‹ Messéniennes, et Chants populairesChapitre 3 sur 65 · LA DÉVASTATION · texte numérisé non relu

LA DÉVASTATION

Ma muse de nos maux flétrira les auteurs,

Dussé-je voir briser ma lyre Par le glaive insolent de nos libérateurs.

Où vont ces chars pesans conduits par leurs cohortes? Sous les voûtes du Louvre ils marchent à pas lents :

Ils s'arrêtent devant ses portes ; Viennent-ils lui ravir ses sacrés ornemens?

Muses , penchez vos têtes abattues :

Du siècle de Léon les chefs-d'œuvre divins Sous un ciel sans clarté suivront les froids Germains ; Les vaisseaux d'Albion attendent uos statues.

Des profanateurs inhumains Vont-ils anéantir tant de veilles savantes? Porteront-ils le fer sur les toiles vivantes

Que Raphaël anima de ses mains?

Dii mlsi:f:. ji

Dini fin joui-, Dieu des vers, ils hrisent ton inia<i;e. C'en est fait : la vic'toire et la (li\ inih*

Ne couronnent plus ton visage

D'une double inunortalité.

(J'en est fait : loin de toi jette un arc. inutile. Non, tu n'inspiras point le vieux chantre d'Aeliille; Non , tu n'es point le dieu ([ui vengea les neuf Sonn s

Des fureurs d'un monstre sauvage, Toi fpii n'as pas un trait |)our venger ton outrage

Kt terrasser tes ravisseurs.

Le deuil est aux bosquets de (inide Miu't , pale et. le front baissé , I /Amour, ([ue la guerre intimide, Kteint son lland)eau renversé.

Des Grâces la troupe légère

22 LA DJ^IVASTAI lOIN

L'interroge sur ses douleurs ; 11 leur (lit , eu versant des pleurs J'ai vu Mars outrager ma mère. *

.le crois entendre eneor les clameurs des soldats

Entraînant la jeune innnortelle : Le fer a mutilé ses membres délicats ; Hélas! elle sendjlait, et plus chaste et plus belle,

Cacher sa honte entre leurs bras.

Dans un fort |)ris d'assaut, telle une vierge en larmes, Au\ yeux des forcenés dont l'insolente ardeur Déchira les tissus qui dérobaient ses charmes,

Se voile encor de sa pudem-.

Adieu , dcbi'is fameux de (Irèce et d'Ausonie,

• \.i\ \ cmis (le IMédicis

DU Mï SKK. y\

Va vous, tîihicnux criiins dr climats rn (•lml;lf^ Adieu, Clorrcj;!', Alhîuic, iimnortri Phidiiis, Adieu , les arts et le ^éiiie !

Noble France , pardonne ! A tes pompeux travaux . Aux Puii;et, aux Tiel)run, ma douleur fait injure. David a ramené son siècle à la Nature : Parmi ses nourrissons il compte des rivanx... Tiaissons-la s'ëlcAer cette école nouvelle! TiC laurier de David de lauriers entouré, Fier de ses rejetons, enfante un bc^is saciv Qui pr()téi»e les arts de son ond)re éternelle.

Le marbre animé parle aux veux :

Une autre Vénus plus feconcje, Près d'Hercule victorieux , Ftend son lland)eau sur It» monde

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