroyante.
Et en attendant ce dénouement qu'elle tient en réserve, elle abrutit le Corps et détruit ce qui reste de l'image divine, elle le réduit à n'être, sous sa domination complète, qu'une masse inerte, rejetée loin de la vue par la brutalité de ceux-là même qui
dons
elle,
ui
ont été les complices ou les tyrans avares de ce
malheureux.
Là ne se bornent pas les effets, déjà si lamentables, de l'ivrognerie ; et ce que nous avons à ajouter ne s'applique pas seulement à ceux qui trainent jusque dans la fange la loque humaine qu'ils sont devenus par l'ivresse habituelle ; mais bien à ceux même qui sans tomber aussi bas, côtoient l'abime ouvert sous leurs pieds, en se laissant aller imprudemment à des abus qui ne peuvent que grandir, et dont les suites sont déjà trop manifestes. L'inteinpérance n'attend pas longtemps pour faire de son esclave la cause de la misère morale et de la détresse matérielle qu'elle introduit à coup sûr dans les familles,
L'homme adonné à la boisson, fût-il par la nature doué du meilleur caractère, et eût-il reçu l'éduca-
tion la mieux soignée, devient presque fatalement
un égoïste qui ne songe qu'à satisfaire sa passion, même au prix des privations et des souffrances im-
posées par lui aux êtres qui lui tiennent de ph près.
C'est un Paresseux, qui n'accomplit plus qu juste ce qu’il lui faut de travail pour se donner d quoi boire ; c’est un violent, qui ne souffre aucun reproche et ne peut cndurer aucune plainte.
C'est un époux Sans-Cœur, un père sans entrailles alors qu’il était connu Pour son dévouement et sa tendresse, Sa femme, ses enfants : ces mots ne disent plus rien à son âme dévoyée,
La boisson a tout remplacé en chassant le bon Dieu lui-même.
S'il entre à la maison, c'est pour faire entendre des impréeations et des blasphèmes, c'est pour accabler de menaces et de Coups, à la première contra. diction, les êtres qui lui étaient les plus chers, C'est Pour arracher, s'il le peut, à la famille réduite à l'indigence, à la mère et aux enfants, les derniers sous qui devaient servir à réchauffer leurs membres Ou apaiser leur faim, et il s'en va les boire,
L'épouse triste, découragée, si elle est assez forte et assez généreuse Pour supporter l'épreuve et ne
nt de plus
plus que onner de re aucun e.
ntrailles, nt et sa
nots ne
t le bon
atendre Ir aCCAcontras. C'est luite à rniers mbres
; forte et ne
MESSAGES 1l
pas aggraver le mal par de vaines récriminations, se contentera de gémir et de pleurer.
Mais il faut bien qu'elle se dise, dans le silence de son martyre, que le bonheur, dont elle avait jadis, au pied des autels, reçu les plus riantes promesses, est‘ aru de son foyer parce que l’intempérance est vez Je s’y asseoir.
Et désormais, dans -: ménage auparavant si uni, c'est la discorde, c'est l'indifférence, puis la haine et finalement l'abandon ou la rupture, à moins que la femme, par un suprême effort de générosité héroïque, ne consente à rester attachée, par des chaînes devenues si lourdes, à un époux devenu son bourreau.
Et les enfants, qui ne demandent qu'à aimer, qu'à vénérer, à écouter docilement leur père, de quelle frayeur ne sont-ils pas saisis À le voir les yeux hagards, titubant, ayant peine à parler et ne laissant tomber de cette bouche fétide, que des paroles obscènes ou des jurements de colère.
Est-ce un homme, un chrétien, un père qu'ils
contemplent avec terreur, dont ils repoussent les caresses avec dégoût !
S'il n’a pas perdu les droits inhérents à l'autorité paternelle, comment peut-il désormais prétendre les exercer avec fruit.
Quel scandale pour ses fils !
Perdu dans l'affection de sa famille, au sanctuaire désolé du foyer domestique, que fait l’intempérant de sa position dans la société ?
Il a bientôt perdu l'estime, la confiance dont il était jadis honoré ; on le montre du doigt avec mépris ; il ne Compte plus guère dans l'esprit de ses anciens amis, qui tour à tour l'abandonnent, quelquefois après l'avoir aidé à descendre aussi bas.
Il devient une non-valeur sociale, quand il ne s abandonne pas tout à fait au déchaînement de ses plus brutales passions.
Lorité
ndre
aire rant
Par ses chants dissolus, ses propos licencieux, aussi bien que par sa conduite désordonnée, ses folles dépenses, et par la perte de tout contrôle sur sa vie, il voit disparaître comme par enchantement tout son crédit comme toute son influence, et finalement tout emploi, Il s'enfonce chaque jour dans
des dettes qu'il ne pourra jamais solder.
Il dissipe l'héritage des ancêtres aussi bien que les économies péniblement amassées ; bientôt ce sera |: catastrophe finale, le drame de la misère, celui de l'intempérance.
Combien en avez-vous vu de ces terres paternelles, saisies, vendues, passées en d’autres mains ; de ces familles dispersées, de ces paroisses même décimées par le terrible fléau ?
Et l'on dit froidement : ce pauvre malheureux s'était livré à la boisson, il a tout bu, et d’une honnête aisance qu'il possédait ou qu'il pouvait facilement acquérir, il reste pour lui le déshonneur et le chemin public.
Heureux encore si, dans son épouvantable ruine,