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Il a fait de plus comprendre tout le prix qu'il faut attacher aux jeunes âmes, tout le mérite qui s'attache à leur éducation, en s'identifiant avec elles, et prenant pour lui-même les soins qui leur sont
donnés : qui suscipit talem in nomine meo, me suscipit.
Ce n'est pas assez.
Jésus-Christ veut fonder son Église avec le sacerdoce permanent pour base et pour centre.
Il réunit autour de ui quelques disciples choisis et établit, avec le Premier séminaire, le collège apostolique dont il demeure le directeur, le professeur de tous les jours.
Ce sont ses Premiers prêtres qu'il veut instruire et former lui-même.
Les apôtres formés à l’école du Sauveur sont ainsi conduits par leur Maître jusqu'au cénacle où l'Esprit-Saint confirmera leur esprit et le -æur dans la connaissance et l'amour.
Avant de les quitter, le Maître leur donne une mission essentiellement éducatrice ; c'est comme docteurs et pour enseigner qu'ils sont envoyés vers tous les peuples de la terre : Euntes docete,
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Sans doute ils doivent sanctifier les âmes par l'administration du baptême et des autres sacrements ; mais après qu'ils les auront instruites, qu’ils leur auront enseigné toute la vérité qu'ils possèdent pour la communiquer aux autres ; et l'universalité des paroles du Sauveur indique assez que si l’Évangile doit être regardé comme l’objet propre et direct de leur prédication, leur droit d'enseigner s'étend beaucoup plus loin ; il comprend tout ce qui peut être affecté par le contact ou l’absence de la vérité révélée qui doit désormais pénétrer toute étude et toute science même profane.
L'éducation devenait par le fait un droit inaliénable, essentiel et primordial de l'Eglise, et devait former l’objet des soins les plus incessants et les plus tendres du sacerdoce catholique.
Les apôtres ont suivi ponctuellement les instructions et l'exemple de leur maître ; ils ont été comme lui éducateurs avant tout, et tout en répandant partout la lumière de la foi, ils se sont formé des disciples, des aides, des successeurs qui, dépositaires à leur tour de la doctrine et de la science, fussent
capables d’instruire les autres.
C'est l’histoire de chacun d'eux, c'est l’histoire particulière de saint Paul et de ses principaux élèves Tite et Timothée.
Cet esprit apostolique s’est transmis d'âge en âge à travers les siècles : toujours l'Église, pénétrée des sentiments de son divin Fondateur, a placé au premier rang de ses préoccupations celle de l'éducation de l'enfance et de la jeunesse.
C'est elle qui a créé l'école Populaire, institution jusqu'alors inconnue, qui se greffa peu à peu sur toutes les cathédrales, sur les monastères, et les églises paroissiales ; les papes, les évêques, les fondateurs d'Ordres, les prêtres les plus célèbres mettant leur autorité et leur génie au service de cette œuvre, que les conciles donnaient de leur côté comme le fondement le plus solide et le plus durable de l'édifice de la foi et de la civilisation chrétienne.
Quels noms dans l’histoire de l'Église, surpassent pour le mérite et la gloire, ceux des Damase, des Grégoire le Grand, des Benoît, des Augustin, des Thomas d'Aquin, des Gerson, des Charles Borromée, des Ignace de Loyola, des Joseph Calacsance, tous
des éducateurs, des instituteurs de l'enfance.
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Avaient-ils une âme sacerdotale les Olier, les Vincent de Paul, les Jean-Baptiste de la Salle, les
Bossuet, les Fénelon, les Dupanloup, les Dom Bosco et tant d’autres ? et ont-ils cessé d’être vraiment
prêtres ou même évêques parcequ’ils ont fait la classe aux jeunes gens ?
N'est-ce pas plutôt par là qu'ils se sont montrés remplis de l'esprit sacerdotal, qu'ils se sont surtout montrés ce que doivent être tous les prêtres : Ministros Christi et dispensatores Mysteriorum Dei! Et cette sollicitude vraiment pastorale de l'Église, dans ses pontifes et ses prêtres pour l'éducation, n’a-t-elle pas conservé toute sa saveur et sa force apostolique dans Pie IX et Léon XIII, les deux plus puissants soutiens de l'éducation catholique dans notre siècle ?
Au Canada, le pays par excellence de l'éducation chrétienne et du prêtre éducateur, c'est parce que le clergé a créé l’école, le couvent, le collège, qu'il a toujours été le principal promoteur et à peu près l'unique ressource de ces grandes œuvres, qu'il s'est
acquis des titres impérissables à la reconnaissance publique.
Le dévouement sacerdotal prodigué à l'enfance et à la jeunesse remplit nos annales ; on peut dire que
chaque prêtre a contribué pour sa bonne part à ce
qui est désormais la gloire de tous, bien que l’histoire de l'éducation nationale se résume surtout, en outre des évêques, et pour ne parler que de ceux qui ne sont plus, dans les noms si connus des Curateau, des Ducharme, des Girouard, des Labelle, des Manseau, des Cazeau, des Desautels, etc. : de saints prêtres auxquels se rattache le berceau des principales maisons ouvertes à la jeunesse studieuse. Chez nous, l'éducation a donc été particulièrement le fruit du zèle sacerdotal encouragé par l'Église, qui a toujours considéré cette œuvre comme étant de souveraine importance, et digne d'occuper le pre-
mier rang dans les préoccupations de ses ministres les plus zélés.
C'est le témoignage que nous a rendu solennellement l'illustre Léon XIII dans son immortelle encyclique Afuri vos laquelle restera comme le code complet et définitif de l'éducation catholique
en ce pays.
Les prêtres professeurs ont done de grands modèles qu'ils peuvent imiter en toute confiance et sans craindre aucun amoindrissement de leur dignité, qui grandit au contraire de toute l'attention qu'ils apportent à remplir en esprit de foi leurs devoirs d'état.
Ceci devient plus manifeste encore si l’on considère l'objet propre de l'éducation qui est bien par lui-même le plus capable de séduire la sollicitude pastorale.
Dépositaire de la doctrine et dispensateur des dons de la grâce, le prêtre remplit ce double office par la prédication et l'administration des sacrements.
Il peut le faire, et c’est le lot commun, d’une façon générale, en s'adressant indistinctement à la foule des fidèles, et en accourant auprès de tous ceux qui requièrent sa présence ; c'est le ministère paroissial ordinaire.
Employé à l'éducation, il procède autrement.
Il condense en quelque sorte son action sur des
âmes déterminées, en nombre restreint, qui vivent
avec lui, et reçoivent d’une manière exclusive tout le bénéfice d’un ministère consta nt, lequel ne s'arrête pas à la surface mais pénètre jusqu'aux fibres les plus intimes, pour faire entrer partout la lumière et la force qui devront faire de ces jeunes gens des hommes de science et de vertu.
Ce sont des âmes généralement pures, naïves, confiantes qu’il faut conserver dans la grâce, et nourrir de piété ; ce sont des intelligences qu'il faut développer, en les initiant peu à peu aux vérités dont l& connaissance nous est permise ici-bas ; qu’il faut fortifier et prémunir contre les erreurs en leur préparant des armes pour combattre les sophismes de l'impiété ou de l’hérésie,
Il s'agit pareillement de cultiver dans les cœurs les bons sentiments, de leur rendre les vertus aimables et faciles, de contrôler leurs tendances et leurs affections, de leur faire éviter les faiblesses et les chutes trop communes à cet âge.
Il s’agit encore de donner la droiture aux volontés, de les habituer à l'usage légitime de leur
liberté, de les détourner du mal, de les pousser vers
le bien et de leur faire prendre une voie dans laquelle toute leur vie elles auront à marcher.
Il faut de plus former leurs consciences, les m deler sur les grandes règles du droit et de la justice, les habituer à la rectitude et à l'autorité pratique de leurs jugements.
Il importe enfin de travailler les caractères : de découvrir les défauts pour les corriger ; les bonnes qualités pour les affermir ; les aptitudes spéciales pour les tourner vers leur objet dans la mesure convenable ; les talents pour les faire fructifier au centuple ; les énergies pour les empêcher de dévier, et les appliquer exclusivement à ce qui est juste et noble ; de donner à tout cela les formes élevées et polies qui sont le propre d‘une éducation vraiment chrétienne.
En un mot, celle-ci consiste à cultiver, exercer, développer, fortifier et polir toutes les qualités physiques, intellectuelles, morales et religieuses qui constituent dans l'enfant la nature et la dignité humaine, donner à ces facultés leur parfaite inté-
tt nn den és ee À © MESSAGES 115 RE -
grité, les établir dans la plénitude de leur puissance et de leur action (3).
Se peut-il une œuvre plus vraiment sacerdotale ?
Or cet enfant d'aujourd'hui sera l'homme de demain.
11 sera toujours semblable à lui-même, selon la parole de l'Écriture : adolescens juxta viam suam etiam cum senuerit non recedet ab ea.
C'est donc pour toute sa vie que l'éducation forme, par le travail de chaque jour, l'homme de vertu, l'homme de science, l’homme de cœur, l’homme “e conscience, l’homme de caractère ; et ce n'est pas seu'2ment pour lui-même, mais encore pour le bonhetr de tous ceux sur lesquels plus tard s'étendra son influence ; car par son éducation même il est destiné à devenir un chef, à marcher à la tête de ses concitoyens. “ C’est l'éducation ” dit encore Mgr Dupanloup, “ qui par l'influence décisive qu'elle exerce sur l'enfant et sur la famille, élément primitif de toute société, fait les mœurs
(3) Mgr Dupanloup.
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domestiques, inspire les vertus sociales, et prépare des miracles inespérés de restauration intellectuelle, morale et religieuse.
C'est l'éducation qui fait la grandeur des peuples et maintient leur splendeur, qui prévient leur décadence, et au besoin les relève de leur chute ”. Leibnitz disait dans un sens qui heureusement ne s'applique pas à nous, qu'on réformerait le gnre humain, si on réformait l'éducation ; appliquonsnous seulement le principe : nous conserverons notre peuple avec sa foi et ses mœurs chrétiennes si nous conservons l'éducation, et c'est pour nos prêtres, selon le mot de Léon XIII, la manière la plus eficace de travailler au véritable bonheur de leur pays.
Le collège est comme un jardin rempli d'arbustes qu'on y a plantés pour y être cultivés jusqu'à leur pleine croissance.
Par cette culture intensive, on fournit à chaque plante la sève généreuse, et l'on donne sans réserve tous les soins voulus pour qu'elle arrive à son plein développement et produise de bons fruits en abon-
°. ce.
Alors même que l'éducation se bornerait à former des chrétiens instruits qui seront plus tard à la tête de leurs Compatriotes, ce serait déjà pour le prêtre un motif puissant de voir en elle l'exercice le plus religieux du zèle sacerdotal.
Mais quand on songe qu'un grand nombre d’enfants sont conduits au collège par la divine Providence qui les a choisis Par une prédilection particulière, pour en faire de futurs ouvriers de la moisson évangélique, on ne peut qu'être saisi d'admiration, et pénétré de reconnaissance à l'égard du divin maître dont on devient le collaborateur intime et spécial.
Saisir les premiers signes sérieux d'une vocation religieuse ou sacerdotale : employer ses soins à préserver ce germe précieux, le développer, le nourrir, le conduire jusqu'à son plein épanouissement, enfin préparer le prêtre futur dans le jeune homme que l'on instruit et que l'on élève ; Y a-t-il quelque chose de plus grand, de plus digne du prêtre ? l'éducateur n'est-il pas alors apôtre dans toute la force de ce
EE Sn or eme D 118 MESSAGES
mot ; lui reste-t-il quelque chose à envier à ses frères dans le sacerdoce ; et n'est-ce pas plutôt ce ministère, que se partagent les prêtres de nos colléges séminaires, qui est le plus excellent et le plus digne de captiver les plus grandes . nes ?
Œuvre de zèle sacerdotal au premier chef, et de généreuse abnégation, l'éducation ne laisse pas d'offrir aux prêtres qui s'y adonnent, des avantages personnels très considérables, bien qu'ils ne soient pas toujours compris et appréciés.
Disposons d'abord de la question matérielle qui ne saurait être mise ici en ligne de compte.
Le prêtre, en entrant dans les rangs du sacerdoce, a renoncé à toute attache aux biens de ce monde, pour prendre le Seigneur pour unique héritage ; et s'il n'a pas fait le vœu de pauvreté, il doit cependant, même dans le ministère paroissial, pratiquer cette vertu dont Notre-Seigneur a donné un si grand exemple.
L'éducation dans nos collèges est à peu près gratuite ; les élèves ne donnant en somme que ce qu’i. faut, rien de plus, pour la marche régulière des diverses institutions.
Les professeurs sont rémunérés juste assez pour ne pas manquer du nécessaire ; c'est une situation pénible surtout pour les supérieurs ecclésiastiques, qui aimeraient tant à témoigner aux éducateurs prêtres leur estime particulière en leur assurant une position temporelle conforme à leurs mérites,
La chose n’est pas possible ; le sacrifice du reste est généreusement accepté, et les prêtres de nos maisons d'éducation redisent avec saint Paul : Habentes alimenta et quibus legamur his contenti sumus (4).
Ajoutons que la roue tourne ; Chacun d'eux donne aujourd’hui ce qu'il a reçu lui-même par le passé ; c'est grâce au dévouement d'autrui que nous avons pu faire nos études ; nous reversons sur d’autres la
(4) I Tim., vi, 8.
a en —
même charité, selon cette parole de l’Écriture : Gratis accepistis, gratis date (5).
Par là Je personnel enseignant d’une maison fait œuvre doublement méritoire puisqu'il ajoute à l’éducation qu' 2 saurait être payée à sa juste valeur, l’aumône du salaire qu’il mérite vraiment et dont la remise faite volontiers permet aux collèges de se maintenir et de prospérer.
On y voit se réaliser la belle parole de l'apôtre : Impendam ct super impendar ipse pro animabus vestris (6).
En retour, ces prêtres sont dégagés des préoccupations domestiques ; ils n’ont pas à s'inquiéter du lendemain ; ils mettent en pratique, pour l'avantage du ministère qu'ils remplissent, la recommandation du Sauveur : Volite ergo solliciti esse dicentes : quid manducabimus... (7).
Admettons encore que l'éducation de la jeunesse
(5) Math. x, 8.
(6) II Cor., xnt, 15.
(7) Math., vi, 31.
esse
offre par elle-même peu de joies, de consolations sensibles, et disons le mot, généralement peu d'attrait.
11 faut de la patience, du courage et une bonté inaltérable pour travailler ainsi, toute une année durant, sur un petit peuple léger, volage, insaisissable, peu reconnaissant, souvent même ingrat ; c'est un ministère obscur. difficile, désagréable parfois, quand il n’est pas rendu tout à fait pénible : d'autant plus que les mêmes professeurs ont peu de temps les mêmes élèves sous leurs soins, et que les fruits . .e leur ministère actuellement impeïceptibles ne parviendront que plus tard à leur maturité : alius est qui seminat et alius est qui metit (8).
Le prêtre éducateur est donc ordinairement privé de la satisfaction inhérente sous ce rapport au ministère paroissial proprement dit,
Ceux qui ont porté pendant de longues années le poids du professorat peuvent dire, cependant, que
Dieu leur accorde souvent une jouissance véritable
(S) Jo., 1v, 37.
qu'ils acceptent comme une récompense temporelle de leurs travaux.
C'est quand leurs élèves, après avoir quitté les bancs du collège pour entrer dans une carrière quelconque se montrent fidèles à l'éducation reçue, et font honneur par leur conduite et leurs succès à leurs maîtres et à leur Alma Muter.
Ceux-ci ne sauraient, sans une certaine fierté de bon aloi, voir se former d'année en année, la couronne de leurs dignes et chers élèves, qui sont toute leur gloire,
D'ailleurs, pour des âmes apostoliques oublieuses d’elles-mêmes et ne s’attachant qu'à l'œuvre qu'elles poursuivent et au bien général dont elle est la source, il y a une jouissance intime d’un ordre très élevé.
La vie de communauté menée par les prêtres dans les collèges est sussi pour eux un sacrifice de tous les jours ; c’est d'elle qu'il a été dit : Maxima pæœnitentia. Surtout ‘pour ceux qui, nullement astreints par les vœux ordinaires de religion, la
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pratiquent uniquement par obéissance sacerdotale et pour mieux remplir la grande charge de l’éducation.
Toutefois, pour des hommes animés du même esprit et soutenus par le même désintéressement, il y a du bonheur à vivre ensemble, à mettre en commun leurs talents, leurs travaux, pour faire tout Converger vers la même fin qui devient alors l’œuvre de chacun parce qu’elle est l'œuvre de la communauté.
Cette union des esprits et des volontés, pour peu qu'elle soit cimentée par la charité sacerdotale, donne une force irrésistible à l’action commune, et assure le succès des efforts de chacun.
C'est vraiment là la triple chaîne que rien ne saurait briser ; c'est aussi la réalisation de ces belles paroles : Ecce quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum.
Cette communauté de vie et de dévouement
amène la communauté des mérites, et c'est pour
cela qu'il faut peu s'in. iéter de la charge particu-
lire qui nous est assignée ; il n’en est point de banale ou de médiocre importance.
Sur un vaisseau, quand l'équipage est bien organisé, tous ceux qui le composent contribuent à la sécurité et à la marche régulière du navire ; de même dans un collège, que l’on soit supérieur, directeur, préfet des études, économe, professeur ou maître d'étude et surveillant, peu importe ; on remplit une fonction sans laquelle il manquerait un rouage nécessaire au bon fonctionnemer.. de l’ensemble, on occupe donc toujours un poste de confiance.
Les efforts individuels se confondent dans l’action commune qui décuple leur valeur, et aussi leurs mérites ; dans une sphère restreinte, c’est l’application du dogme de la communion des saints : Melius est duos esse simul quam unum ; habent enim
emolumentum sooietatis suæ (9).
C'est précisément cette concorde des volontés,
(9) Ecel., v. 9, 12.
cette harmonie des efforts qui donne à nos maisons d'éducation leur stabilité et assure leur succès.
ue personnel d’un collège forme une société spirituelle à mises égales, à fonds commun, et à dividendes égaux, parce qu'il y a chez tous ceux dont il est composé, égale bonne volonté.
Pourquoi n’ajouterions-uous pas que cette communauté de vie parmi les prêtres des collèges ecclésiastiques est pour eux comme un prolongement de la vie menée au grand séminaire ; qu'elle les protège contre les dangers de l'isolement ; qu’elle les confirme dans la grâce de leur vocation en les établissant dans un milien sacerdotal, au sein d’une atmosphère de piété et de science, dans laquelle se poursuivent et se perfectionnent leurs études, non plus seulement par les livres, mais par la communication journalière et réciproque des connaissances acquises par chacun.
Concluons.
L'éducation de la jeunesse a toujours été consi-
dérée par l'Église comme une chose de première
importance ; elle n'a jamais cessé d'occuper l’attention et le zèle des pontifes et des prêtres les plus saints et les plus éclairés ; l'objet qu'elle poursuit justifie amplement cette préoccupation, et le prêtr2 qui s’y livre en retire pour lui-même d'immenses avantages.
O vous ! prêtres jeunes ou anciens qui êtes appelés à vous dévouer dans nos collèges et séminaires, à élever la jeunesse, vous faites une œuvre grande, noble, sublime.
Aujourd’hui surtout, ‘us que jamais l'Église est en butte aux assauts le. plus terribles ; on s'acharne contre elle de toutes parts ; on l'attaque par tous les moyens ; on dirait que dans cette lutte suprême, l'enfer réunit toutes les armes suscitées par lui à tour de rôle dans le cours des siècles.
Mais c'est surtout la jeunesse qui est le champ de bataille de l'erreur contre la vér ‘é ; du mal contre le bien ; aussi voit-on dans le monde entier, les méchants conspirer pour ravir à l’Église les enfants en lui enlevant peu à peu le moyen de les
élever.
Prêtres-éducateurs : vous êtes au premier rang des croisés de la Foi et de la Religion ; protecteurs
de l'enfance et de la jeunesse studieuse, l'Église a
les yeux sur vous, elle compte sur votre dévouement ; elle sait que, pas plus que vos devanciers, vous ne faillirez à la tâche.
Acceptez généreusement la charge que vous désigne l'obéissance sacerdotale : acceptez de même l'emploi spécial que requièrent de vous les besoins de la maison où vous êtes appelés : mettez à remplir vos fonctions tout ce que vous avez de piété, de talent et d'énergie ; évitant toute rontine, commençant chaque journée comme si elle dépassait les autres en importance pour vous et vos élèves.
Que la pensée du bien que vous faites à l’Église dans !:, personne de ses futurs ministres, à la société dans ses futurs citoyens, soutienne et ravive sans cesse votre courage ; et souvenez-vous toujours que l'éducation est une œuvre éminemment sacerdotale et qu’elle demande pour être bien conduite, la mise en acte, tous les jours, du zèle le plus éclairé, du dévouement le plus infatigable.
CERN DUC à DE pm nus,
q* Û | à LS S ie.
Prenez pour vous ces belles paroles que saint
Augustin adressait aux chefs de famille de son
temps et qui s'appliquent à bien plus forte raison aux prêtres éducateurs.
Pro Christo et pro vita œterna suos omnes admoneat, doceat, hortetur, corripiat, impendat benevolentiam, exerceat disciplinam et in domo sua ecclesiasticum et quodammodo episcopale implebit officium ministrando Christo ut in æter-
num sit cum ipso.
Vaiieyfield, août 1898.