‹ Messéniennes, et Chants populairesChapitre 21 sur 65 · A .\AIM)LI · texte numérisé non relu

A .\AIM)LI

Les images des pieux s'agitaient sous leurs armes; On avait vu des pleurs mouiller leurs yeux d'airain : ( )n avait vu le sang du Sauveui" de la terre Des tlanes du marbre ému sortir à longs ruisseaux ; 1 .es morts erraient dans l'ond)re , et ees cris : guerre ! guerre ! S'élevaient du fond des tombeaux.

Une nuit, c'était l'heure où les songes funèbres Apportent aux vivans les leçons du cercueil ; Où le second Brutus vit son génie en deuil Se dresser devant lui dans l'horreur des ténèbres ; Où Richard , tourmenté d'un sommeil sans repos. Vit les mânes vengeurs de sa famille entière ,

Rangés autour de ses drapeaux , Le maudire, et crier : Voilà ta nuit dernière !

Napoléon veillait , seul et silencieux : La fatigue inclinait cette tète puissante

Ili A NAPOLÉON.

Sur la carte immobile où s'attachaient ses yeux ; Trois fjuerrières, trois sœurs parurent sous sa tente.

Pauvre et sans ornemens, belle de ses hauts faits, La première semblait une vierge romaine

Dont le ciel a bruni les traits.

Le front ceint d'un rameau de chêne , Elle appuyait son bras sur un drapeau français. Il rappelait un jour d'éternelle mémoire ; Trois couleurs rayonnaient sur ses lambeaux sacrés Par la foudre noircis , poudreux et déchirés ,

Mais déchirés par la victoire .

(c Je t'ai connu soldat; salut : te voilà roi.

ce De Marengo la terrible journée, « Dans tes fastes, dit-elle, a pris place après moi ;

A NAPOLKON. Mj

(( Salut; je suis sa sœur aînée.

(( Je te guidais au premier rang ; (c Je protégeai ta course et dictai ta parole « Qui ranima des tiens le courage expirant,

(( Lorsque la mort te vit si grand , (c Qu'elle te respecta sous les foudres d'Arcole.

« Tu changeas mon drapeau contre un sceptre d'airain K Tremble ; je vois pâlir ton étoile éclipsée. « La force est sans appui, du jour qu'elle est sans frein (c Adieu, ton règne expire, et ta gloire est passée. »

La seconde unissait aux palmes des déserts

Les dépouilles d'Alexandrie.

Les feux dont le soleil inonde sa patrie,

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