LES FUNERAILLES
Il fléchit sous des rois , lui qui n'eut point d'égal Quand la gloire était ton idole ;
Et l'herbe a désuni le pavé triomphal Qui conduisait au Capitole.
En passant sur la terre où dorment tes héros , Par les mugissemens de sa voix importune Le bœuf pesant d'Ostie insulte à leur repos, Ou , symbole vivant de ta triste fortune , Endormi sous le joug du char qu'il a traîné , Courbe sa corne noire et son front enchaîné A la place où fut la tribune.
Et c'est là qu'autrefois les publiques douleurs
Paraient l'urne des morts de gazon et de fleurs
Vous le savez , race guerrière ,
O vous, ossemens oubliés,
Muets débris , noble poussière ,
Que je sens tressaillir sous les touffes de lierre
DU (ij':M:HAL lOY. IHî)
De ces toniheaux ([u'on foule aux pieds ! Vous le savez, vous tous, (|ui , pour vos luncrailles, Avez vu Korne en deuil sortir de ses nuirailles! Ah ! s'il a [)u cesser ce cidte glorieux Qu'on rendait au courage, à la sainte éloquence, Fjevez-vons, il lenait ; Romains, ouvrez les yeux . Ne regardez pas Rome, et regardez la France.
Il fut orateur et guerrier.
Celui que la France attendrie
Couronne d'un double laurier !
Rntendez-vous ces mots : a Valeur, Talent, Patrie? » Fntendez-vous ce cri d'une éloquente voix :
« Ses enfans sont ceux de la France ! »
Ce cri , qui d'un seul cœur s'élance , Semble de tous les cœurs s'élever à la fois. . . Orateurs , répondez : jamais plus digne lionunage llonora-t-il un père en sa postérité ,
Et jamais votre pauvreté Laissa-t-elle à vos fils un plus riche héritage?
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Et vous aussi , guerriers , levez-vous : contemplez De nos vieux étendards les vengeurs mutilés ! Ces Romains qui suivaient vos pompes funéraires Par des exploits plus grands s'étaient-ils signalés
Autour des faisceaux consulaires?
liCs travaux , les hivers et l'ardeur des étés Avaient-ils sur leur front mieux gravé leurs services. Fa leurs pleurs en coulant se sont-ils arrêtés
Dans de plus nobles cicatrices?
Non , guerriers, non , jamais, mânes victorieux , Jamais, fiers défenseurs des libertés publiques, Rome ne se couvrit , pour vos vertus antiques , D'un deuil plus nnanime et plus religieux. Non , non , sur vos tombeaux , Rome, la vieille Rome , N'offrit pas dans sa gloire un spectacle plus grand Que ce concours sacré d'un peuple entier pleurant , Pleurant la perte d'un seul homme !
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lle(;()is, 6 mon pays, ce tribut mérite !
France, de quel orgueil mon eœMir a palpité
Ku l'adressant ces vers sous les ombrages sombres
Qui couronnent le Celius, Au pied du Palatin , devant les grandes ombies
Des Camille et des Tullius.
l'^t toi , qu'on veut flétrir, jeunesse ardente et pure, De guerriers, d'orateurs, toi , généreux essaim ,
Qui sens fermenter dans ton sein Les germes dévorans de ta gloire future, Penché sur le cercueil que tes bras ont porté. De ta reconnaissance offre l'exemple au monde : Honorer la vertu, c'est la rendre féconde , Et la vertu produit la liberté
Prépare son tri()nq)heen lui l'cstant lidclc