‹ Messéniennes, et Chants populairesChapitre 4 sur 65 · LA DÉVASTATION · texte numérisé non relu

LA DÉVASTATION

Ajax, de son pied furieux,

fnsulte au flot qui se retire ;

L'œil superbe, un bras dans les cieux ,

Il s'élance , et je l'entends dire :

(c J'échapperai malgré les dieux. »

Mais quels monceaux de morts! que de spectres livides! Ils tombent dans Jaf'fa ces vieux soldats français Qui réveillaient naguère, au bruit de leius succès, l^es siècles entassés au fond des Pyramides.

Ah ! fuyons ces bords meurtriers !

D'où te vient, Austerlitz, l'éclat qui t'environne? Qui dois-je couronner du peintre ou des guerriers? T>.es guerriers et le peintre ont droit à la couroinie.

Des chefs-d'oMivre fiançais naissent de toutes paris. Ils surprennent mon c(x^ui' à d'invincibles charmes;

1)1 MISKK. i:»

Ail Délui^c, en tr<'inl)la!it , |';ij)j)laii(iis |)iii mes liiriiK ^ ,

Didoii encliîuitt* mes regards; Versant siii- un beau corps sa clarté caressante, A travers le feuillage un l'aihle et doux rayon

Porte les baisers d'une amante

Si II" Jes lèvres d'Kndyinicjn ; De son llainbeau vengeur Néinésis m'éponNanle! Je Iréinis avec IMièdie, et n'ose interroger li'aeeusé dédaigneux qui semble la juger. Je vois Léonidas. O courage ! 6 patrie! Trois cents héros sont morts dans ce détroit fameux ; Trois cents ! quel souvenir ! . . . Je pleure. . . et je m'écrie : Dix-huit mille Français ont expiré comme eux !

Oui , j'en suis fier encor : ma patrie est Tasiie.

Klle est le temple des beaux aits :

A l'ondjre de nos étendards,' Ils reviendront ces dieux que la fortune exile.

.2t; J.A DÉVASIAJIOIN

L'étranger, qui nous trompe, écrase impunément La justice et la foi par la force étouffées ; Il ternit pour jamais sa splendeur d'un moment. 11 triomphe en barbare et brise no^ trophées.

Que cet orgueil est misérable et vain ! Croit-il anéantir tous nos titres de gloire? On peut les effacer sur le marbre ou l'airain ; Oui les effacera du livre de l'Histoire?

Ah ! tant que le soleil luira sur vos Etats,

Il en doit éclairer d'impérissables marques :

Comment disparaîtront , ô superbes monarques ,

Ces champs où les lauriers croissaient pour nos soldats?

Allez, détruisez donc tant de cités royales

Dont les clefs d'or suivaient nos pompes triomphales ;

Comblez ces fleuves écumans Qui nous ont opposé d'impuissantes barrières;

1)1 Misi:i:.

Aplanisse/ ers inoiils dont les rochers liiinans ri"einl)laients()iis nos fondres ^nerrières. Voilà nos nionnrnens : t'est là que nos exploits Redontent peu Tor^ueil d'une injnste victoire: Le l'ei', le fen, le temps pins pnissant (pie les lois, Ne peut rien contre lem- mémoire.

C "-'' sr l'il! .''.■L'*''''p^- .!^15^f 4!!:l^ •^':''€' ■^?'^"' '^'''^^

DU BESOIN l)K S'UNIU

Ai'Kks II-, iu'-:i'AiM t>i:s i:i iiA><.i:i;>

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toi que runivers'adore , ; O toi c[ue maudit l'univers .

Fortune, dont la main. (\[\ couchant à l'aurore,

'••OIC/MAT

M) \)v in:s()i\

I^is[)ense les janrieis, les seepties et les fers , Ton aveugle courroux nous garde-t-il ejicore Des triomphes et des revers?

i\os malheurs tro[) fameux proelament ta puissance: Tes jeux fuient sanglans dans notre belle France. I^e [)euple mieux instiMiit, mais trop fier de ses droits, Sur les débris du trône établit son empire , lV)ussa la liberté jusqu'au mépris des lois, Et la l'aison jusqu'au délire.

Bientôt, au premier rang porté par ses exploits, Ihi l'oi nouveau brisa d'ini sceptre des|)Otique Les faisceaux de la Képul)lique, Tout dégouttans flu sang des rois.

Pour affcrmii" son trône, il lassa la victoire,

I) lin |>enple }^V*iu*rnix prodii^uii hi xiilciu; liKurope (|u il hraviiit a Hrclii sons sa gloire:

Elle insulte à notre nialluMir.

C'est qn'ils ne vivent pins (jne dans nolic inemcjire Ces gnei'i'iers dont le Nord a moissonné la llciu. O désastie ! o pitié ! jonr à jamais eélèi:)re, On ee eii s'éleva dans la patiie en denil : Ils sont morts! et Moseon fnt le flamhean Innèhre Qui prêta ses clartés à leur vaste cercueil.

Ces règnes d'un moment, et les eh n tes soudaines De ces trônes d'un jour l'un sur l'autie eroidans. Ont laissé des levains de discorde et de haines Dajis nos esprits j)lus tuihulens.

(Cessant de c()m|)i'imer la liè\ re (|ni l'agite,

Le lier républicain , sourd aux lc(;ons du temps

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