‹ Messéniennes, et Chants populairesChapitre 38 sur 65 · LES FUNERAILLES · texte numérisé non relu

LES FUNERAILLES

Des préjugés vieillis les autels sont usés ;

Il faut un nouveau culte à cette ardeur nouvelle

Dont les esprits sont embrasés.

Vainement contre lui l'ignorance conspiie. Que cette liberté qui règne par les lois Soit la religion des peuples et des rois. Pour la mieux consacrer on devait la |)roscrire ; Sa palme, qui renaît, croît sous les coups mortels; Elle eut son fanatisme , elle touche au martyre ,

Un jour elle aura ses autels.

Le verrai-je ce jour, où sans intolérance

Son culte relevé protégera la France?

O champs de Pressagni , fleuve heureux , doux coteaux ,

Alors, peut-être, alors mon humble sépulture

Se cachera sous les rameaux Oïl souvent, quand mes pas erraient à l'aventure, Mes vers inachevés ont mêlé leur murmure

Au bruit de la rame et des eaux.

DU GhM:n\L lOV

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Mais si le Temps nrépar^iic, et si la Mort m'oiihlie, Mes mains, mes froides mains j)ai' de noii\('an\ eoneerls Sanront la rajeunir ('ette lyre vieillie; Dans mon eœur épuisé je trouverai des vers ,

Des sons dans ma xoix aliaihlie ; Kt eette I liberté , que je ehantai toujours , lledemaiidant un hymne à nui veine giaeée, Aura ma deniière pensée Connue elle eut mes premiers amoms.

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ADIKITX A UOMK

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I AIRAIN avait sonné l'Iiyunie pieux du soir.

Sur les temples de Home, où eessait la prière,

i96 ADIEUX A ROME.

La lune répandait sa paisible lumière :

An Forum à pas lents, triste, j'allai m'asseoir.

J'admirais ses débris , ses longs portiques sombres ,

Et dans ce jour douteux , par leur masse arrêté,

Tons ces grands monumens empruntaient de leurs ombres

Plus de grandeur encore et plus de majesté :

Comme l'objet absent . qu'un regret nous rappelle.

Reçoit du souvenir une beauté nouvelle.

Mon luth , longtemps muet, préluda dans mes mains,

Et sur l'air grave et doux dont le chant se marie

Aux accens inspirés des poètes romains,

Cet adieu s'échappa de mon ame attendrie :

c( Rome, pour la dernière fois

« Je parcours ta funèbre enceinte :

« f jispire les chants dont ma voix

« Va saluer ta gloire éteinte.

ce Luis dans mes vers, astre éclipsé

ce Dont la splendeur fut sans rivale ;

Al)M:r\ A ROMR. 19?

(( Oinl)i*(* rclatantcdii j)a.ss('»,

(( I.c pirscMt n'a rien (|iii t'ci^alcl

((. Tout doit mourir, tout doit rliani^er « La grandeur s'élève et suecoinI)e.

« Un culte même est passager; (( Il souffre, persécute et tombe.

« Tu brillais de ce double éclat , « Et tu n'as pas fait plus d'esclaves (( Avec la toge du sénat , (( Que sous la pourpre des conclaves

i( Du sang de tes premiers soutiens

« Cette colline est arrosée;

« Le sang de tes héros chrétiens

« Rougit encor le Colisée.

(c A travers ces deux souvenirs

i98 ADIEUX A ROME.

« Tu ni'apparais , pale et flétrie a Entre les palmes des martyrs c( Et les lauriers de la patrie.

(c Que tes grands noms , que tes exploits ,

f( Tes souvenirs de tous les âges,

(c Viennent se confondre sans choix

(( Dans mes regrets et mes hommages,

« Comme ces temples abattus ,

(c Connue les tombeaux et les ombres

f( De tes Césars , de tes l^rntus ,

« Se confoiulent dans tes (h'combi'es.

(( Adieu , Forum , que Cicéron « Remplit encor de sa mémoire !

« Ici chaque pierre a son nom , (( Ici , chaque débris sa gloire.

AI)Ii:U\ A IU)Mi:. 199

a Je passe, et mes pieds ont {'i)\\]r

«. Dans ee toinhciiii , dOii SOI lit lloim',

«. Les restes d'nn, (lien nnitih'*,

« On la |)()nssière (Tnn j^i'and lioininc

« Adieu, vallon Irais, oii Nunia f( Consultait sa nymphe eliérie !

« J'entends le ruisseau ([u'il aima K Murmurer le nom d'K^érie.

« Son eau eoule eneor; mais les rois, « Que séduit nne autre déesse, fc Ne viennent plus elierelier des lois « Où Numa puisait la sacjesse.

(( Temple, dont l'Olympe exilé (( A fui la majesté déserte, « Pantliéon , ee eiel étoile

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