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Ils comprennent que loin d'enrichir le trésor municipal, le commerce trop encouragé des boissons alcooliques appauvrit en réalité une population au sein de laquelle diminuent par là la moralité, le travail et les sages écor :
On les a choisis, parce qu'ils paraissaient mériter l'estime et la confiance des familles. Ils protégeront done ces mêmes familles dans ce qu'elles ont de plus cher, la paix de leurs foyers.
Si le zèle chez eux est actif et efficace quand il s'agit d'arrêter aux portes de leur municipalité, la contagion menaçante d'une maladie qui après tout n'atteint que les corps, et fait en somme des ravages restreints, ils n'auront pas moins de vigueur pour empêcher de se multiplier les foyers pestilentiels qui répandent fatalement une épidémie qui ruine les âmes encore plus qu'elle ne détruit la santé, et qui, même au point de vue des intérêts matériels, cause à la population tout entière un mal beaucoup plus grand et plus irréparable.
On peut compter les victimes de la petite vérole ; qui donc pourrait donner le nombre de celles tom-
bées sous les morsures venimeuses du démon de l'ivrognerie.
Sans chercher à se dérober à l’accomplissement d’un devoir parfois difficile, ayant su résister à toutes les sollicitations, à toutes les mauvaises influences mises en jeu par le démon de l'intempérance, ils n'ont accordé, et à bon escient, et à des citoyens irréprochables, que les licences strictement nécessaires.
Ils ne le font jamais pour des fins politiques, pour faire plaisir, ou pour rendre un prétendu service à des personnes qui n'ont pas les qualités voulues pour garantir la sécurité des familles.
Là ne s’est pas borné leur dévouement ; ils savent encore, par une active surveillance, procurer, pour l'avantage de tous, la strict: observation des lois qui régissent la tenue des auberges. Ils n'accordent point aux délinquants une protection indue qui les encourage dans leurs fautes, sachant trop bien que, dans les cas de ce genre, l'indulgence devient un crime, une cruauté, puisqu'elle s'exerce aux dépens de la charité et de la justice, et qu'elle est payée
par le désordre, la désolation et la ruine d’un grand
nombre,
Dans le plus grand intérêt de ceux même qui
exercent sous leur contrôle le commerce périlleux des boissons enivrantes, ils tiendront ferme a ce que les hôtels se maintiennent respectables et, ne deviennent pas, par leur mauvaise tenue, la honte d'une paroisse et la terreur des épouses et des mères.
Ces hommes, ces citoyens, qui portent le nom honorable de conseillers, ont obtenu par des voies légitimes et exercent à leur honneur, la charge responsable que le peuple leur a confiée, et ils sont sûrs de ne point encourir le châtiment du ciel ou les justes reproches de leurs concitoyens.
Ils sont les aides de la Religion elle-même dans la lutte à soutenir contre l'intempérance et les con-
séquences qu'elle traîne après elle,
ner
S'il n'est pas illégitime en lui-même, le commerce des liqueurs enivrantes est dangereux à ce point qu'il ne saurait être permis qu’à des personnes parfaitement connues pour leur honorabilité et pour la fermeté de leur caractère.
L'aubergiste manipule un poison véritable, un poison mortel, qui, à moins d’une grande prudence de la part d’un commerçant très consciencieux, perd les âmes et tue les corps. Ceci est admis.
Dès lors, ne faut-il pas, chez l’aubergiste une force de volonté peu commune pour résister à la tentation d'augmenter ses ressources, de faire rapidement une fortune édifiée sur la faiblesse humaine, sur la passion des clients qu'il voudra plus nombreux, plus prodigues afin d'en tirer plus d'argent.
Nous ne craignons pas de le dire, l'aubergiste qui, muni régulièrement d'une licence donnée de
bonne foi, dirige un hôtel reconnu pour répondre au besoin du public : qui est absolument sobre pour lui-même ; qui ne vend qu'à bon escient, sans la frelater, sa marchandise à des clients qui n’en abu-
sent pas par sa faute ; qui ne souffre dans sa mai-
son aucun désordre quelconque ; qui observe strictement les jours marqués pour le repos religieux ; qui ne cherche pas à éluder les lois ; qui n'incite personne à boire et s’abstient surtout d'y provoquer les jeunes gens ; qui ne vend jamais aux enfants ; qui en un mot, se montre consciencieux observateur des règlements, cet aubergiste est digne de l'estime de tous, et l'on est sans crainte à son endroit, comme lui-même n’a pas à redouter les colères de Dieu ni la réprobation des familles.
Il n'attire pas la malédiction divine sur son
négoce dont il comprend les dangers et qu’il exerce
avec la prudence voulue.
Il ne perd pas les âmes et ne compromet pas son propre salut.
Il ne profane point le dimanche, et ne permet pas qu'on vienne chez lui troubler le repos dominical. Il ne fait point boire des hommes déjà ivres pour les rejeter ensuite cruellement à la porte. . Il n'attend pas l'ouvrier pour lui ôter le pain de
sa famille avec le salaire de la semaine.
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paraquers
Il ne prélève point un véritable impôt du sang.
Il ne se laisse pas troubler ni ébranler par la Concurrence déloyale que peuvent li faire des confrères moins honnêtes et moins scrupuleux.
L'argent qu'il gagne Par son commerce ne suinte pas les larmes et il le compte sans remords,
Il n'assume pas la responsabilité des crimes dûs à l'interapérance parce qu'il n’en est pas la cause.
Son hôtel est franchement ouvert et ne contient pas de pièces dérobées où la jeunesse est admise à laisser son honneur avec sa vertu.
Ce n’est pas chez lui qu'on retrace les suicides, les meurtres, les autres crimes, suites d’une ivresse qu'il n'aurait jamais permise.
Sa maison est respectable : elle ne connaît point les querelles tapageuses, ni les rixes sanglantes ; le jeu de cartes intéressé n’y conspire pas avec la boisson pour perdre les hommes et les jeunes gens.
Ce n'est pus lui qui, pour masquer les dépenses faites à crédit au détriment de toute une famille, par des hommes, des jeunes gens qui jouent et boi-
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vent sans compter, fera de fausses entrées, pour faire payer ensuite à l'épouse ou à la mire des denrées fictives qui ne sont jamais parvenues à la maison.
Parcequ'’il est rigide observateur des lois, il n’en a pas une crainte, hélas ! trop imaginaire, et n’a pas à redouter leur vindicte, ou leur sanction.
Exempt de -<cproche, parcequ’il est exempt de faute, il n’a pas besoin pour se soustraire aux effets d’une sentence qui ne l’atteint point, de recourir à des procédés incorrects qui compromettraient avec lui des amis trop indulgents, faibles au point de manquer à leurs devoirs les plus graves.
Voilà, comment se comporte l'aubergiste irréprochable. Ce n'est pas vers lui que s'élève le triste concert des lamentations des mères et des enfants. Ce n’est pas sur lui que pèse la réprobation des bons citoyens ; sur sa têle n’est pas suspendu le glaive de la colère divine.
Mais les autres !
Eh bien ! les autres : nous vous laissons à vous-
mêmes, le soin de les connaître et de les juger.
Mais à eux-mêmes, et par Pitié pour leur âme, nous leur disons de faire devant Dieu un sérieux examen de conscience et de se demander,
en présence de l'éternité elle-
même, si le profit criminel que leur rapporte leur Commerce n'est
Couvert par la dette effroyable qu’ils o et qu'ils augmentent chaque jour offensé par leur faute, envers les âmes
perdues par leur criminelle Connivence, envers les familles jetées dans la désolation, envers la société d Perance, qu'ils Propagent de gaieté de
grène et décime les membres,
Pas plus que nt contractée envers Dieu
ont l’intem-
cœur, gan-
Et nous les supplions de renoncer à une profession ‘dans laquelle ils se perdent en
perdant les autres.
Nous vous convions à la prière que nous adresserons à Marie Immaculée afin d'obtenir son secours puissant dans la
&uerre à soutenir contre l'intempérance.
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Femmes pieuses, épouses, mères de famille, vous êtes plus que personne intéressées à voir régner dans vos demeures la tempérance qui en conservera la paix, fondée sur l'estime, la confiance et l'amour.
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Priez avec ferveur ; travaillez avec énergie et constance pour cette cause qui est la vôtre, qui est celle des âmes, qui est celle de Dieu lui-même.
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Valleyfield, le 25 décembre 1903, fête de la Nativité de N otre-Seigneur,
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