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Il est évident que tout prêtre quel qu'il soit, dès lors qu'il répond à l'appel suivant le promitto de son ordination, est par là même en état d'acquérir tout le mérite pouvant découler du caractère sacerdotal, et que, devant Dieu et devant l’Église, toutes les fonctions se valent si elles sont remplies en vertu de l’obéissance hiérarchique.
Bien au contraire, c'est précisément le préjugé opposé à cette doctrine que nous venons attaquer de front, lequel consiste à dire ou à croire que le prêtre ne saurait être vraiment tel que dans l'exercice du ministère strictement paroissial et par l’administration journalière des sacrements ; que, si un
évêque invite un prêtre à se dévouer quelque temps à l'éducation, en outre des sacrifices inhérents par eux-mêmes à la vocation ecclésiastique, il lui demande de renoncer plus ou moins à une vie sacerdotale pour remplir des fonctions étrangères à cette vie, ou qui n'ont avec elle que des relations éloignées et indirectes.
On voit tout de suite les conséquences désastreuses d'une pareille aberration ; combien elle peut
affaiblir le zèle d’un prêtre professeur ; et combien elle peut rendre plus pénible et moins fructueuse la charge lourde il est vrai, mais si souverainement importante qui lui est confiée.
Or, nous ne craignons point d'affirmer ceci : l'éducation de la jeunesse telle qu'elle se donne surtout dans nos collèges et séminaires, constitue une œuvre éminemment sacerdotale, et nulle part ailleurs le prêtre ne saurait être plus véritablement et plus complètement prêtre que lorsqu'il se consacre à cette œuvre en union avec d’autres prêtres, et cela sans tenir compte de la fonction particulière qui lui est assignée,
Bien plus, le prêtre, comme tel, n’a pas de moyen plus efficace de travailler au salut des âmes et au bonheur de son pays, aussi bien qu'à la gloire de
Dieu et au bien de son Église.
Il faut remonter à Notre-Seigneur lui-même pour retracer les premières origines et trouver le
premier et le plus auguste promoteur de l'éducation.
S'étant soumis à toutes les phases ordinaires de
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l'enfance et de l'adolescence, et ayant à l'égard de ceux que le Père céleste avait préposés à sa direction, pratiqué la plus humble obéissance, il s'est fait durant sa vie publique instituteur de la jeunesse, à laquelle il voulut témoigner une affection plus sensible et un plus vif intérêt,
Ses divines paroles à ce sujet sont restées la devise éloquente et sublime de ceux qui se livrent à sa suite à ce ministère sacré ; elles expriment aussi tout l'objet qu’on doit se proposer en l’exerçant à son exemple. Sinite parvulos venire ad me ; talium est enim regnum cœlorum (1).
On peut dire aussi que l'instruction qu’il livre au jeune homme anxieux de connaître sa voie, et la direction qu'il lui donne complètent ce même objet en y ajoutant l'étude et le soin de la vocation particulière de chacun des élèves confiés au zèle sacerdotal. Dicit illi adolescens... quid adhuc mihi deest ? Ait illi Jesus : Si vis perfectus esse... veni sequere mei (2).
(1) Math., x1x, 14.
(2) Math, x1x, 21.