‹ Messéniennes, et Chants populairesChapitre 22 sur 65 · A NAPOLEON · texte numérisé non relu

A NAPOLEON

De ses brûlans regards allumaient les éclairs.

Sa main , par la conquête armée , Dégouttante du sang des descendans d'Omar

Tenait le glaive de César

Rt le compas de Ptolémée.

(( Je t'ai connu banni ; salut : te voilà roi.

« Du mont Thabor la brillante journée (c Dans tes fastes , dit-elle , a pris place après moi ; (c Salut ! je suis sa sœur aînée.

fc Je te dois l'éclat immortel « Du nom que je reçus aux pieds des Pyramides.

(c J'ai vu les turbans d'Ismaël (c Foulés au bord du Nil par tes coursiers rapides. « Les arts sous ton égide avaient placé leurs fils,

A naim)m:()n. m:

(( Oiiand (les restes iniicts de I lirhc et (!<' M<'lll[)lM^

(( Ils interr()<^eaient la |)oiissitMr , (( Kt, si tu t'égarais dans ton vol glorieux , a (Tétait comme l'aiglon ([ui se [)erd dans les eieu\ ,

(( (Vêtait [)Our (îliereher la hiinière.

(( Tu voulus rétonf'fei' sous ton sceptre d'aiiain :

(( rreml)le ; je vois pâlir ton étoile éclipsée.

« \jR force est sans appui , du jour qu'elle est sans frein

(( Adieu ! ton règne expire, et ta gloire est passée. )>

Ija dernière... o pitié, des fers chargeaient ses hras! Ti'œil baissé vers la terre oii chacun de ses pas

Laissait une empreinte sanglante,

Klle s'avançait chancelante En nuirnuirant ces mots : mkurt et nk sk hkm) pas.

118 A NAPOLÉOIN.

Loin d'elle les trésors qui parent la conquête , Rt l'appareil des drapeaux prisonniers ! Mais des cyprès, beaux comme des lauriers,

De leur sombre couronne environnaient sa tête.

(c Tu ne me connaîtras qu'en cessant d'être roi « Ecoute et tremble : aucune autre journée (( Dans tes fastes jamais n'aura place après moi , « Et je n'eus point de sœur aînée.

<( De vaillance et de deuil souvenir désastreux ,

(c J'affranchirai les rois que ton bras tient en laisse ,

(( Et je transporterai la chaîne qui les blesse

(( Aux peuples qui vaincront pour eux.

(c Les siècles douteront , en lisant ton histoire ,

« Si tes vieux compagnons de gloire,

« Si CCS (I(''l)iis vivjiiis (\r t;mt (l'cxplolts di\cis. a Se sont plus illustrés [)ar trente ans de xicloiir K Que |)ar un seul jour dv l'cvers.

(( Je chasserai du ciel ton étoile éclipsée ;

K Je briserai ton glaive et ton sceptre d'airain :

(c La force est sans appui , du jour qu'elle est sans frein

(c Adieu ! ton régne expire, et ta gloire est passée. )^

Toutes trois vers le ciel avaient repris l'essor, Et le guerrier surplis les écoutait encor : Leur souvenir pesait sur son anie oppressée ;

Mais au\ roulemens du taniboui .

Otte image bientôt sortit de sa pensée. Comme l'ombre des nuits se dissipe effacée

Par les premiers ravons du jour.

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