‹ Messéniennes, et Chants populairesChapitre 5 sur 65 · DU Bi:SOIN · texte numérisé non relu

DU Bi:SOIN

Appelle avec fureur, dans ses lèves ardens,

Une liberté sans limite; Mais cette liberté fut féconde en forfaits : Cet océan trompeur, qui n'a point de rivages, N'est connu jusqu'à nous que par de grands naufrages

Dans les annales des Français.

a Que nos maux, direz-vous, nous soient du moins utiles

(c Opposons une digue aux tempêtes civiles ;

« Que deux pouvoirs rivaux, l'un émané des rois ,

(( L'autre sorti du peuple et garant de ses droits,

« Libres et dépendans, offrent au rang suprême

(( Vn rempart contre nous, un frein contre lui-même. '>

Vauieinent la raison vous dicte ces discours; L'égoisme et Toigueil sont aveugles et sourds : (]cl junant du passé, (pic le présent irrite.

I)i: S'IJNIH. 33

Jaloux (le voir sus rois d'entraves dé<^ai;(*s, Le front haissé, se j)réei|)ite Sons la ver'^c des prejn^es.

(^)noi ! tonjonrs des partis proelamés léi^itinies, Tant c(n'ils lègnent snr nos débris,

li'nn par l'antre ahattns, proscrivant on proscrits, Tonr à tonr tyrans on victimes !

JMnpiie niallienrenx , voilà donc ton destin ! . . . Français, ne dites plus : « Tja France nous est chère. > File désavonrait votre amour inhumain.

CiCssez, enfans ingrats, d'eml)rasser votre mère,

Pour vous étouffer dans son sein.

Contre ses ennemis tournez votre courage ; Au conseil des vainqueurs son sort est agité ; Ces rois qui l'encensaient fiers de leur esclavage.

34 V>V RESOIN

Vont lui Yendie la liberté.

Non, oe n'est pas en vain que sa voix nous appelle ; Et, s'ils ont prétendu , par d'infâmes traités. Imprimer sur nos fronts une taehe éternelle ; Si de leur doigt superbe ils marquent les cités One veut se ])artager une ligue infidèle ; Si la foi des sermens n'est qu'un garant tronq:>eur; Si, le glaive à la main, l'iniquité l'emporte, Si la France n'est plus, si la patrie est morte, Moui'ons tous avec elle, ou rendons-lui l'honneur.

Qu'entends-je? et d'oii vient cette iviesse Qui semble croître dans son cours?

Quels chants, quels transports d'allégresse Quel l^ruyant et nombreux concours !

De nos soldats la foule au loin se presse;

Ul ^ LMli. 35

D'une iiouNt'Ue aidcur k-iiis yeux sont embrasés: Plus d'Anglais jjarini nous ! plus de jou<^ ! j)lus d'entraves ! fjeve/ |)ius lièi'eineiil \(js fronts eieatiisés... Oui, rétrau^ei- s'éloigne; oui, vos fers sont l)ris('*s; Soldais, vous n'êtes plus esela\('s!

Kepiends ton oigueil , Ma noble patrie; Quitte enfin ton deuil , IJl)erté eliéiie ; liiberté, patiie, Sortez du eereueil ! . . .

n'un vaincpu'ur insolent méprisons les injures; Riches des étendards concpiis sur nos rivaux , Nous ])ouvons à leurs yeux dérober nos blessures, \\u les eaehant sous leuis drapeaux.

36 DU BKSOIN

Voiiloiis-uous enchaîner lenrs f'nreurs impuissantes? Soyons unis, Français ; nous ne les verrons plus Nous dicter d'Albion les décrets absolus, Arborer sur nos tours ses couleurs menaçantes : Nous ne les verrons plus, le front ceint de lauriers , Troublant de leur aspect les fêtes du génie,

Chez Melpomène et Polymnie Usurper une place oii siégeaient nos guerriers; Nous ne les verrons plus nous accorder par grâce Une part des trésors flottant sur nos sillons.

Soyons unis ; jamais leurs bataillons De nos champs envahis ne couvriront la face : La France dans son sein ne les peut endurer. Fit ne les recevrait que pour les dévorer.

Ah ! ne l'oubMous pas; fiaguère dans ces [)hiines,

l)h SI MIL

OÙ le soi'l nous ahaiidonna , Nous n'avions pas porté (l(*s aines moins loiiiaincs (^)u'an\ ('liainps de lii\<)li , de FIcurns, (i ic-na ; Mais nos divisions nous y forgeaient des chaînes. hJ'l'rayante leeoji (|ni doit unir nos eceuis

Par des liens indestructibles :

Le courage fait des vainqueurs;

La concorde, des invincibles.

Henri , divin Henri , toi qui fus giand et bon , Qui chassas l'Espagnol et finis nos misères, Les partis sont d'accord en proiioncant ton noin ; Henri, de tes enfans fais un peuple de frères. Ton image déjà sendjie nous protéger, l'u renais ; avec toi renaît rindépendanee : () roi le plus français dont s'honore la l'rance. M est dans ton destin de voii* fuir Tétranger I

l^t toi , son digne lils, après Mugt ans d orage .

Page 1